Les routes de l’Empire et l’essor de l’Église

Quand l’Esprit descendit à Jérusalem, ce fut le commencement d’un peuple nouveau. Mais Dieu, dans sa providence, avait déjà préparé le terrain : l’Empire romain, par ses routes et ses cités, allait devenir le cadre providentiel de l’expansion de l’Évangile.

Les routes romaines reliaient entre elles les grandes cités : Antioche, Éphèse, Corinthe, Alexandrie, Rome. C’est là que Paul, apôtre des nations, sema la Parole. Non dans les hameaux isolés, mais dans les centres urbains où les populations affluaient, où les langues se croisaient, où les idées circulaient. Chaque cité évangélisée devenait un foyer missionnaire, irradiant vers les campagnes alentour. Ainsi se forma un réseau vivant : une Église dans chaque ville, comme un phare allumé sur chaque colline.

Bientôt, ce réseau prit une structure : autour de chaque communauté se trouvait un pasteur, un évêque, garant de la foi et de l’unité. De Jérusalem à Antioche, de Corinthe à Rome, les Églises se correspondaient, s’exhortaient, se soutenaient. Et déjà se dessinait cette catholicité primitive : un seul Évangile, mais mille communautés liées comme les membres d’un seul corps.

Puis vint Constantin. L’Église, sortie des catacombes, profita à plein régime des voies de communication de l’Empire. Les routes qui portaient jadis les légions portèrent désormais les évêques réunis en conciles. Les cités, qui jadis abritaient temples païens, accueillirent basiliques chrétiennes. Le réseau romain, forgé pour la gloire de César, devint instrument de la gloire du Christ. L’Empire tout entier se couvrit d’un maillage d’Églises, comme un immense filet jeté sur les nations.

Ainsi, la logique divine se révèle : de Jérusalem part la Parole ; des routes romaines elle se diffuse ; dans les cités elle s’enracine ; par les évêques elle s’organise ; et par Constantin elle se stabilise. L’histoire, qui semblait servir la puissance terrestre de Rome, servait en vérité le dessein éternel de Dieu.