Une foi reçue du Ciel, vécue dans la communion des saints

Lorsque le Seigneur saisit Saul de Tarse sur le chemin de Damas, ce n’est pas par le témoignage d’un homme que la lumière entra dans son âme ; c’est par l’éclat direct de la gloire du Ressuscité. Ce fut Christ Lui-même qui se révéla à lui, comme à un « avorton » (1 Corinthiens 15.8), bouleversant ses certitudes pharisiennes et plantant dans son cœur la foi vivante. Ainsi, l’Évangile qu’il annonça ne venait ni d’une tradition reçue des hommes, ni d’un enseignement humain ; il l’avait reçu par révélation de Jésus-Christ (Galates 1.12).

Mais, bien que son appel fût d’origine céleste et directe, Paul ne resta pas isolé dans la solitude d’une mission autonome. L’Esprit le conduisit, après un temps de retraite et de maturation, à rencontrer Pierre et Jacques (Galates 1.18-19). Il n’y alla pas pour recevoir de leur part son mandat, mais pour attester devant eux l’unité de l’Évangile : Pierre envoyé aux circoncis, Paul aux nations ; un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême. Cette rencontre ne fut pas une formalité administrative ; elle fut un acte d’obéissance à l’ordre divin qui veut que ceux qu’Il appelle vivent et œuvrent dans la communion de l’Église.

Ainsi se manifestait déjà cette vérité : la foi, tout en étant reçue personnellement de Dieu, est universelle, catholique au sens premier du terme – destinée à embrasser toute la famille des rachetés, dans le temps et dans l’espace. Le chrétien ne reçoit pas la vie spirituelle pour l’entretenir dans une chambre close, loin de ses frères ; il est greffé sur un corps vivant, dont Christ est la tête.

Il en est de même pour nous, chrétiens du vingt-et-unième siècle. Si nous croyons aujourd’hui, ce n’est pas seulement parce que Dieu, par Son Saint-Esprit, a éclairé notre esprit et ouvert notre cœur, mais aussi parce que cette même foi a été confessée, vécue et transmise par d’innombrables témoins qui nous ont précédés. « Souvenez-vous de vos conducteurs qui vous ont annoncé la parole de Dieu ; considérez quelle a été la fin de leur vie, et imitez leur foi » (Hébreux 13.7).

Vivre l’Évangile « à part », en lecteur solitaire de la Parole, coupé de l’assemblée des croyants, c’est méconnaître le dessein de Celui qui « se prépare une Église glorieuse » (Éphésiens 5.27). Confesser avec le Symbole des Apôtres : « Je crois à la sainte Église catholique, à la communion des saints », c’est reconnaître que nous ne sommes pas sauvés pour cheminer seuls, mais pour marcher dans la lumière avec tous ceux qui invoquent le nom du Seigneur, passés et présents.

C’est pourquoi, comme Paul avec les Douze, unissons-nous aux saints de tous les siècles, affirmons l’unité de la foi, honorons ceux qui nous ont précédés et travaillons, chacun selon l’appel reçu, à l’édification du même Corps, jusqu’à ce que nous parvenions « à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu » (Éphésiens 4.13).