Juste après sa victoire à la bataille d’Actium, Octave se trouvait à Rhodes lorsque Hérode vint à sa rencontre. Hérode avait pris le pouvoir en Judée avec l’approbation et le soutien militaire de Marc Antoine ; et il venait maintenant aux pieds du nouveau maître de Rome pour se faire confirmer sur le trône de Judée.
Mais il restait dans la famille de Hyrcan, à commencer par Hyrcan lui-même, des prétendants plus légitimes ; et ce que Hérode a subi de la part d’Antigone pourrait se reproduire et lui coûter non seulement le trône de Judée, mais aussi la vie.
Hérode, qui avait autrefois protégé Hyrcan II dans l’intérêt des Romains, finit donc par se retourner contre lui et le fit exécuter ainsi que toute sa famille.
Ainsi s’éteignait la dynastie des Hasmonéens.
Cette dynastie prend naissance dans un moment de ferveur extraordinaire, sous l’égide d’hommes qui semblent avoir été suscités par Dieu. Judas Maccabée et ses frères, animés d’un zèle brûlant pour la loi de Dieu et le sanctuaire profané, s’élèvent contre l’injustice païenne des Séleucides avec une foi qui rappelle les exploits des anciens juges d’Israël.
Mais hélas, la même main qui a donné ce pouvoir semble s’éloigner peu à peu, et le ver de la corruption commence à ronger les fondations mêmes de cette dynastie. Ce n’est pas dans les premiers jours, où tout est sacrifice et ferveur, que la véritable épreuve commence. Le danger surgit lorsque, ayant obtenu la victoire, les hommes se laissent enivrer par les douceurs du pouvoir.
Les Hasmonéens, dans leur zèle, ont voulu restaurer l’indépendance politique de la Judée. Mais à mesure que leur pouvoir se consolidait, ils ont oublié que ce n’est pas par la force des armes ni par la sagesse des hommes que le règne de Dieu s’établit. Ce qui avait commencé comme une lutte pieuse devint progressivement une quête pour le pouvoir et la gloire terrestre. Les alliances avec les puissances païennes, notamment Rome, assombrissent la pureté initiale de leur cause. La sagesse humaine supplante peu à peu la dépendance à Dieu, et les intrigues politiques prennent le pas sur la foi sincère. Les Hasmonéens se compromettent avec les empires de ce monde, pensant sécuriser par des alliances terrestres ce qu’ils avaient acquis par la main de Dieu.
Les Hasmonéens, bien qu’ils ne se soient pas abandonnés à l’idolâtrie au sens strict, ont permis que l’idole du pouvoir et des ambitions politiques prenne la place de leur dévotion initiale à Dieu. La querelle fratricide entre Aristobule II et Hyrcan II est l’aboutissement tragique de cette lente décadence. Là où il n’y a plus de foi, il n’y a plus d’unité, et c’est dans ces luttes intestines que la dynastie finit par s’effondrer.
La fin tragique de cette dynastie nous rappelle avec force ces paroles du psalmiste : « Si l’Éternel ne bâtit la maison, ceux qui la bâtissent travaillent en vain ; si l’Éternel ne garde la ville, celui qui la garde veille en vain » (Psaume 127:1).
D’un autre côté, l’ascension d’Antipater et de son fils Hérode peut être considérée à la lumière de la prophétie d’Abdias.
La prophétie d’Abdias est un oracle de jugement contre Édom ; le prophète y condamne sans équivoque Édom, cette nation issue d’Ésaü, pour sa traîtrise envers Israël. Édom est jugée pour sa trahison, pour avoir levé la main contre son propre frère dans les jours de sa détresse. Les Édomites, plutôt que d’agir en alliés, avaient scellé leur condamnation en se réjouissant de la chute de Jérusalem, se joignant à ceux qui opprimaient Israël.
C’est dans ce cadre prophétique que nous pouvons comprendre le rôle d’Antipater et de son fils Hérode. Ces hommes, d’origine iduméenne, descendants d’Ésaü, ont joué un rôle décisif dans la chute des Hasmonéens, descendants de Jacob, et dans la mainmise de Rome sur la Judée. En agissant ainsi, Antipater et Hérode ne font que répéter ce que les Édomites avaient déjà fait lors de la destruction de Jérusalem.
Mais comme le rappelle Abdias, ce n’est pas Édom qui triomphera, mais bien Jacob. Hérode, tout Iduméen qu’il fût, ne pouvait contrecarrer les desseins éternels de Dieu. La force, la ruse, et l’ambition terrestre peuvent sembler prévaloir un temps, mais elles sont comme l’herbe qui fleurit un instant et se fane dès que le vent souffle. C’est au milieu de ce règne imposé par un fils d’Ésaü, que le véritable héritier de Jacob, Jésus-Christ, le Messie, naît dans l’humilité de Bethléem.
