
Du retour de l’exil à la révolte des Maccabées
Avant d’entrer dans le vif de ce parcours, permettez-moi de vous proposer un bref résumé de l’histoire d’Israël depuis le retour de l’exil babylonien. Pour cela, nous effectuerons une revue des livres 11 et 12 des Antiquités juives de Flavius Josèphe ; ils nous serviront de guide pour retracer cette période charnière.
Le Retour d’Exil : La Main de Dieu dans la Restauration d’Israël
Après des années d’exil à Babylone, le Seigneur, dans Sa miséricorde infinie, suscite un libérateur : Cyrus, roi des Perses. Ce monarque, sans connaître personnellement l’Éternel, est utilisé comme un instrument divin pour le retour du peuple juif en Terre promise. Dans un décret solennel, Cyrus permet aux Juifs de reconstruire leur Temple à Jérusalem, accomplissant ainsi les prophéties qui avaient annoncé la délivrance. Ainsi, Zorobabel, chef du peuple et descendant de David, mène les exilés dans une nouvelle marche vers la liberté, rétablissant les fondations du culte dans le sanctuaire de l’Éternel.
Mais le retour ne se fait pas sans heurts. Les adversaires d’Israël, voyant la renaissance de la nation, s’élèvent avec rage contre la reconstruction du Temple, suscitant des obstacles qui retardent les travaux. Cependant, sous l’autorité de Darius, successeur de Cyrus, et encouragés par les prophètes Aggée et Zacharie, les Juifs achèvent enfin leur sanctuaire, restaurant la gloire de la maison de Dieu en 516 av. J.-C..
Les Persécutions et la Providence sous les Perses
Sous le règne de Xerxès, la délivrance miraculeuse orchestrée par Dieu à travers Esther et Mardochée révèle à nouveau la main providentielle de l’Éternel. Israël, menacé d’extermination par les intrigues de l’impie Haman, est sauvé par l’intervention divine. Ce n’est pas la force humaine qui libère Israël, mais la sagesse de Dieu, qui renverse les plans du mal pour magnifier Sa justice.
Les années qui suivent voient l’action réformatrice de Esdras, puis de Néhémie, envoyé par Artaxerxès pour fortifier Jérusalem. Néhémie reconstruit les murailles de la ville, et sous son leadership, une réforme spirituelle réunit le peuple autour de la Loi, redonnant vie à la nation. Toutefois, même alors, la fidélité du peuple est continuellement mise à l’épreuve, et les alliances avec les nations païennes sont une tentation constante.
L’Avènement d’Alexandre et la Domination des Grecs
Mais le vent de l’histoire change avec l’arrivée d’Alexandre le Grand, dont la marche triomphante à travers le monde connu bouleverse les empires. Selon Josèphe, lorsque Alexandre approche de Jérusalem, il est accueilli par les prêtres juifs, vêtus de robes sacrées, et conduit par le grand prêtre Jaddus. En voyant ces hommes, Alexandre est frappé d’une vision qu’il avait eue auparavant, où Dieu lui avait montré cette rencontre. Saisi d’une crainte révérencieuse, il épargne la ville et respecte la religion du peuple juif. Ainsi, à travers ce conquérant païen, Israël est une fois de plus préservé par la providence divine.
À la mort d’Alexandre, l’empire qu’il avait édifié s’effondre en plusieurs royaumes rivaux. Israël tombe sous la domination des Ptolémées, dynastie grecque d’Égypte, qui gouvernent d’abord avec une relative bienveillance. Toutefois, avec l’ascension des Séleucides, dynastie grecque de Syrie, la situation se complique. Le peuple juif est pris entre deux puissances, et les conflits entre ces royaumes amènent des souffrances constantes à la terre de Juda.
L’Hellénisation et la Persécution : Le Début des Troubles
Alors que les Séleucides affermissent leur pouvoir, un danger bien plus insidieux commence à s’infiltrer : la politique d’hellénisation. Sous le règne de Antiochos IV Épiphane, cette menace atteint son apogée. Cherchant à imposer la culture grecque et les pratiques idolâtres dans tout son royaume, Antiochos viole le sanctuaire de l’Éternel en 168 av. J.-C. en installant une statue de Zeus dans le Temple de Jérusalem et en interdisant la pratique de la Loi mosaïque.
Ce fut une période de grande affliction pour Israël. La foi des anciens patriarches semblait être sur le point de s’éteindre sous le poids de la persécution. Ceux qui refusaient de transgresser la Loi étaient cruellement martyrisés. Cependant, même dans cette vallée de l’ombre de la mort, Dieu ne laissa pas Son peuple sans défense.
La Révolte des Maccabées : Une Lutte pour la Foi
C’est alors que la lumière de l’espérance surgit des montagnes de la Judée. Un homme, Mattathias, prêtre issu de la lignée d’un certain Hasmonée, refusant d’abandonner la foi de ses pères, s’élève contre la tyrannie d’Antiochos.
Cet évènement emblématique est représenté dans un tableau réalisé en 1882 par le peintre et photographe français Gustave Popelin, et conservé à l’École des Beaux-Arts.
Ce tableau est intitulé : Mattathias refusant de sacrifier aux idoles.
Flavius Josèphe nous raconte avec admiration la naissance de cette révolte des Maccabées.
Après la mort de Mattathias, c’est son fils Judas Maccabée qui prend la tête de cette révolte. Flavius Josèphe décrit les batailles courageuses que mène Judas contre les armées séleucides. C’est dans ce contexte que Judas et ses frères reçurent le surnom de “Maccabée”.
Les victoires des Maccabées, bien que numériquement inférieures à leurs ennemis, rappellent celle de David contre Goliath.
En 164 av. J.-C., après des années de combats, Judas Maccabée reprend Jérusalem et purifie le Temple de toute trace d’idolâtrie. La fête de la dédicace du Temple, connue sous le nom de Hanouka, est instituée pour célébrer cette victoire de la lumière contre les ténèbres, de la foi contre l’oppression. Judas rétablit les sacrifices selon la loi de Moïse, redonnant ainsi au peuple juif la possibilité d’adorer Dieu dans la pureté.
La Mort de Judas et la Poursuite de la Lutte
Malgré ces victoires éclatantes, la paix reste éphémère. Judas, bien que victorieux sur le plan militaire, se heurte à la puissance persistante des Séleucides. En 160 av. J.-C., il tombe au combat, mais son esprit continue de vivre à travers ses frères, notamment Jonathan et Simon, qui poursuivent la lutte pour l’indépendance d’Israël.
Jonathan Maccabée, successeur de Judas, utilise non seulement la force des armes, mais aussi la diplomatie pour affermir la position des Juifs. Il obtient de la part des rivaux séleucides des concessions qui permettent à la Judée de gagner une certaine autonomie. Enfin, Simon Maccabée parvient à consolider cette indépendance, et en 142 av. J.-C., la Judée est officiellement reconnue comme un État libre. Simon est alors proclamé grand prêtre et chef du peuple, marquant ainsi le début de la dynastie hasmonéenne, qui gouvernera la Judée pendant près d’un siècle.
