La paix sans le Prince de la paix

(La Haye, 1899 – Une tentative des nations à la veille du jugement)

« Ils guérissent la plaie de mon peuple à la légère, en disant : Paix ! paix ! Et il n’y a point de paix. »
— Jérémie 6.14

L’an 1899 vit les rois, les diplomates et les peuples se tourner vers un rêve que toute génération caresse sans l’atteindre : la paix universelle. Rassemblés à La Haye, dans cette patrie hollandaise autrefois illuminée par l’Évangile, les princes de la terre cherchèrent à domestiquer la guerre par des conventions, à lier les nations entre elles par le droit, et à conjurer le spectre du conflit par l’arbitrage.

On aurait dit une réplique moderne du Concile de Constance, ou du Congrès de Vienne : mais cette fois sans Église, sans autel, sans prière. Car les hommes, à l’orée du XXe siècle, ne demandaient plus à Dieu la paix : ils voulaient la produire eux-mêmes, par leur sagesse, leur science, et leur droit.

C’était là une illusion — mais une illusion solennelle, révélatrice des profondeurs de l’âme humaine.


I. L’homme moderne veut la paix… sans la repentance

Les rois et les puissants, las de s’entredéchirer, étaient devenus calculateurs. La guerre, disait-on, coûtait trop cher. Il fallait y mettre un terme, non par l’amour, mais par la raison. Les traités de La Haye furent ainsi rédigés non dans les larmes du repentir, mais dans les chiffres et les lois du monde.

Mais l’Écriture enseigne que la guerre naît dans le cœur de l’homme :

« D’où viennent les luttes, et d’où viennent les querelles parmi vous ? N’est-ce pas de vos passions… ? » (Jacques 4.1)

Sans changement du cœur, point de changement durable entre les nations. Là où le péché n’est pas confessé, là où l’orgueil règne, les pactes ne sont que des fils d’araignée tendus sur un gouffre.


II. Un appel prophétique méprisé

Cependant, même dans cette tentative humaine, il y avait un reflet, un souvenir lointain d’Ésaïe :

« De leurs glaives ils forgeront des hoyaux, et de leurs lances des serpes… » (Ésaïe 2.4)

Le monde aspirait à ce règne de justice et de paix promis aux derniers jours. Mais il ne voulait pas monter à la montagne de l’Éternel. Il voulait les fruits du Royaume, sans le Roi.

Les nations vinrent à La Haye comme les bâtisseurs de Babel : pour organiser la terre sans demander au ciel. Et la paix humaine fut ainsi bâtie sur un mensonge — celui d’un homme bon, autonome, capable de se sauver lui-même par des protocoles.


III. L’ultime avertissement avant la grande secousse

L’histoire témoigne que quatorze ans après La Haye, les nations qui s’étaient juré la paix s’entredéchiraient dans un carnage sans nom. Les traités restèrent lettre morte. Les tranchées d’Ypres et de Verdun effacèrent les signatures de 1899.

Comme au temps de Jérémie, les prophètes du progrès disaient : « Paix ! Paix ! » — et il n’y eut point de paix.

Ce fut un jugement.

Mais ce jugement fut aussi une grâce. Car, au cœur même de l’horreur, Dieu fit entendre sa voix. Il montra à l’homme que la paix véritable ne se trouve ni dans les canons, ni dans les traités, ni même dans les cours internationales — mais dans le sang de l’Agneau.


IV. L’unique chemin vers la paix : le trône de Christ

Le chrétien sait que la paix ne peut se bâtir que sur la justice, et que la justice ne peut être établie que par Celui qui est mort et ressuscité :

« Il est notre paix, lui qui des deux n’en a fait qu’un… » (Éphésiens 2.14)

L’histoire de 1899 nous enseigne donc ceci :

  • Ce que l’homme cherche par ses propres forces, il le perdra.
  • Ce que Dieu offre gratuitement en Christ, demeure pour l’éternité.

La Conférence de La Haye fut un cri, non une réponse. Elle fut un miroir de l’orgueil moderne, mais aussi un signe : le monde gémit sous le fardeau de son péché et soupire après la rédemption. Et c’est là qu’apparaît l’Évangile — non comme un chapitre parmi d’autres, mais comme la clef unique de l’histoire humaine.


Conclusion

Frères, ne soyons pas trompés : tant que le monde rejettera le Christ, il ne connaîtra ni paix ni unité. Mais nous savons qu’un jour les nations afflueront non à La Haye, mais à la Jérusalem céleste, pour recevoir la Loi du Roi des rois.

En attendant ce jour, proclamons la seule paix véritable — celle que donne Celui qui a vaincu le monde.

« Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous la donne pas comme le monde donne. » (Jean 14.27)

Soli Deo Gloria.