L’assassinat de César
Jules César se trouvait au sommet de sa gloire. Mais cette gloire, trop éclatante pour certains, attisait la jalousie, la peur et le ressentiment de ceux qui voyaient en lui non seulement un génie, mais une menace pour la liberté de la République.
Le 15 mars -44, Jules César, conscient des rumeurs qui circulaient, mais sûr de son pouvoir et de l’affection du peuple, s’avança vers le lieu où devait se tenir la session du Sénat.
Mais plus tard dans la journée, dans cette enceinte sacrée, symbole de la République et de la loi, on retrouva le corps de César, étendu sur les marches du Sénat, gisant dans une mare de sang. Sa toge, autrefois blanche et symbole de son autorité, était déchirée, souillée par le sang qui continuait de s’écouler des multiples blessures. Son visage, figé dans une expression d’étonnement et de douleur, semblait encore exprimer l’incompréhension d’une trahison si brutale, si inattendue. Près de lui, la toge qu’il portait glissait de ses épaules, découvrant les plaies béantes, témoignage de la rage aveugle de ses assassins.
César, l’invincible, le conquérant, était mort, emportant avec lui une part de la grandeur de Rome.
Pourtant, cette mort, loin de l’abaisser, semble avoir scellé son nom dans l’histoire d’une manière qui dépasse l’entendement humain. Contrairement à Pompée, la mort de César n’a pas éteint sa gloire ; elle l’a amplifiée, la rendant immortelle, comme si le sacrifice de sa vie était nécessaire pour l’accomplissement d’un destin supérieur, pour l’établissement d’un empire que son génie avait préparé.
Ainsi cette mort tragique annonce, comme en écho lointain et imparfait, ce qu’allait être la mort de Jésus-Christ à la croix, non pas un échec, mais le fondement même de son règne éternel.
Le nom de Jésus-Christ est devenu le nom devant lequel « tout genou fléchit dans les cieux, sur la terre et sous la terre » (Philippiens 2:10), un nom revêtu d’une autorité suprême, une autorité qui s’étend non seulement sur les hommes, mais aussi sur les puissances invisibles.
Dans une moindre mesure, le nom de César, même après sa mort, demeurera chargé d’une telle autorité qu’il deviendra un titre impérial porté fièrement par ses successeurs, et même par des souverains étrangers ; “Kaiser” chez les Germains, “Tsar” chez les Russes.
La nouvelle de la mort de César se répandit comme une traînée de poudre à travers Rome, provoquant une vague de choc et de consternation. Le corps de César, récupéré par ses fidèles, fut exposé au Forum, au centre de la ville qu’il avait aimée et servie. Les citoyens, accourant de tous les quartiers, se pressaient autour de la dépouille, pleurant celui qui avait été pour eux un protecteur, un bienfaiteur, un homme qui avait su les défendre contre les excès des élites.
L’identité des assassins était connue ; il s’agissait notamment de Brutus et de Cassius.
- La montée du ressentiment : des amis devenus ennemis
Cassius et Brutus, deux hommes de haute naissance, avaient longtemps servi la République avec honneur. Brutus, en particulier, était connu pour son intégrité et sa loyauté, qualités qui avaient attiré sur lui l’affection de César, qui le considérait presque comme un fils. Mais l’ambition démesurée de César, son accumulation de pouvoirs et ses gestes de plus en plus monarchiques, éveillèrent chez eux un sentiment d’inquiétude et de trahison.
