Le siècle de Noël n°16 : La chute de Marc Antoine et l’ascension d’Octave

Le Partage de l’Empire : La Montée des Tensions

Après Philippes, les triumvirs se partagent l’Empire romain. Selon Plutarque, Marc Antoine reçoit l’Orient, une région riche et stratégique. Antoine, par sa nature, est attiré par les terres orientales, par leur luxe et leur pouvoir. Il se rend en Égypte et rencontre Cléopâtre, la reine charismatique avec qui il entame une liaison aussi passionnée que politique. Suétone dépeint cette relation comme une union qui scelle le destin d’Antoine, l’entraînant dans une vie de faste et de complots. Antoine voit en Cléopâtre non seulement une alliée, mais une partenaire dans ses ambitions de créer un vaste empire oriental.

Octavien, quant à lui, prend le contrôle de l’Occident, incluant l’Italie et l’Espagne. Suétone le décrit comme un homme froid et calculateur, jeune mais déjà doté d’une intelligence politique redoutable. Il se charge de consolider son pouvoir en Italie, apaisant les vétérans et la population, tout en se préparant secrètement à la confrontation avec Antoine. Octavien est conscient que l’alliance avec Antoine ne pourra durer. Il se présente comme le défenseur des valeurs romaines, opposant son austérité aux excès orientaux d’Antoine.

Lépide reçoit l’Afrique, mais son rôle est rapidement marginalisé. Plutarque montre comment Lépide, incapable de rivaliser avec l’habileté politique d’Octavien et la puissance militaire d’Antoine, est peu à peu écarté du pouvoir. En 36 avant J.-C., Octavien l’accuse de s’être emparé de la Sicile de manière illégitime. Lépide, abandonné par ses troupes, est contraint de se soumettre. Suétone raconte qu’Octavien, malgré la victoire, épargne la vie de Lépide, mais le force à se retirer de la vie politique. Lépide termine ses jours en disgrâce, une figure effacée par la montée de ses anciens alliés.

Antoine en Orient : Le Luxe et la Déchéance

Marc Antoine, installé en Orient, commence à s’écarter des traditions romaines. Plutarque décrit comment, sous l’influence de Cléopâtre, il adopte le faste des rois orientaux, s’entourant d’un luxe qui scandalise Rome. Antoine distribue des territoires aux enfants qu’il a avec Cléopâtre, proclamant son intention de créer une nouvelle dynastie. Cette politique, perçue comme une trahison de la République, est utilisée par Octavien pour saper la réputation d’Antoine à Rome.

Antoine entreprend également des campagnes militaires, cherchant à étendre son influence. En 36 avant J.-C., il mène une expédition contre les Parthes, espérant venger la défaite de Crassus. Cependant, cette campagne se solde par un échec cuisant. Plutarque décrit les difficultés de l’armée d’Antoine, accablée par les conditions difficiles et harcelée par les Parthes. Antoine, bien que courageux, voit son prestige terni par cette défaite. À Rome, Octavien exploite ce revers pour affaiblir encore plus la position d’Antoine.

Octavien en Occident : Le Stratège Patient

Pendant qu’Antoine s’enlise en Orient, Octavien travaille sans relâche à consolider son pouvoir en Occident. Suétone détaille la manière dont Octavien se présente comme le gardien des valeurs romaines, l’homme de la modération face aux excès d’Antoine. Il mène une campagne de propagande, dénonçant la vie fastueuse d’Antoine et son asservissement à Cléopâtre. Il se présente comme le défenseur de Rome contre les ambitions orientales d’Antoine.

Octavien prépare également sa propre force militaire. Il renforce sa position en Italie, s’assurant le soutien des vétérans et du peuple romain. Suétone souligne comment Octavien, par ses manœuvres habiles, attire à lui les sénateurs et les chevaliers, construisant ainsi une coalition prête à affronter Antoine.

La Rupture et la Guerre Inévitable

La tension atteint son paroxysme en 32 avant J.-C. Antoine divorce d’Octavie, la sœur d’Octavien, un acte perçu comme une insulte délibérée et une déclaration de guerre symbolique. Octavien utilise cet événement pour rallier le Sénat à sa cause. Plutarque décrit comment Octavien, habile manipulateur, convainc le Sénat de déclarer la guerre, non pas à Antoine directement, mais à Cléopâtre, l’étrangère qui aurait corrompu un noble Romain.

La Bataille d’Actium : La Décision du Destin

La confrontation finale a lieu en 31 avant J.-C. à Actium, au large des côtes de la Grèce. Plutarque et Suétone offrent des récits vivants de cette bataille décisive. Antoine et Cléopâtre commandent une immense flotte, mais Octavien, soutenu par son commandant Agrippa, dispose d’une flotte plus maniable et d’une armée disciplinée.

Au cœur de la bataille, l’issue semble incertaine. Mais la flotte d’Antoine est prise dans une nasse, et Cléopâtre, voyant la défaite se profiler, prend la fuite avec sa flotte égyptienne. Plutarque décrit la scène : Antoine, déchiré entre l’honneur et l’amour, abandonne le combat pour suivre Cléopâtre. Cette fuite scelle la défaite. Les forces d’Antoine, privées de leur chef, sont rapidement submergées. Octavien remporte une victoire totale.

Conclusion : L’Aube d’un Nouvel Empire

Après Actium, Marc Antoine et Cléopâtre se retirent en Égypte, poursuivis par le destin implacable d’Octavien. En 30 avant J.-C., Octavien marche sur l’Égypte. Antoine, acculé et désespéré, se suicide en apprenant la fausse nouvelle de la mort de Cléopâtre. Celle-ci, à son tour, choisit de mourir plutôt que de subir le triomphe de Rome. Avec leur mort, le dernier obstacle à la suprématie d’Octavien disparaît.