Il est une vérité glorieuse, mais souvent oubliée dans notre temps : le Christ est présent. Non point comme une ombre qui passe, non point comme une pensée vague, mais comme une réalité vivante. Il est ressuscité, Il est monté dans la gloire, et cependant Il a dit : « Voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde » (Matthieu 28:20).
Le monde moderne, avide de sensations, s’étonne de cette affirmation. « Où est-il ? » disent les hommes. « Nous ne voyons rien, nous n’entendons rien. » Alors certains veulent se façonner des images, des statues, et demain peut-être des avatars numériques, pour rendre visible un Christ selon leurs désirs. Mais l’Évangile proclame une autre vérité : sa présence est réelle, mais elle n’est pas sensible. Elle se reçoit par la foi, et non par la vue.
I. Le danger de l’illusion sensible
Depuis Thomas, qui voulait toucher les plaies du Maître pour croire, jusqu’aux foules d’aujourd’hui, l’homme réclame des preuves sensibles. Il veut voir, il veut entendre, il veut sentir. Mais Jésus dit : « Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru » (Jean 20:29).
Vouloir un Christ sensible, c’est en réalité se détourner du vrai Christ. Car un Christ réduit à l’image que l’œil contemple ou à la voix que l’oreille saisit, n’est plus le Seigneur de gloire, mais une idole façonnée par l’homme. Les machines modernes pourront offrir aux hommes des présences artificielles ; mais ce seront des présences trompeuses, qui captiveront les sens sans jamais toucher l’âme.
II. La réalité de la présence spirituelle
Le vrai Christ n’a pas besoin de se manifester dans un écran ou une statue pour être là. Il est présent par son Esprit, et son Esprit agit dans l’Église, dans la Parole, dans les sacrements, dans la communion des saints.
- Quand l’Écriture est ouverte, c’est la voix du Bon Berger qui retentit : « Mes brebis entendent ma voix » (Jean 10:27).
- Quand l’Église se réunit, même en petit nombre, le Seigneur est au milieu d’elle : « Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là » (Matthieu 18:20).
- Quand le croyant s’approche de la table du Seigneur, il ne reçoit pas un symbole vide, mais la communion véritable au corps et au sang du Christ.
- Quand le chrétien marche dans l’obéissance, il expérimente la promesse : « Nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui » (Jean 14:23).
Invisible aux yeux du monde, cette présence est plus sûre que toutes les illusions sensibles. Elle transforme les cœurs, elle console les affligés, elle fortifie les faibles.
III. Le témoignage de l’Église
Mais hélas ! dans notre temps d’images et de sons, on enseigne peu à vivre de cette présence. On parle d’efficacité, d’émotions, de résultats visibles. On oublie d’enseigner à marcher par la foi. Ainsi, beaucoup de croyants, n’ayant pas appris à goûter la présence invisible du Seigneur, sont tentés de chercher des consolations ailleurs – dans les artifices du monde, ou demain, dans les idoles numériques.
C’est pourquoi il est urgent que l’Église retrouve sa vocation : montrer non des illusions, mais la réalité de l’invisible. Dire au monde : « Vous cherchez une présence sensible ? Nous avons mieux : nous avons la présence certaine du Ressuscité. »
IV. Le secret de la joie chrétienne
Le secret de la joie chrétienne est là. Pierre le disait aux croyants persécutés : « Vous l’aimez sans l’avoir vu ; vous croyez en lui sans le voir encore, et vous vous réjouissez d’une joie ineffable et glorieuse » (1 Pierre 1:8).
L’homme du XXIe siècle veut voir pour croire. Le chrétien du Royaume de Dieu croit pour voir. Et dans cette foi, il goûte déjà la présence du Seigneur, comme une promesse de la vision future. Un jour, nos yeux le verront : « Voici, il vient avec les nuées, et tout œil le verra » (Apocalypse 1:7). Mais dès aujourd’hui, nos cœurs peuvent l’aimer et marcher avec Lui.
✦ Conclusion
Voilà ce que notre génération doit entendre : la vraie présence du Christ n’est pas dans les idoles artificielles, mais dans son Esprit. Elle n’est pas sensible, mais elle est certaine. Elle n’est pas programmable, mais elle est fidèle. Elle ne flatte pas les sens, mais elle sauve les âmes.
Que l’Église ne cesse d’enseigner et de proclamer cette vérité, afin que, dans un monde qui se perd dans les illusions, des âmes soient conduites vers Celui qui est réellement présent, invisiblement mais puissamment, et qui dit à chacun de nous :
« Je suis avec toi. »
