Le siècle de Noël n°21 : L’institution du culte impérial

Lorsque César tomba sous les coups des conspirateurs, le monde romain fut plongé dans le chaos. Mais au milieu de cette tourmente, un phénomène étrange et saisissant se produisit : une comète, visible en plein jour, traversa le ciel lors de ses funérailles.

On y vit un signe des cieux, une confirmation que César, même dans la mort, s’était élevé au rang des dieux. César fut donc déclaré divin.

Ce qui a ouvert une opportunité considérable pour Octavien, qui était déjà désigné comme héritier dans le testament de César. En tant que fils adoptif du nouvellement divinisé Jules César, Octavien pouvait désormais se présenter non seulement comme son héritier politique mais aussi comme le « fils du divin » (filius divi).

Il a fait frapper des pièces de monnaie avec l’image de la comète, associant son propre pouvoir à celui du divin César, et ancrant dans l’esprit des Romains l’idée de la destinée divine qui l’accompagnait.

L’un des moyens les plus tangibles par lesquels Auguste a exploité la déification de Jules César fut la construction du Temple du Divin Jules sur le Forum romain. Cet édifice, achevé en 29 av. J.-C., fut dédié au culte de Jules César, désormais une divinité officielle du panthéon romain. Ce temple devint un lieu central où les Romains pouvaient rendre hommage au premier des hommes à avoir rejoint les dieux, et, par extension, vénérer indirectement Auguste en tant que son fils et héritier.

À travers la figure divinisée de Jules César, Auguste a instauré les bases d’un culte impérial plus large qui évoluerait au fil du temps. Ce culte impérial n’était pas uniquement dirigé vers Auguste en tant qu’individu, mais également vers l’idée de l’empereur comme figure divine ou semi-divine. En étant le fils d’un dieu, Auguste ouvrait la voie à une future vénération impériale, où les empereurs eux-mêmes seraient reconnus comme des êtres semi-divins, voire divins après leur mort.

Le culte impérial instauré par César Auguste a eu une influence durable sur de nombreux aspects de la vie romaine, notamment sur le calendrier, qui a été modifié pour refléter la grandeur des empereurs et assurer la pérennité de leur mémoire.

En effet, le mois de Quintilis fut renommé Julius, en l’honneur de Jules César, peu après sa mort et sa déification. En effet, ce mois correspondait à celui de sa naissance, et c’est sous Auguste que cette modification a été consolidée. Le mois de juillet (Julius) fut ainsi inscrit dans le calendrier comme un hommage permanent au dictateur divinisé, renforçant la mémoire et le prestige de sa personne.

Après la mort de César Auguste et sa déification en 14 ap. J.-C., le mois de Sextilis, sixième mois de l’année dans le calendrier romain, fut renommé Augustus (le mois d’août) en l’honneur d’Auguste. Ce changement fut officialisé en 8 av. J.-C., et il constituait un hommage éternel à l’empereur qui avait régné pendant des décennies et assuré la stabilité de l’Empire.