Il est un fait digne d’une sérieuse attention, que dans notre siècle, si glorieux de ses conquêtes scientifiques, tant d’hommes, y compris parmi les plus instruits, embrassent avec une assurance tranquille certaines affirmations dont ils ne sauraient eux-mêmes ni retracer l’origine, ni établir les fondements. Qu’on avance devant eux que la Terre a existé pendant quatre milliards et demi d’années, et ils l’accepteront comme une vérité indiscutable, comme un dogme de la science moderne ; mais qu’on proclame devant eux les paroles de la Genèse : « Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre… en six jours il fit toute son œuvre », et ils hausseront les épaules, comme si l’on invoquait une antique légende destinée à des peuples ignorants.
Et pourtant, qu’est cette estimation colossale de l’âge de la Terre, sinon le fruit d’un raisonnement humain, d’un calcul fondé sur des hypothèses, d’un modèle échafaudé dans les cabinets de la science ? Nulle horloge n’a marqué ce passage de milliards d’années. Nul témoin n’en fut le spectateur. L’homme se tourne vers les roches et les astres, il interroge les isotopes et les fossiles, et par de subtils calculs, il construit une chronologie. Ce n’est point là une mesure directe, mais une inférence — noble sans doute, mais faillible, car elle dépend de prémisses incertaines : la constance des lois physiques dans un passé insondable, l’absence de toute altération dans les éléments examinés, et surtout, l’exclusion préalable de toute action surnaturelle dans le cours des choses.
Or, tandis que ce raisonnement, fragile en sa racine, est reçu comme un oracle par les enfants de ce siècle, le témoignage du Créateur est rejeté comme une fable. Car c’est bien là la racine du mal : le rejet de l’autorité divine, et la substitution à cette autorité d’une souveraineté humaine, érigée en mesure de toute chose.
Mais que fait le chrétien ? Il croit à la Parole du Très-Haut, non parce qu’elle flattait son imagination, mais parce qu’elle procède du Dieu qui ne ment point. Il confesse que le monde a été créé par la puissance de Dieu en six jours, non parce qu’il peut le démontrer selon les méthodes de ce siècle, mais parce que le Seigneur en a parlé, et que ce qu’Il dit, Il l’accomplit. Il place sa confiance, non dans les constructions incertaines de la raison humaine, mais dans la Vérité immuable révélée par Celui qui était là « au commencement ».
Qu’on ne se méprenne point : il ne s’agit pas ici de mépriser la science véritable, ni de rejeter l’étude des œuvres de Dieu dans la nature. Bien au contraire : le chrétien véritable est ami de toute vérité. Mais il distingue entre la connaissance du monde et les spéculations sur son origine. Il ne confond pas les lois observées aujourd’hui avec les actes créateurs d’autrefois. Il ne fait pas du laboratoire une chaire prophétique, ni du microscope un trône de jugement contre l’Écriture.
Ce que nous voyons ici, c’est un combat entre deux autorités : la foi dans la Parole révélée de Dieu, et la confiance dans les raisonnements de l’homme. La première s’incline devant Celui qui sait tout et qui parle avec puissance ; la seconde s’exalte, croyant pouvoir sonder les abîmes du passé par sa seule raison.
Mais le Seigneur confondra la sagesse des sages. Et ceux qui auront méprisé sa Parole au nom d’un savoir illusoire verront un jour que la crainte de l’Éternel était le commencement de la science.
