Le siècle de Noël n°20 : La Pax romana, notamment en Orient

Héritant d’une situation instable en Orient, la politique d’Auguste en Orient, face à l’empire des Parthes, fut marquée par une prudence calculée, mêlée à une diplomatie habile et une volonté de préserver la paix tout en affirmant la puissance romaine. Là où d’autres auraient cherché la gloire par les armes, Auguste, conscient des limites imposées par les longues guerres civiles qui avaient épuisé Rome, préféra user de la négociation et de la dissuasion, plutôt que de risquer une confrontation directe avec cette grande puissance de l’Est.

Et il obtint ce que la guerre n’avait pu accomplir ; par un traité le roi des Parthes, Auguste récupéra les enseignes perdues à Carrhes par Crassus. Ce succès diplomatique, présenté comme un triomphe à Rome, renforça l’aura d’Auguste en tant que restaurateur de la dignité romaine.

En Orient, Auguste chercha donc à établir un équilibre de pouvoir, une paix armée qui garantissait la sécurité de l’empire tout en évitant les affrontements directs qui auraient pu s’avérer coûteux et incertains. Par cette politique, il réussit à préserver la stabilité de la région tout en projetant la puissance romaine au-delà de ses frontières.

Ce choix d’Auguste, loin d’être une simple tactique politique, peut être compris comme un acte de la Providence divine, préparant le monde à la venue imminente du Christ. En établissant une paix relative avec les Parthes, Auguste permit une stabilité en Orient qui facilita les échanges et les voyages, ouvrant des routes sûres et pacifiées à travers lesquelles, des années plus tard, les mages d’Orient purent venir jusqu’en Judée, pour y rendre hommage au roi des Juifs qui venait de naître.

Cette paix temporelle, établie par Auguste, fut le cadre providentiel dans lequel le Prince de la Paix vint au monde.


Quelques temps plus tard, le Sénat romain décida de construire un monument en l’honneur de César Auguste, l’Autel de la Paix auguste.

Il symbolise non seulement la paix militaire, mais aussi la prospérité économique et agricole que cette paix apportait à Rome et à ses provinces. Il est également un hommage à la famille d’Auguste, renforçant l’idée d’une continuité de pouvoir stable et bienveillante sous sa dynastie. Par cette œuvre, Auguste se positionnait comme le garant de la paix, l’initiateur d’une nouvelle ère, la Pax Romana.

Cet empire romain, qui s’étendait autour de la Méditerranée, unifié et pacifié par l’habileté politique d’Auguste, fut le théâtre choisi par Dieu pour l’avènement de son Fils, Jésus-Christ. Et ce choix n’est pas sans signification profonde. En effet, ce cadre unifié n’est pas sans rappeler ce que le Christ allait accomplir à une échelle infiniment plus vaste et spirituelle. Dieu annonce ainsi dès la naissance du Christ ce qu’Il est appelé à accomplir dans la plénitude des temps.

En contemplant le règne d’Auguste, nous percevons l’annonce prophétique de ce règne à venir, où le Christ, après avoir triomphé de tous ses adversaires, régnera sur une création restaurée. La grandeur d’Auguste, qui a su pacifier et unifier le monde romain, n’était qu’une préfiguration imparfaite du règne de Celui qui est le Prince de la paix (Ésaïe 9:6).