Je sais que Batman ne commence pas avec Michael Keaton. Le personnage est né en 1939 dans les pages de DC Comics, sous la plume de Bob Kane et Bill Finger. Depuis, il a connu d’innombrables incarnations : bandes dessinées, séries télévisées, dessins animés, films et jeux vidéo.
Pourtant, lorsque je pense à Batman, le premier visage qui me vient à l’esprit est celui de Michael Keaton.
C’est lui qui a incarné le Chevalier Noir pendant ma jeunesse, dans les films de Tim Burton sortis en 1989 puis en 1992. À cette époque, Batman cessait d’être seulement un héros de bande dessinée ou une série télévisée des années 1960 pour devenir un personnage de cinéma au ton plus sombre et plus mystérieux. C’est cette image qui s’est inscrite durablement dans ma mémoire.
Par la suite, d’autres acteurs ont revêtu le costume de Batman : Val Kilmer, George Clooney, Christian Bale, Ben Affleck, Robert Pattinson, et même Michael Keaton est revenu reprendre son rôle plusieurs décennies plus tard. Chacun a apporté sa propre interprétation du personnage et a marqué une génération différente.
Je reconnais volontiers cette diversité d’interprétations. Elles témoignent de la richesse d’un personnage capable de traverser les décennies en se renouvelant sans cesse.
Mais, pour moi, la figure de référence demeure Michael Keaton. Non parce qu’il serait objectivement le « meilleur » Batman, mais parce qu’il est celui par lequel j’ai véritablement rencontré ce héros. Mon image de Batman s’est construite à travers son interprétation.
Comme pour Dean Cain avec Superman ou Robert Downey Jr. avec Iron Man, Michael Keaton est devenu la médiation par laquelle un personnage beaucoup plus ancien est entré dans mon univers. Derrière lui se trouvent les comics de 1939, toute l’histoire éditoriale de DC et les multiples adaptations qui l’ont précédé. Mais c’est son visage qui, dans ma mémoire, donne un visage à Batman.
Cette expérience rappelle qu’une œuvre ne nous atteint jamais de manière abstraite. Elle nous rejoint toujours à travers une médiation particulière : un acteur, une époque, un film ou une rencontre qui devient, pour chacun de nous, la porte d’entrée vers un univers beaucoup plus vaste.
