La Parole livrée à elle-même et la Tradition habitée

Il est des divergences qui ne tiennent ni à la mauvaise foi, ni à la légèreté, ni même à l’oubli volontaire, mais à une logique interne, implacable, qui déploie ses conséquences avec la rigueur d’un raisonnement bien construit. La théologie réformée, telle qu’elle s’est constituée au XVIᵉ siècle, appartient à cette catégorie. Elle est cohérente, … Lire la suite La Parole livrée à elle-même et la Tradition habitée

Suffisance matérielle et non formelle de la Sainte Écriture

Il est des mots qui, par leur apparente simplicité, dissimulent de profonds enjeux. Ainsi en est-il du terme de suffisance lorsqu’il est appliqué à la Sainte Écriture. Depuis les grandes controverses de la Réforme, ce mot s’est chargé d’un poids doctrinal considérable, devenant l’un des piliers de la confession protestante sous la formule désormais célèbre … Lire la suite Suffisance matérielle et non formelle de la Sainte Écriture

Un usage abusif de 2 Pierre 1.3

Il est des moments où l’on s’étonne de voir la main qui prétend corriger se troubler elle-même en écrivant, et la voix qui veut avertir les fidèles commencer par s’égarer dans ce qu’elle croit éclairer. Ainsi en est-il de l’introduction d’un récent guide pratique contre les faux enseignements, où les auteurs, désireux de prémunir l’Église … Lire la suite Un usage abusif de 2 Pierre 1.3

Sola fide : la forteresse de la crainte

Il est un fait, que nul observateur honnête ne contestera : la Réforme s’est dressée comme un cri de délivrance contre une angoisse profonde. Le chrétien médiéval, tel que les réformateurs le percevaient, avançait vers le jugement de Dieu avec le cœur serré, comptant les mérites et les insuffisances ; il craignait que les œuvres … Lire la suite Sola fide : la forteresse de la crainte

La Grâce divisée et la Grâce unifiée

Il est des points, dans la pensée réformée, où la conscience semble vouloir se recueillir et se purifier de ses propres excès. Ainsi en va-t-il du sola fide. Bien des voix, parmi les théologiens les plus sérieux de la tradition réformée, se sont élevées, non pour l’atténuer, mais pour l’entourer d’une prudence filiale. Ils ont … Lire la suite La Grâce divisée et la Grâce unifiée

De Solus Christus à Christus Totus

Il est des heures où l’âme chrétienne, en relisant l’histoire de son salut, se souvient avec tremblement de ce Nom qui domine tous les siècles : Jésus-Christ. Nul ne peut prononcer ce nom sans sentir se lever en lui l’écho d’une puissance infinie, d’une miséricorde abyssale. La Réforme, dans son ardeur juvénile, voulut replacer ce … Lire la suite De Solus Christus à Christus Totus

Philosophie de la rupture et philosophie de l’unité

Il est des heures où l’esprit chrétien, fatigué des controverses et des éclats du monde, se retire en silence et contemple les fondements mêmes de sa foi. Alors se révèle, sous les doctrines apparentes, une philosophie plus profonde, la manière secrète dont une tradition comprend Dieu, l’homme, la vérité et l’Église. Car la théologie n’existe … Lire la suite Philosophie de la rupture et philosophie de l’unité

« Scriptura cum Traditione » et non « Sola Scriptura »

Il est des heures où l’histoire de l’Église ressemble à ces vallées de Judée où le vent soulève encore la poussière des pas apostoliques : là, parmi les pierres silencieuses, on croit entendre comme un écho des voix qui firent naître l’Évangile avant qu’il ne fût jamais écrit. Ces voix, Pierre Perrier nous les rend … Lire la suite « Scriptura cum Traditione » et non « Sola Scriptura »

Vers une réconciliation entre Écriture et Tradition

I. Le sola Scriptura face à l’oubli des sources Lorsque la Réforme protestante proclama la grande devise Sola Scriptura — « l’Écriture seule » — elle réagissait avec force à une situation historique précise : au XVe et au début du XVIᵉ siècle, l’Église latine occidentale s’était encombrée d’une multiplicité de traditions tardives, souvent mêlées … Lire la suite Vers une réconciliation entre Écriture et Tradition

La mémoire de l’Église et l’Évangile écrit : un fleuve plus large que son lit

I. La mémoire de l’Église, trésor vivant confié aux témoins Lorsque le Seigneur Jésus quitta ses disciples, il ne leur remit pas un livre, mais une promesse : « Le Paraclet, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses et vous rappellera tout ce que je vous ai dit » … Lire la suite La mémoire de l’Église et l’Évangile écrit : un fleuve plus large que son lit