César Auguste que le Sénat romain éleva à la dignité suprême de fils du divin César, trônait dans la splendeur de Rome, là où la puissance et la gloire semblaient régner en maîtresses absolues. À ses yeux, il n’y avait point de trône plus glorieux, point d’autorité plus élevée que celle qu’il exerçait sur les peuples de l’empire. Rome, ville éclatante, où se confondaient richesse et pouvoir, semblait être le centre de l’univers.
Et pourtant, c’est dans les humbles campagnes de Judée, loin des palais des hommes, que les cieux se sont ouverts. Ce n’est pas à Rome, au cœur du pouvoir terrestre, que la lumière divine s’est manifestée, mais dans une étable à Bethléem. Tandis que César prétendait à la divinité par les honneurs et les sacrifices qu’on lui offrait, c’est un autre Roi, bien plus grand, qui naissait dans l’obscurité et l’humilité.
Ô mystère insondable de la Providence ! Tandis que César Auguste, fort de sa puissance, s’élevait au-dessus des hommes, Dieu le Fils, envoyé par le Père, s’abaissait dans une condition humaine, prenant la forme d’un serviteur. Alors que les armées de César imposaient la paix par l’épée, ce sont les armées célestes qui annoncèrent une paix infiniment plus grande, celle que Dieu accorde aux hommes par l’incarnation de son Fils.
Tandis que César, à Rome, était acclamé comme divin, c’est un enfant faible et vulnérable, reposant dans une crèche, qui suscita les chants des anges du ciel. L’armée céleste ne fit point cortège au vainqueur des batailles terrestres, mais aux bergers, veillant dans les champs, porteurs de l’annonce la plus grande que le monde ait jamais entendue : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’il aime. »
Ainsi, Dieu révèle que sa paix, la véritable paix, ne repose pas sur les conquêtes humaines, ni sur les œuvres de la chair. Elle émane de la grâce divine qui descend dans l’humilité. L’abaissement du Fils de Dieu, prenant chair, voilà l’œuvre la plus glorieuse, surpassant toutes les gloires éphémères des empires terrestres. C’est pour cela que les anges ont chanté, non pour les césars, mais pour le Rédempteur des âmes, né dans l’humilité pour accomplir le salut du monde.
