L’appel de Dieu à entrer dans son Alliance

Il est une vérité que toute l’histoire sainte proclame à l’unisson, depuis la première parole adressée à Abraham jusqu’à la dernière exhortation de l’Apocalypse : Dieu parle à l’homme. Et lorsque Dieu parle, ce n’est point pour flatter sa curiosité, ni pour satisfaire à quelque besoin purement intellectuel ; c’est pour l’appeler. La Parole divine est vocation, elle est appel, elle est cri de l’amour souverain qui descend vers la créature afin de la faire entrer dans son Alliance.

Tout lecteur de la Bible, dès lors qu’il ouvre le livre de Dieu avec un cœur sincère, se trouve placé sous cet appel. Ce n’est pas un livre comme les autres, que l’on feuillette et referme sans qu’il nous regarde. Non, il est vivant ; il nous juge, il nous cherche, il nous poursuit. Il appelle. Il dit : « Toi, suis-moi. »

Et que produit cette voix céleste dans l’âme de celui qui y répond ? Elle engendre une vie nouvelle, une piété sainte, qui n’est point formalisme ni effort stérile, mais œuvre du Saint-Esprit dans le cœur racheté.

Cette piété a des traits que la Parole elle-même nous décrit :

Elle est d’abord animée par la crainte de Dieu — cette sainte révérence qui saisit l’âme lorsqu’elle prend conscience de la grandeur de Celui qui l’a appelée. Cette crainte n’est pas la peur servile du condamné, mais l’adoration tremblante du fils devant la majesté du Père. Moïse l’a éprouvée au buisson ardent. Ésaïe l’a confessée dans le temple. Marie l’a chantée dans son Magnificat.

Elle est ensuite habitée par la fidélité — cette persévérance patiente et joyeuse dans la voie du Seigneur. Fidélité dans l’obéissance, dans la lecture, dans la prière, dans le combat quotidien contre le péché. Fidélité qui ne s’appuie pas sur nos forces, mais sur les promesses de l’Alliance et la fidélité du Dieu fidèle.

Elle est encore nourrie de foi — cette foi simple et puissante qui croit Dieu sur parole, qui ne doute point de ce qu’il a promis, et qui s’appuie sur le sang de l’Agneau pour entrer dans la présence du Très-Haut. Car sans la foi, nul ne peut plaire à Dieu, et sans la foi, nul ne peut vivre dans son Alliance.

Elle est aussi marquée par la prière — cette respiration de l’âme régénérée, qui se tourne vers le ciel non comme vers une lointaine étoile, mais comme vers le trône d’un Père qui écoute. La prière du juste est la voix du cœur qui aime. C’est à genoux que se construit la fidélité, que s’affermit la foi, que se renouvelle la crainte de Dieu.

Enfin, cette piété s’exprime dans le service. Celui qui a entendu l’appel divin ne peut plus vivre pour lui-même. Il se donne à Celui qui l’a appelé. Il sert son Église, il aime son prochain, il combat pour le Royaume. Il ne s’appartient plus, car il a été racheté à grand prix.

Oh ! que cet appel retentisse encore ! Que nul lecteur de la Bible ne se pense spectateur d’un drame passé ! L’Alliance de Dieu n’est pas reléguée aux temps anciens. Elle est vivante, elle est présente, elle est offerte aujourd’hui. Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas votre cœur. Entrez dans l’Alliance de Dieu, par la foi en Jésus-Christ. Et qu’alors, en vous, la crainte, la fidélité, la foi, la prière et le service fleurissent comme fruits du ciel dans un cœur transformé.

Ainsi le Dieu de l’Alliance sera glorifié, et son Église croîtra dans la sainteté et dans la joie.