La Trinité : Parole, Histoire et Providence

I. La lumière des Saintes Écritures

Il est des vérités que Dieu a placées dans son Livre, non point comme un seul diamant isolé, mais comme une constellation, éclatant de tous côtés. Ainsi en est-il de la Trinité. Celui qui parcourt la Sainte Écriture, du buisson ardent de l’Horeb jusqu’à la vision finale de la Jérusalem céleste, rencontre sans cesse la triple splendeur du seul et unique Dieu.

L’Ancien Testament, tout pénétré de l’unité divine, laisse déjà entrevoir des lueurs mystérieuses : l’Ange de l’Éternel qui parle comme Dieu et pourtant est envoyé de Dieu ; la Sagesse éternelle qui était auprès de Lui avant la création du monde ; les paroles étranges : « Faisons l’homme à notre image ». Mais c’est dans le Nouveau Testament que le soleil se lève. Le Père, source de tout ; le Fils, par qui tout a été fait ; l’Esprit, qui vivifie et sanctifie — tous trois, nommés ensemble dans le baptême, dans la bénédiction apostolique, dans l’économie même du salut.

Le Christ reçoit l’adoration réservée à Dieu seul ; Il pardonne les péchés ; Il partage le trône éternel. L’Esprit parle, enseigne, envoie, sonde les profondeurs de Dieu. Ici, nulle invention humaine : c’est la Parole, claire et ferme, qui nous donne, dans des lignes diverses mais convergentes, l’image du Dieu unique et trine. Celui qui rejette la Trinité doit retrancher non un seul texte, mais toute une trame vivante du témoignage apostolique.


II. La Tradition vivante de l’Église

Mais le Seigneur n’a pas seulement confié son Évangile à l’encre et au parchemin ; il l’a aussi confié à son Église, vivante, marchant à travers les siècles. Avant même que le canon des Écritures fût fixé, l’Église priait au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ; elle confessait un seul Dieu et trois qui étaient Dieu.

Puis vint l’heure des tempêtes. L’arianisme, ce souffle glacé venu d’Alexandrie, osa dire que le Fils était créé. Alors, comme aux jours des apôtres, il fallut que l’Église rende raison de l’espérance qui était en elle. Nicée proclama le Fils « consubstantiel » au Père ; Constantinople affirma la divinité et la personne de l’Esprit. Ce n’étaient point là des ajouts humains, mais la claire mise en mots de ce que l’Écriture attestait depuis l’origine.

La tradition véritable n’est point la sédimentation morte d’opinions humaines : elle est la fidélité vigilante de l’Épouse, gardienne du dépôt sacré, que l’Esprit conduit dans toute la vérité, comme l’avait promis le Seigneur. Les formules conciliaires ne créent pas la vérité ; elles la défendent contre l’erreur, elles cernent ses contours pour que les brebis ne s’égarent pas.


III. La Providence qui fait triompher la vérité

Et voyez la main de Dieu dans l’histoire. Les empires se sont levés et sont tombés, les trônes ont vacillé, les langues se sont éteintes ; mais la confession trinitaire est demeurée. Ni les intrigues de cour, ni les exils des confesseurs, ni les séductions des faux docteurs n’ont pu l’abolir.

Au IVᵉ siècle, Athanase, presque seul, tint tête au monde arien. Au fil des siècles, de l’Irlande celtique aux monastères de Cappadoce, des cathédrales gothiques aux assemblées réformées, cette foi a été proclamée comme la foi de toute l’Église. Même là où les nations se séparaient sur mille points, elles gardaient ce centre de lumière : un seul Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit.

Ce triomphe n’est pas l’œuvre d’une simple supériorité intellectuelle. Il est le sceau de la Providence divine. Jésus l’avait dit : « Les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle. » La Trinité, loin d’être une spéculation des docteurs, est la confession par laquelle l’Église, conduite par l’Esprit, adore le vrai Dieu tel qu’il s’est révélé. Et si, dans nos jours troublés, d’autres vents d’erreur soufflent encore, nous savons que la même main qui a guidé l’Église à Nicée, la même voix qui a parlé par les prophètes et les apôtres, gardera jusqu’à la fin le témoignage du Dieu trois fois saint.