Le siècle de Noël n°6 : le siège de Jérusalem

Pompée dans le Temple de Jérusalem. Flavius Josèphe, Les Antiquités judaïques, enluminure de Jean Fouquet, vers 1470-1475

Après s’est brièvement croisées à l’époque de Jucas Maccabée, nous allons voir en parcourant le livre 14 des Antiquités juives de Flavius Josèphe que l’histoire de la Judée et celle de Rome vont de nouveau se rencontrer au temps de Pompée et resteront étroitement liées, formant le contexte de naissance de Jésus-Christ.


1. Contexte du siège : la rivalité entre Hyrcan II et Aristobule II

L’intervention de Pompée trouve son origine dans la rivalité entre les deux frères hasmonéens Hyrcan II et Aristobule II.

2. L’intervention de Pompée

Pompée, qui cherchait à stabiliser la région tout en consolidant l’influence romaine, est approché par des délégués des deux camps. Josèphe raconte que trois groupes de représentants se présentent devant Pompée : les partisans d’Hyrcan II, et ceux d’Aristobule II.

Pompée, d’abord hésitant, rencontre personnellement Aristobule II, qui tente de gagner sa faveur avec des cadeaux somptueux. Malgré cela, Pompée se méfie d’Aristobule et décide d’examiner la situation de plus près. Aristobule, voyant que la décision de Pompée pourrait lui être défavorable, retourne en Judée et se prépare à la guerre.

3. Le siège de Jérusalem (63 av. J.-C.)

Face à l’attitude de défi d’Aristobule, Pompée décide d’intervenir militairement. Jérusalem, divisée entre les partisans d’Hyrcan II et ceux d’Aristobule II, est plongée dans le chaos. Aristobule se retire dans la forteresse du Temple, où ses partisans résistent aux troupes romaines.

Pompée commence par prendre la ville basse, qui est relativement peu défendue. Cependant, la forteresse du Temple, où Aristobule et ses hommes se retranchent, s’avère être un obstacle redoutable. Josèphe décrit en détail la fortification du Temple, protégée par de hauts murs et des tours imposantes, ainsi que la détermination des défenseurs.

Pompée décide alors de commencer un long siège de trois mois.

4. La prise du Temple et la profanation

Finalement, les efforts des troupes romaines portent leurs fruits. Les murs du Temple sont percés, et les soldats de Pompée entrent dans la forteresse sacrée. Aristobule II et ses partisans sont vaincus, et la résistance est écrasée. Josèphe raconte avec une grande précision l’intrusion des troupes romaines dans l’enceinte du Temple.

L’un des moments les plus marquants de ce récit est la profanation du Saint des Saints par Pompée lui-même. Josèphe décrit comment Pompée, poussé par la curiosité, entre dans le Sanctuaire du Temple, un acte qui choque profondément les Juifs. Il pénètre dans le Saint des Saints, l’endroit le plus sacré de la religion juive, où seul le grand prêtre pouvait entrer une fois par an, lors du Yom Kippour.

Toutefois, Josèphe souligne que, malgré cette profanation, Pompée ne pille pas les trésors du Temple. Contrairement à d’autres envahisseurs, il se contente d’observer l’intérieur et n’emporte ni or ni objets sacrés.

5. Conséquences du siège

La prise de Jérusalem marque la fin de l’indépendance juive sous les Hasmonéens. Aristobule II est capturé et envoyé à Rome pour être présenté dans le triomphe de Pompée. Quant à Hyrcan II, il est réinstallé comme grand prêtre et gouverneur, mais sans le titre de roi. La Judée est désormais sous la tutelle de Rome, et Hyrcan devient un dirigeant vassal, sous l’autorité directe du gouverneur romain de Syrie.

Josèphe décrit également les modifications territoriales imposées par Pompée. Plusieurs villes et régions, autrefois contrôlées par la Judée, sont détachées de son territoire, affaiblissant encore davantage le pouvoir hasmonéen. La réorganisation de la Judée place le pays sous une forte influence romaine, et les ambitions locales sont désormais étroitement surveillées par l’autorité romaine.


4. Antipater, homme fort sous le régime romain

Après la prise de Jérusalem, Hyrcan II devient un dirigeant nominal sous l’autorité romaine, mais c’est Antipater qui détient le véritable pouvoir en Judée. Grâce à sa diplomatie, Antipater se rend indispensable aux Romains et devient leur interlocuteur principal en Judée. Il maintient des relations étroites avec les gouverneurs romains de Syrie, et il est récompensé pour sa loyauté envers Rome.