Le monde entouré, mais non courbé

Réflexion biblique sur le tour du monde de Magellan

« Il étend le septentrion sur le vide, il suspend la terre sur le néant… Il a tracé un cercle sur la face des eaux, jusqu’à la limite de la lumière et des ténèbres. » (Job 26.7,10)

L’an de grâce 1522, un vaisseau boiteux, décharné, usé par les mers et les hommes, rentrait dans les eaux espagnoles. Ce vaisseau, la Victoria, portait à son bord ce que l’Europe moderne allait saluer comme la couronne d’un génie nouveau : l’homme avait fait le tour du monde. Le monde était, disait-on, désormais circonscrit, mesuré, possédé. Le globe terrestre — tel un fruit tombé de l’arbre de la connaissance — semblait avoir été saisi, goûté, conquis.

Mais, frères, dans ce tumulte de louanges humaines, la voix du ciel ne se tait point. Elle ne se confond pas avec les fanfares de la science naissante, ni avec les orgueils des empires. Elle parle par la bouche des Prophètes, elle tonne dans les Psaumes, elle éclaire par le Christ : et cette voix nous dit non pas la rotondité d’un globe suspendu dans l’absurde ballet des astres, mais la stabilité d’une terre posée sur des fondements, sous un firmament étendu comme une tente, et gardée aux confins par la main du Très-Haut.

Ce que l’homme appelle « tour du monde » n’est rien de plus qu’un circuit autour du centre. Il ne fit qu’errer, comme Caïn, entre les limites que le Très-Haut a fixées. Il contourna les rivages d’un monde disposé non en boule, mais en cercle, autour de ce pôle mystérieux où l’Éternel, peut-être, a placé l’étoile immobile, comme un rappel de sa souveraineté.

Et s’il revient à son port, cela ne prouve point que la terre est sphérique, mais seulement qu’elle est close, continue, ordonnéenon selon les spéculations des écoles grecques, mais selon les bornes que Dieu a établies dès le commencement.
Le navigateur a suivi l’océan ; il n’a pas percé le mystère du monde. Il a tourné, mais il n’a pas dépassé le seuil.

Et pourtant, ce voyage, si glorieux aux yeux des princes et des sages, n’a rien prouvé, sinon une chose : le cœur de l’homme demeure rebelle. Car ce qu’il a vu — une mer continue, un retour au port, un cercle tracé — il ne l’a point rapporté à la sagesse de Dieu, mais à la sagesse de ce siècle, à la science de ses maîtres païens.
Il était écrit : « Dieu a établi la terre sur ses fondements ; elle ne chancelle point » (Ps. 104.5), et encore : « Il a étendu le ciel comme une tente » (És. 40.22). Mais l’homme, nourri des fables de Pythagore et d’Aristote, a préféré leur témoignage à celui de Dieu. Et lorsqu’il revint, tout glorieux, croyant avoir fermé l’orbite du globe, il ne vit pas qu’il avait plutôt tourné en rond dans sa propre vanité.

Ce n’est donc point la mer qui l’a trompé, ni les vents, ni les routes : c’est sa propre sagesse. Il a vu ce qu’il voulait voir. Et parce que la tradition humaine — transmise par les écoles et sanctifiée par Rome — lui avait dit : « La terre est un globe », il crut que Dieu devait plier devant cette parole.

Mais Dieu, en vérité, a laissé l’homme à son aveuglement. Il a permis qu’il tourne, qu’il mesure, qu’il dessine… afin que, croyant devenir savant, il se révèle insensé. Car ce voyage — s’il révèle quoi que ce soit — révèle cela : le monde physique peut bien être contourné, mais le cœur de l’homme reste inchangé, à moins que Dieu ne l’éclaire par sa Parole.

Et ce que Dieu a permis en 1522, il l’a permis encore, siècle après siècle. L’homme, n’ayant pas reçu l’amour de la vérité, s’est livré à ses propres songes. Ce n’était point assez d’avoir tourné autour de la mer ; il lui fallait maintenant, par des lunettes, des horloges, des équations, construire un monde sans trône, un monde sans firmament, un monde sans fondement. Et dans cette grande édification, il a dépensé des trésors, bâti des observatoires, envoyé des sondes, construit des orbites — non pour mieux glorifier Dieu, mais pour mieux l’exclure.

Car toutes ces « preuves » qu’il se vante d’avoir accumulées contre la cosmologie sainte — n’étaient-elles pas déjà enracinées dans une foi différente, une vision non biblique du réel ?
Il appelait cela science, mais ce n’était que raisonnement circulaire : il posait que la terre tournait, puis observait le ciel comme si elle tournait, puis concluait qu’elle tournait. Il imaginait que le soleil était fixe, et voyait tout à travers cette hypothèse, oubliant que l’Écriture dit : « Le soleil se lève, et le soleil se couche ».
Ainsi, il ne voyait plus le monde tel que Dieu l’avait fait, mais tel qu’il le voulait. Et il adora la créature au lieu du Créateur.

Ce n’est pas la terre qui chancelle, c’est la pensée de l’homme. Ce n’est pas le soleil qui s’arrête, c’est la conscience qui s’endurcit. Ce n’est pas la mer qui ment, c’est le cœur qui s’égare.
Et Dieu, dans sa justice, a laissé le monde s’enfoncer dans sa propre sagesse. L’homme moderne a cru renverser les colonnes du ciel ; il n’a fait que tomber plus bas.

Mais pour celui qui croit à la Parole — à cette lampe sûre qui éclaire dans les ténèbres — le monde reste debout, car il est soutenu par le Verbe. Le firmament étendu n’est point un mythe : il est le seuil du trône de Dieu. Et celui qui regarde avec foi, voit encore les confins, les extrémités, les fondations, les portes des cieux, là où les philosophes modernes ne voient que vide et rotation.

Ainsi, frères, que votre cœur ne soit point troublé par les discours de ce siècle. Ils n’ont rien prouvé, sinon ceci : l’homme aime les ténèbres plus que la lumière, parce que ses œuvres sont mauvaises.