Fin du monde : De la peur à l’espérance

Lorsque les hommes entendent ces mots redoutables : fin du monde, leur imagination s’agite et se trouble. Ils songent à des cataclysmes, à des cieux embrasés, à des mers bouleversées, à la disparition de toute vie. L’ombre de la destruction se dresse, et le cœur, saisi d’effroi, se demande si toute chose n’est promise qu’au néant.

Mais les paroles du Christ ne vont point en ce sens. Lorsqu’il parlait à ses disciples de la « consommation du siècle », il ne décrivait pas un abîme sans lendemain, mais une étape suprême où l’histoire, conduite par la main du Père, atteindrait son but. Ce n’est pas un chaos qui met fin à tout, mais un accomplissement qui ouvre sur la plénitude.

L’Écriture tout entière atteste cette vérité. La voix des prophètes annonçait déjà un ciel nouveau et une terre nouvelle, où régnerait la justice. Paul contemplait la création, gémissante certes, mais dans l’attente de sa délivrance. Et l’Apocalypse de Jean, loin de s’achever sur la ruine, s’élève dans la vision éclatante de la nouvelle Jérusalem, demeure de Dieu parmi les hommes.

Ainsi, ce que le monde redoute comme une ruine, le croyant l’attend comme un triomphe. Là où l’imagination des hommes ne voit que ténèbres, la foi découvre l’aurore. L’achèvement dont parle le Christ est celui d’une œuvre divine : les desseins éternels s’accomplissent, le Royaume de Dieu s’établit, et la création tout entière est transfigurée.

Heureux donc celui qui comprend que la « fin » n’est pas un terme, mais une plénitude ! Heureux celui qui vit non dans l’épouvante, mais dans la vigilance et l’espérance, car le Seigneur vient non pour abolir son œuvre, mais pour la parfaire.