(1 Timothée 3.15 ; Jude 3)
I. La foi, don de Dieu venu du ciel
La foi qui sauve ne jaillit pas de la nature humaine, pas plus qu’une source pure ne jaillit d’un sol empoisonné. Elle descend du ciel comme une pluie bienfaisante. « Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu » (Éph. 2.8).
Cette foi est née de l’appel divin, alimentée par l’Esprit, enracinée dans la Parole éternelle. Elle n’est pas le fruit d’une construction humaine, ni le résultat d’une spéculation philosophique : elle est le miracle intérieur par lequel l’homme pécheur est rendu capable de voir, d’aimer et de recevoir la vérité de Dieu. Elle unit l’âme au Christ vivant et fait passer des ténèbres à la lumière.
Mais Dieu, dans sa sagesse, n’a pas choisi de faire descendre ce don directement et isolément sur chaque individu, comme si chaque croyant pouvait se suffire à lui-même. Il a voulu que cette foi, une fois donnée, soit nourrie, protégée et transmise au sein d’un peuple visible : son Église.
II. La foi, un héritage transmis par l’Église
Jude nous exhorte : « Combattez pour la foi qui a été transmise aux saints une fois pour toutes. » Ici se trouve un autre aspect de la foi : elle n’est pas seulement un don personnel, elle est aussi un dépôt collectif. Elle nous vient de Dieu, mais elle nous parvient à travers l’histoire, portée par les générations de croyants qui nous ont précédés.
Et c’est là que se réalise la parole de Paul : l’Église est « la colonne et l’appui de la vérité ». La vérité existe par elle-même, de toute éternité, enracinée dans l’être même de Dieu ; mais pour que le monde y accède, il faut une colonne visible qui la porte et la montre. L’Église, fidèle à son Seigneur, a reçu la mission de garder ce dépôt et de le transmettre intact.
Ainsi, si nous confessons aujourd’hui que Jésus-Christ est vrai Dieu et vrai homme, nous le devons à ceux qui, au IVᵉ siècle, ont refusé l’arianisme, au prix de leur liberté et parfois de leur vie. Si nous croyons que le salut est par grâce seule, nous le devons aux Réformateurs qui, au XVIᵉ siècle, ont proclamé la souveraineté de Dieu contre les traditions humaines. Et si nous avons la Bible dans nos mains, nous le devons à ces croyants, connus et inconnus, qui l’ont copiée, traduite, défendue et prêchée au fil des siècles.
Que serait-il advenu si, à l’un de ces carrefours de l’histoire, la colonne avait cédé ? Nous aurions peut-être encore la Bible comme livre ancien, mais privée de la lumière de la foi, elle ne serait plus pour nous qu’un monument littéraire, livré aux interprétations changeantes de l’esprit humain.
III. Garder la colonne debout aujourd’hui
Ici retentit cette parole solennelle : si la colonne tombe, ce n’est pas la vérité qui s’effondre — elle demeure éternellement —, mais c’est le monde qui reste sans lumière et sans chemin. La vérité n’a pas besoin de la colonne pour exister, mais le monde a besoin de la colonne pour y accéder.
Aujourd’hui, au XXIᵉ siècle, nous vivons dans une culture où tout est relatif, où la vérité est réduite à une opinion personnelle. Mais l’Église, si elle veut être fidèle à son Seigneur, doit rester ce pilier visible qui porte haut l’Évangile, même lorsque cela l’expose aux moqueries ou à la persécution.
Garder la colonne debout, c’est refuser de diluer l’Évangile dans les eaux troubles du compromis. C’est transmettre aux enfants de demain la foi reçue d’hier, non pas en la modernisant au point de la défigurer, mais en la montrant vivante, brûlante et actuelle. C’est dire, comme Athanase jadis : Nous ne pouvons pas céder, car céder, c’est perdre le Christ Lui-même.
Nous ne sommes pas appelés à inventer une nouvelle vérité, mais à veiller sur celle qui nous a été confiée. Et si nous le faisons, alors, par la grâce de Dieu, les générations qui viendront pourront dire de nous ce que nous disons de nos pères dans la foi : Ils ont tenu ferme ; ils ne nous ont pas laissés dans les ténèbres ; ils nous ont transmis la lumière.
