Le siècle de Noël n°14 : La chute des républicains

Marc Antoine : Le Maître de Rome après la Mort de César

Marc Antoine est au cœur des événements qui suivent immédiatement l’assassinat de César.

Antoine parvient à se positionner comme le défenseur de l’héritage de César, gagnant ainsi le soutien populaire.

Octavien : Le Jeune Héritier en Quête de Légitimité

Dans l’ombre de ces événements se trouve Octavien, le jeune héritier de César. Selon Suétone, Octavien, âgé seulement de dix-neuf ans à la mort de César, se trouve à Apollonie en Grèce pour ses études militaires. À l’annonce de l’assassinat de son oncle, il revient immédiatement en Italie, conscient de son rôle à jouer. Le testament de César, dans lequel il est nommé fils adoptif et héritier principal, le propulse soudainement sur le devant de la scène politique.

Sa première tâche est de réclamer l’héritage de César, ce qui le met en conflit direct avec Marc Antoine, qui détient déjà le pouvoir à Rome.

Plutarque souligne la prudence et la ruse d’Octavien. Contrairement à Antoine, il ne cherche pas immédiatement la confrontation. Il commence par gagner l’allégeance des vétérans de César, en distribuant l’argent que César avait légué dans son testament. Octavien se rend à Rome, et malgré son jeune âge, il parvient à rallier à lui une partie du Sénat, qui voit en lui un contrepoids potentiel à la puissance croissante d’Antoine.

Lépide : L’Allié Prudent et le Faiseur de Rois

Pendant ce temps, Lépide, l’un des lieutenants de César, joue un rôle de médiateur et d’allié pragmatique. Plutarque le décrit comme un homme de second plan, mais essentiel, possédant l’influence militaire et politique nécessaire pour peser dans la balance. Lépide contrôle des légions en Espagne et en Gaule, et son soutien devient rapidement l’enjeu de la lutte entre Antoine et Octavien.

Lépide cherche à maintenir un équilibre entre les différentes factions. Il est d’abord loyal envers Antoine, espérant préserver la stabilité et éviter une guerre civile dévastatrice. Cependant, il est conscient que l’ascension d’Octavien change la donne. Suétone montre comment Lépide, pragmatique, accepte finalement de former une alliance entre Antoine et Octavien, voyant dans ce rapprochement l’unique moyen de restaurer l’ordre et de protéger ses propres intérêts.

La Formation du Second Triumvirat

La tension monte alors que Marc Antoine et Octavien se rapprochent du conflit armé. Plutarque décrit comment les deux hommes, après une série de manœuvres militaires et politiques, parviennent finalement à un accord. En 43 avant J.-C., sous la pression des événements, ils concluent avec Lépide le Second Triumvirat, une alliance qui leur accorde un pouvoir extraordinaire pour cinq ans.

Cet accord est marqué par une férocité sans précédent. Suétone relate la proscription des ennemis politiques, une campagne de terreur dans laquelle des centaines de sénateurs et de chevaliers, y compris l’orateur Cicéron, sont exécutés. Marc Antoine et Octavien montrent ici une brutalité froide, éliminant ceux qui menacent leur pouvoir. Lépide, bien que moins impliqué dans la violence directe, approuve ces mesures, démontrant ainsi son pragmatisme dans la recherche de la stabilité.

La Campagne Contre les Conspirateurs et la Bataille de Philippes

Une fois leur pouvoir consolidé à Rome, les triumvirs tournent leur attention vers l’Orient, où Brutus et Cassius, les principaux conspirateurs contre César, ont rassemblé des armées. Plutarque décrit la détermination d’Antoine et d’Octavien à venger la mort de César et à écraser la rébellion républicaine. Lépide, bien que restant en arrière à Rome, apporte son soutien logistique à la campagne.

La confrontation décisive a lieu en 42 avant J.-C. à la bataille de Philippes. Suétone et Plutarque relatent cette bataille avec une intensité dramatique. Antoine, l’homme d’action, mène l’assaut principal, tandis qu’Octavien, malgré sa jeunesse et sa santé fragile, joue un rôle crucial dans le commandement de l’aile de l’armée. Le combat est féroce et voit les forces républicaines vaincues. Brutus et Cassius, face à la défaite inévitable, se suicident, marquant ainsi la fin du rêve républicain.

La formation du Second Triumvirat, suivie de la bataille de Philippes, scelle le sort de la République romaine. L’issue de cette bataille laisse la voie ouverte à un nouvel ordre, où la puissance est concentrée entre les mains de quelques hommes prêts à tout pour dominer.