Du Sinaï à Jérusalem, de la Pentecôte à Constantin – un parallèle remarquable

Dieu conduit son peuple par des voies semblables dans l’Ancienne et la Nouvelle Alliance. L’histoire d’Israël prépare et annonce celle de l’Église ; et l’œuvre du Christ en révèle l’accomplissement suprême.

Au Sinaï, la Loi fut donnée dans la gloire du feu et de la nuée. Mais cette révélation, si parfaite, n’eut pas aussitôt son enracinement : Israël se perdit dans les infidélités des Juges, et l’arche fut même capturée par les Philistins. Alors Dieu suscita Samuel, puis David. Avec lui, le règne prit une forme stable : Jérusalem devint capitale, l’arche y fut ramenée, et le roi selon le cœur de Dieu établit la louange. Salomon bâtit le Temple, et la foi reçut un centre visible. Ainsi, la révélation du Sinaï trouva dans la royauté davidique et dans Jérusalem son enracinement historique.

De même, dans la Nouvelle Alliance, il y eut une révélation fondatrice : la Pentecôte. Comme au Sinaï, le feu descendit, mais cette fois sur les cœurs. La Loi devint vivante dans l’Esprit. L’Église naquit, puissante dans son témoignage, mais fragile dans ses structures, persécutée, dispersée, éprouvée par les hérésies.

C’est alors qu’il faut contempler l’Ascension du Christ. De même que David monta sur son trône à Jérusalem pour rassembler Israël, le Fils de David monta aux cieux et s’assit à la droite du Père. Là, il reçut toute autorité dans le ciel et sur la terre (Matthieu 28.18). L’Ascension est l’intronisation royale du Christ : non pas sur le trône terrestre de Jérusalem, mais sur le trône éternel. Et de ce trône céleste, il gouverne l’histoire, comme David gouvernait Israël, mais avec une royauté sans fin.

C’est pourquoi, quelques siècles après la Pentecôte, Dieu permit que le christianisme s’enracine aussi dans l’histoire des nations. Constantin, en donnant la liberté à l’Église, fit sortir la foi des catacombes. L’Église trouva des conciles, des lieux de culte, une visibilité. Comme le Temple pour Israël, l’Église impériale devint un centre stable.

Mais là encore, l’infidélité s’introduisit. Comme Israël avait eu besoin des réformateurs Ézéchias et Josias, l’Église eut besoin de réformes. Charlemagne donna un enracinement en Occident, et plus tard, la Réforme rappela au peuple de Dieu que le vrai centre n’est ni Jérusalem terrestre, ni Constantinople, ni Rome, mais l’Ascension du Christ : son trône céleste, d’où il répand son Esprit et d’où il régit l’Église.

Ainsi, l’histoire d’Israël et celle de l’Église suivent une même pédagogie divine :

  • Révélation éclatante : Sinaï / Pentecôte.
  • Intronisation royale : David à Jérusalem / Christ à la droite du Père.
  • Enracinement historique : Temple et dynastie / Église impériale et institutions.
  • Réformes nécessaires : prophètes et Esdras / Réforme et réveils.

Tout cela nous enseigne que la Parole donnée d’en haut doit toujours être reçue, incarnée, parfois perdue et redécouverte, pour s’enraciner dans l’histoire. Mais au-dessus des faiblesses humaines, le trône du Christ demeure inébranlable. L’Ancien Testament regardait vers le fils de David à venir ; le Nouveau contemple le Fils de David intronisé. Et l’Église aujourd’hui marche dans l’assurance que son Roi règne déjà, à la droite du Père, jusqu’à ce qu’il mette tous ses ennemis sous ses pieds.