Le siècle de Noël n°1 : introduction

Sur cette première diapositive, vous reconnaissez l’œuvre du grand maître Rembrandt, peintre néerlandais du 17ème siècle, représentant la scène bien connue de la Nativité.

Rembrandt, imprégné de culture biblique et chrétienne, a su capter dans cette œuvre non seulement la beauté d’un instant, mais la profondeur théologique d’un mystère : Dieu se fait homme.

L’importance du contexte historique de la Nativité

Il est essentiel de se rappeler que la foi chrétienne, bien que s’enracinant dans les profondeurs du mystère divin, ne se déploie pas dans le vide. Elle est indissociablement liée à l’histoire des hommes, à ce tissu complexe d’événements, de personnages, et de circonstances qui, sous la main providentielle de Dieu, ont conduit à l’accomplissement de son dessein rédempteur.

Ignorer le contexte historique de la Nativité, c’est risquer de dénaturer cet événement fondamental, de le déconnecter de la réalité humaine et, par conséquent, de le reléguer au rang des contes de Noël, ces récits charmants mais fictifs que l’on raconte sans vraiment y croire.

Sans cette connaissance du contexte historique, nous risquons de voir la Nativité comme un événement désincarné, flottant dans une espèce de nébuleuse intemporelle, détaché des réalités concrètes de l’époque.

Or, c’est précisément parce que Jésus est né à un moment précis que son incarnation prend tout son sens.

Le but de mon exposé est donc de vous raconter cette histoire, de vous faire découvrir ce qui se passait autour de l’humble étable de Bethléem, dans ce monde où Dieu a voulu intervenir en personne.


Les récits de la Nativité

En ce temps-là parut un édit de César Auguste, ordonnant un recensement de toute la terre. Ce premier recensement eut lieu pendant que Quirinius était gouverneur de Syrie. Tous allaient se faire inscrire, chacun dans sa ville. Joseph aussi monta de la Galilée, de la ville de Nazareth, pour se rendre en Judée, dans la ville de David, appelée Bethléhem, parce qu’il était de la maison et de la famille de David, afin de se faire inscrire avec Marie, sa fiancée, qui était enceinte. Pendant qu’ils étaient là, le temps où Marie devait accoucher arriva, et elle enfanta son fils premier-né. Elle l’emmaillota, et le coucha dans une crèche, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans l’hôtellerie. (Luc 2.1 – 7)

Jésus étant né à Bethléhem en Judée, au temps du roi Hérode, voici des mages d’Orient arrivèrent à Jérusalem, et dirent: Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? car nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus pour l’adorer. (Matthieu 2.1 – 3)


La connaissance du contexte historique de la Nativité est préservée

L’Évangile, en n’évoquant que brièvement Hérode et César Auguste, présume que les lecteurs de l’époque sont familiers avec le contexte historique que ces personnages représentent, et ne s’y attarde donc point. Mais nous qui vivons à des siècles de distance, nous ignorons souvent ce cadre historique.

Si le Saint-Esprit n’a point jugé nécessaire de détailler ces circonstances dans les Saintes Écritures, la divine Providence a toutefois veillé à ce que leur connaissance soit préservée dans la littérature antique qui nous est parvenue.

Les sources historiques et leur préservation

En effet, notre connaissance de cette époque repose sur les écrits des grands historiens de l’Antiquité, ces témoins précieux qui ont consigné pour la postérité les événements et les figures marquantes de cette époque décisive. Leur œuvre nous ouvre une fenêtre sur un monde où se sont joués les destinées de Rome, de la Judée, et de l’humanité tout entière.

Plutarque, moraliste et biographe grec, est sans doute l’un des plus précieux parmi ces témoins. Dans ses Vies parallèles, il met en lumière les caractères et les actions de figures telles que Pompée, Jules César, et Marc Antoine.

Suétone, secrétaire de l’empereur Hadrien, nous a laissé, dans ses Vies des douze Césars, des portraits pénétrants des premiers empereurs de Rome, dont celui d’Auguste, fondateur de l’Empire..

Appien, historien grec du IIe siècle, dans ses Guerres civiles, nous relate avec une grande précision les luttes fratricides qui ont marqué la fin de la République romaine. Son œuvre, rigoureuse et détaillée, nous aide à comprendre les conflits qui opposèrent César, Pompée, Marc Antoine et Octave, et qui préparèrent l’avènement de l’Empire.

Dion Cassius, sénateur et historien romain d’origine grecque, composa, au début du IIIe siècle, une vaste Histoire romaine en 80 livres, dont une grande partie est consacrée au siècle de la Nativité.

Pour l’histoire des Hasmonéens et de Hérode, c’est vers Flavius Josèphe que nous devons nous tourner. Historien juif du Ier siècle, Josèphe, dans ses Antiquités judaïques et La Guerre des Juifs, nous relate l’histoire de son peuple sous la domination romaine, offrant un éclairage précieux sur le contexte dans lequel naquit Jésus de Nazareth.

Enfin, les Évangiles du Nouveau Testament, écrits par les disciples de Jésus ou par des témoins directs de sa vie, constituent le fondement de notre connaissance de la figure centrale de ce siècle : Jésus de Nazareth.

Ces œuvres ont, en bonne partie, été préservés au sein de l’empire byzantin, l’empire romain d’Orient. Alors que l’Europe traversait une période de turbulences après la chute de l’Empire romain d’Occident, les Byzantins ont maintenu des centres d’apprentissage actifs, notamment à Constantinople, la capitale de l’Empire. Les œuvres d’Aristote, de Platon, d’Homère, de Sophocle, de Thucydide et d’autres grands penseurs et écrivains ont été copiées, étudiées et commentées par les érudits byzantins.

Puis lorsque l’empire byzantin fut ébranlé à son tour, et que ses savants furent contraints de fuir vers l’Occident, ce fut comme un fleuve de connaissances qui se déversa sur l’Europe occidentale. Ces hommes, porteurs de la sagesse des siècles passés, apportèrent avec eux les manuscrits précieux qui, jusque-là, avaient été protégés à Constantinople. Par cette migration des esprits, Dieu permit à l’Occident chrétien, héritier également de l’empire romain, de recevoir le flambeau de la connaissance, et, grâce à l’imprimerie, d’en assurer la diffusion, préparant le terrain au printemps évangélique qu’allait connaître l’Europe à partir du 16ème siècle.

Ainsi, nous voyons que l’empire romain, une fois christianisé, fut choisi par Dieu pour préserver et transmettre les sources de l’histoire, notamment celle du siècle de la Nativité.

Dieu invite ainsi son peuple à étudier non seulement la Bible, pierre de touche de la vérité, mais aussi les sciences, et notamment l’histoire, afin d’y découvrir les traces de son action providentielle. Car, comme l’a dit le philosophe britannique Francis Bacon : “un peu de science éloigne de Dieu, mais beaucoup y ramène.”

Que cet exposé soit pour nous une occasion de rendre grâce à Dieu pour la richesse du savoir qui nous a été transmis, et de méditer sur la manière dont nous sommes appelés, à notre tour, à transmettre cette vérité aux générations futures.