Oui, un bon théologien chrétien doit être un fervent adorateur de Jésus-Christ. Si la théologie est l’art de connaître Dieu, elle n’est pas un exercice stérile de l’intellect, mais une quête spirituelle, un pèlerinage de l’âme vers le Dieu vivant. Connaître Dieu, c’est l’adorer. L’étude de ses attributs, de son œuvre, de son amour, et de sa rédemption ne peut se faire que dans une posture de révérence, d’adoration et de louange. Toute théologie qui se détache de cette réalité essentielle cesse d’être une théologie véritablement chrétienne, car elle perd de vue le cœur de la foi : Jésus-Christ, notre Seigneur et Sauveur.
1. La théologie doit conduire à l’adoration
L’Écriture Sainte nous enseigne que toute connaissance de Dieu doit déboucher sur l’adoration. Le théologien, qui est appelé à sonder les profondeurs des mystères divins, ne peut s’approcher de ces vérités saintes sans être saisi par une révérence profonde. La théologie chrétienne, loin d’être une étude froide et abstraite, est une contemplation des grandeurs de Dieu. L’âme du théologien, illuminée par l’Esprit, ne peut que s’incliner devant la majesté divine.
- L’apôtre Paul, après avoir exposé les merveilles insondables du plan de salut dans son épître aux Romains, s’écrie dans un élan de louange : « Ô profondeur de la richesse, de la sagesse et de la connaissance de Dieu ! » (Romains 11:33). Paul, le théologien par excellence, ne s’arrête jamais à la simple contemplation intellectuelle, mais va toujours vers l’adoration. En étudiant, il adore ; en écrivant, il glorifie ; en prêchant, il exalte le Christ.
Ainsi, tout véritable théologien doit imiter cet exemple. Sans adoration, la théologie n’est qu’une coquille vide. Loin de nous, l’idée qu’un homme puisse sonder les mystères du salut, étudier la révélation de Jésus-Christ, et contempler la sagesse éternelle de Dieu sans que cela ne suscite en lui une adoration brûlante !
2. Jésus-Christ, centre et cœur de la théologie
Le cœur de toute théologie chrétienne, c’est Jésus-Christ. Il est « l’image du Dieu invisible, le premier-né de toute la création » (Colossiens 1:15). Si le théologien cherche à connaître Dieu, il doit fixer ses regards sur le Fils. C’est en lui que réside toute la plénitude de la divinité, et c’est en lui que l’homme trouve la lumière et la vie. L’étude de la théologie n’est pas une accumulation de connaissances abstraites, mais une rencontre personnelle avec le Christ vivant.
Celui qui étudie la théologie sans que son cœur ne soit pénétré par l’amour de Christ, sans être rempli de louanges et de reconnaissance pour son œuvre, ne fait que s’éloigner de la vérité. Il peut examiner les doctrines, disséquer les mots, mais il ne connaît pas véritablement celui dont il parle.
- Augustin a dit : « Mon cœur est sans repos tant qu’il ne repose en toi. » Le théologien chrétien ne peut pas seulement étudier Dieu, il doit reposer en Dieu. Il doit vivre dans une adoration constante de celui qui a donné sa vie pour les pécheurs.
La révélation de Jésus-Christ dans les Écritures n’a qu’un seul but : conduire l’homme à l’adoration. L’incarnation, la crucifixion, la résurrection et l’ascension ne sont pas des doctrines théoriques. Ce sont des événements qui doivent embraser le cœur du théologien, le pousser à se prosterner devant son Seigneur, et à dire avec l’apôtre Thomas : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » (Jean 20:28).
3. La théologie, source de transformation spirituelle
La théologie, lorsqu’elle est vécue dans l’esprit de l’adoration, est une source de transformation spirituelle. Il ne s’agit pas simplement de connaître des vérités ; il s’agit de vivre ces vérités. Un théologien chrétien, qui n’est pas conduit à une vie de sainteté, d’humilité et d’adoration, manque l’essence même de son appel. La contemplation des attributs divins et des merveilles de l’Évangile doit produire dans son cœur un désir de ressemblance avec Christ.
- L’apôtre Paul dit aux Corinthiens : « Nous tous qui, le visage découvert, contemplons comme dans un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire. » (2 Corinthiens 3:18). La contemplation de la gloire de Dieu dans le Christ ne laisse pas l’âme inchangée. Elle la transforme, elle la sanctifie, elle l’élève.
Ainsi, le théologien ne peut simplement se contenter d’expliquer les mystères de Dieu. Il doit vivre ces mystères, les incarner dans sa vie quotidienne. Il doit être un modèle d’adoration, non seulement par ses paroles, mais par son attitude, son humilité, et sa vie consacrée.
4. L’exemple des grands théologiens de l’Église
L’histoire de l’Église est remplie de théologiens qui, parce qu’ils étaient fervents adorateurs de Jésus-Christ, ont marqué leur temps et ont éclairé les générations futures. Ils ne furent pas simplement des penseurs, mais des hommes de prière, des hommes dont la connaissance de Dieu était nourrie par une profonde vie spirituelle.
- Jean Calvin, dans ses Instituts de la religion chrétienne, rappelle que « le but de toute la théologie est la gloire de Dieu ». Pour Calvin, l’étude des doctrines de la foi n’est jamais une fin en soi, mais une louange rendue à Dieu. Toute sa théologie est marquée par une adoration vibrante, par un profond désir de glorifier Dieu dans tout ce qu’il dit et écrit.
- Thomas d’Aquin, après avoir passé sa vie à rédiger l’un des plus grands traités de théologie, la Somme théologique, a fait l’expérience d’une vision si profonde de la gloire de Dieu qu’il déclara que tout ce qu’il avait écrit lui paraissait « comme de la paille ». Sa théologie l’avait conduit à l’adoration suprême, où seule la contemplation de Dieu importait.
Ces hommes nous montrent que la véritable théologie, celle qui porte du fruit, est toujours enracinée dans une vie d’adoration. C’est parce qu’ils adoraient Jésus-Christ que leurs œuvres théologiques ont été marquées par la vérité, la profondeur, et la sagesse.
Conclusion
En fin de compte, un bon théologien chrétien ne peut être qu’un fervent adorateur de Jésus-Christ. La théologie n’est pas une simple science ; c’est une relation vivante avec Dieu, qui ne peut que se traduire par une adoration fervente et constante. Connaître Dieu véritablement, c’est l’aimer, le vénérer, et se prosterner devant lui en reconnaissance de son infinie grandeur. Le théologien qui s’approche des Écritures, qui contemple la Croix, et qui scrute les mystères de la Trinité sans être ému d’une adoration sincère, ne comprend pas encore le cœur de ce qu’il étudie.
Car, en fin de compte, toute vraie connaissance théologique est un chant de louange, une confession d’amour pour celui qui nous a aimés le premier. Et c’est dans cet esprit d’adoration que la théologie chrétienne trouve sa pleine signification et sa plus grande gloire.
