Lire le réel à la lumière de la foi

Il n’existe point de neutralité dans le regard de l’homme. Chacun interprète le monde sensible à travers une lumière, qu’il le sache ou non. Le même événement, la même émotion, le même fait extérieur, seront compris de façons radicalement différentes selon l’œil qui les contemple.

Le rationaliste dira : « Ce changement de cœur ? Pure psychologie. » Le matérialiste dira : « Cette guérison ? Hasard, autosuggestion, effet naturel. » Le sceptique dira : « Cette paix dans la prière ? Illusion des nerfs fatigués. » Mais le croyant, ouvrant l’Écriture, lira autrement : « C’est le doigt de Dieu » (Luc 11:20).


I. L’interprétation de foi

Quand le chrétien affirme : « Ici, l’Esprit agit », ce n’est pas sur la base d’une impression fugitive. C’est une interprétation de foi, éclairée par la Parole. Car la Bible lui a appris que l’Esprit convainc de péché (Jean 16:8), qu’Il glorifie Jésus-Christ (Jean 16:14), et qu’Il produit le fruit de l’amour et de la paix (Galates 5:22).

Ainsi, lorsqu’un homme tombe à genoux sous la prédication, confessant sa faute et cherchant la grâce, le croyant n’y voit pas un accident psychologique, mais l’accomplissement d’une promesse divine : « L’Esprit souffle où il veut » (Jean 3:8).


II. Pas de regard neutre

Le monde se flatte de son objectivité, mais il n’y a pas de regard neutre. « L’homme naturel n’accepte pas les choses de l’Esprit de Dieu, car elles sont une folie pour lui » (1 Corinthiens 2:14). Ce que l’œil incrédule voit comme hasard ou illusion, l’œil de la foi le reconnaît comme œuvre du Seigneur.

Voyez Joseph : trahi par ses frères, vendu comme esclave, jeté en prison. Les uns y voyaient la cruauté, le malheur, la fatalité. Lui, à la lumière de Dieu, y vit la providence : « Vous aviez pensé du mal contre moi ; Dieu l’a changé en bien » (Genèse 50:20).


III. La lumière de l’Esprit

Ainsi, chaque fait sensible demande à être lu. Mais quelle lumière éclaire notre lecture ? Celle de la chair, ou celle de l’Esprit ?

  • À la lumière de la chair, l’homme réduit tout à la psychologie et au hasard.
  • À la lumière de l’Esprit, le croyant discerne la grâce, la main invisible qui conduit toutes choses.

C’est pourquoi il faut apprendre, dans l’école de la Parole, à lire le réel comme Dieu nous l’enseigne. Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons affirmer avec assurance, non par illusion, mais par vérité : « Ici, l’Esprit est présent. »


✦ Conclusion

Le monde regarde, mais il ne voit pas. Il entend, mais il ne comprend pas. Le croyant, lui, interprète le sensible à la lumière des Écritures, et il découvre dans le quotidien la trace du Dieu vivant. Là est le vrai discernement : reconnaître, dans l’humilité et la foi, l’action invisible mais réelle de l’Esprit de Dieu.

Et ainsi, au milieu d’une génération incrédule, l’Église confesse encore :
« L’Esprit est là, et il agit. »