Synthèse – Le grand secret de l’islam

Étrange est ce sentiment de malaise qui s’élève dans les nations modernes devant l’islam. Les siècles passent, mais cette religion née au désert continue de troubler les consciences et de soulever la question fondamentale : que cache son origine ? Pourquoi tant de mystère autour de la naissance d’une foi qui prétend, depuis quatorze siècles, régir la terre entière au nom d’un Dieu unique ?

Selon le récit traditionnel, un homme nommé Mahomet, issu des sables de l’Arabie, reçut vers l’an 610 la révélation de l’ange Gabriel. De sa bouche sortit la Parole d’Allah, transmise dans un livre — le Coran —, dernière et parfaite expression de la volonté divine. De cette prédication surgit une communauté, l’oumma, qui étendit sa loi de Médine à Cordoue, de Damas à Bagdad. L’histoire, telle que la rapporte l’islam, semble ordonnée, miraculeuse, irrécusable. Elle est récit sacré, devenue pour le monde moderne récit historique.

Mais cette histoire, Odon Lafontaine la reprend depuis ses fondations. Dans Le grand secret de l’islam, il entreprend, avec une rigueur méthodique, de confronter la tradition musulmane à la lumière de la recherche historique contemporaine. Il montre combien les légendes ont recouvert la réalité, combien le discours religieux a reconstruit, siècle après siècle, un passé idéalisé. Le livre s’ouvre donc sur une interrogation : si l’islam repose sur un secret, quel est-il ?

L’auteur expose d’abord la trame de l’histoire sainte musulmane : Mahomet, les califes, la guerre sainte, la compilation du Coran, l’instauration de la charia. Puis, dans un second mouvement, il introduit la rupture. Ce que l’on croyait solidement établi — la Mecque, Médine, le texte du Coran lui-même — apparaît sous un jour nouveau. Des manuscrits, des études linguistiques et archéologiques, des analyses araméennes, redessinent la scène des origines. Loin d’être un jaillissement soudain, l’islam se révèle, selon Lafontaine et les chercheurs qu’il cite (Édouard-Marie Gallez, Luxenberg, Crone, Dye, Amir-Moezzi et tant d’autres), comme l’héritier déformé d’un courant judéo-chrétien oriental, impatient de voir s’accomplir les promesses messianiques d’Israël.

Ainsi, derrière le voile des légendes, apparaît un visage nouveau : celui d’un mouvement post-chrétien, né dans les provinces de Syrie et d’Arabie du Nord, où la langue de la Bible — l’araméen — dominait encore, et où l’attente de la fin des temps imprégnait les esprits. Ce que la tradition appellera plus tard islam n’aurait été, à ses débuts, qu’une réforme messianique égarée, une reprise du thème biblique du Royaume de Dieu, dégagée de l’Évangile de la grâce pour se soumettre à la loi.

Lafontaine ne cherche pas la polémique : il veut comprendre. Il observe que la force de l’islam, son unité, sa loi, ses conquêtes, découlent d’une même conception : celle d’un Dieu absolu, maître du monde, qui exige la soumission universelle. Le mot même d’islam signifie « soumission » plus que « paix ». Et de cette soumission découle un ordre rigide, une religion totale qui englobe la vie entière, de la prière à la guerre, du foyer à la cité. Là où l’Évangile avait proclamé : « Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres », l’islam a répondu : « Vous connaîtrez la loi, et la loi vous soumettra. »

Tel est le cœur du drame spirituel que l’auteur met en lumière. Deux civilisations se sont formées à partir d’une même racine abrahamique : l’une fondée sur la grâce, l’autre sur la contrainte ; l’une sur la relation filiale avec Dieu, l’autre sur la servitude religieuse ; l’une cherchant la liberté intérieure, l’autre imposant la soumission extérieure. Et pourtant, derrière ces oppositions, Odon Lafontaine discerne une aspiration commune : le désir, inscrit dans le cœur humain, d’un ordre divin réconcilié avec la vérité.

C’est pourquoi son œuvre, tout en étant critique, demeure une invitation à la recherche. Elle n’appelle ni le rejet ni la haine, mais la connaissance. Car si le mensonge s’éclaire, la foi se purifie ; si le secret est révélé, la vérité peut enfin apparaître dans sa lumière.

Et le lecteur, refermant le livre, comprend que ce grand secret de l’islam n’est pas tant celui d’une conspiration que celui d’un oubli : l’oubli du Christ vivant, dont l’Esprit seul peut faire naître le véritable Royaume de Dieu — non dans la contrainte, mais dans la liberté et l’amour.


📖 Le livre complet d’Odon Lafontaine, Le grand secret de l’islam, est disponible sur le site officiel : https://legrandsecretdelislam.com/