Réflexion sur la dérive cosmologique de l’homme déchu
Il est un ordre dans la création, un rythme, une régularité, une harmonie. Et Dieu, dans sa sagesse, n’a point laissé l’homme dans la confusion du temps, mais lui a donné les astres comme instruments de mesure :
« Qu’ils servent de signes pour marquer les époques, les jours et les années… » (Genèse 1.14)
Ainsi les luminaires furent établis non pour être adorés, mais pour servir. Ils devaient rythmer le sabbat, fonder les fêtes, rappeler les cycles de l’alliance. Le soleil devait marquer le jour, la lune les mois, les étoiles guider la marche du pèlerin. Toute la création devait être subordonnée au dessein de Dieu, et en particulier au sanctuaire du temps, où l’homme rencontre son Créateur.
Mais l’homme déchu, au lieu de se souvenir de Dieu en regardant le ciel, s’est souvenu de lui-même. Au lieu d’y voir les marques du calendrier sacré, il y a projeté ses propres lois, ses propres hypothèses, sa propre autonomie. Il est allé au-delà de ce que Dieu avait assigné.
Ce ne sont plus les fêtes de l’Éternel qu’il cherche à fixer, mais les lois du monde sans l’Éternel. Il n’étudie plus les cieux pour obéir, mais pour expliquer — non pour glorifier, mais pour remplacer Dieu.
Ainsi naquit une cosmologie nouvelle : d’abord grecque, puis moderne, enfin matérialiste. Elle s’émancipa de la révélation, elle prétendit bâtir le savoir sur les seuls mouvements observables. Elle conserva les astres, mais elle en effaça le dessein divin. Elle conserva le rythme, mais écarta la sanctification du temps. Elle conserva les calculs, mais rejeta le Créateur.
Et ce que l’homme crut être une conquête fut en vérité une chute. Car lorsqu’il se détourna de la Parole pour se tourner vers les cieux, il ne trouva point la vérité, mais une illusion. Il prit pour sagesse ce qui n’était que rébellion.
Ce renversement est d’autant plus tragique que l’objet de cette nouvelle science demeure la création de Dieu. Mais parce qu’elle refuse la Révélation, elle ne peut que détourner les astres de leur vocation première. Le sabbat est oublié, le temps n’est plus sanctifié, les fêtes deviennent profanes, et les cieux — au lieu de chanter la gloire de Dieu — sont réduits au silence d’un univers sans voix, sans volonté, sans dessein.
Conclusion
Dieu avait ordonné les astres pour sanctifier le temps ; l’homme les a utilisés pour s’affranchir du temps divin. Il a remplacé le calendrier de l’alliance par la chronologie des étoiles, le sanctuaire du sabbat par l’horloge cosmique d’un univers autonome. En cela, il n’a pas seulement fait fausse route ; il a péché. Car toute cosmologie détachée de la Révélation est idolâtre dans son essence.
Le croyant, lui, lève les yeux au ciel pour dire avec le Psalmiste :
« Tu as fait la lune pour marquer les temps, le soleil sait quand il doit se coucher » (Psaume 104.19).
Et avec cette confession, il revient au dessein du Créateur, et refuse de se prosterner devant l’ouvrage de ses propres calculs.
