Il y eut un temps où deux hommes, l’un à Alexandrie, l’autre en Galilée, vivaient sous le même soleil. Le premier, Philon, docteur juif pétri de la langue de Platon, scrutait la Torah avec les instruments de la philosophie grecque. Le second, Jésus, fils du charpentier et Fils du Dieu vivant, enseignait sur les collines et dans les synagogues des vérités qu’aucune école humaine n’avait jamais conçues.
Philon cherchait Dieu dans les hauteurs du Logos abstrait, dans les harmonies du cosmos et les vertus de l’âme raisonnable. Mais en ce même temps, la Parole de Dieu descendait vers les hommes. Non plus comme une idée ou une loi, mais comme un homme, un serviteur, un agneau. Tandis que le philosophe s’efforçait de monter vers Dieu par l’échelle de la raison, Dieu Lui-même descendait jusqu’à l’homme par l’échelle de l’amour.
Philon, dans ses traités, voyait en Moïse le modèle du sage parfait ; mais il ne voyait pas en Moïse le serviteur fidèle annonçant le Fils. Il lisait la Genèse comme un miroir moral, mais il ne discernait pas le serpent ancien, ni la promesse du fils de la femme qui écraserait sa tête. Il parlait du Logos, mais ne reconnut pas le Logos fait chair. Car les sages de ce monde, dit l’Écriture, ne connaissent pas le Seigneur de gloire (1 Corinthiens 2:8).
Mais alors que la voix de Philon résonnait dans les cercles cultivés d’Alexandrie, la voix du Christ appelait les pécheurs à la repentance, guérissait les aveugles, et annonçait la Bonne Nouvelle aux pauvres. Et lorsque ce Christ fut crucifié par les puissants de ce monde, les scribes juifs et les philosophes grecs crurent avoir gagné. Mais Dieu ressuscita Jésus d’entre les morts, et la vraie lumière éclaira ceux qui habitaient dans l’ombre de la mort.
Et c’est alors que surgit un autre témoin. Paul, pharisien zélé, citoyen romain, disciple de Gamaliel, nourri de l’Écriture et familier du monde grec, rencontra le Christ ressuscité sur le chemin de Damas. Sa chute fut totale, sa conversion radicale, sa mission universelle. Il avait connu les Écritures sans la clef ; désormais, il comprenait que toutes les Écritures rendent témoignage à Christ (Luc 24:27).
Paul n’eut pas recours à la sagesse du monde, mais à la folie de la croix, qui est sagesse de Dieu pour ceux qui croient (1 Corinthiens 1:18–25). Aux Grecs, il ne prêcha pas le Logos impersonnel de Philon, mais le Christ crucifié et ressuscité, puissance de Dieu et sagesse de Dieu. Aux Juifs, il ne proposa pas une Loi allégorisée, mais la justice de Dieu manifestée en Christ, sans les œuvres de la Loi (Romains 3:21–22).
Là où Philon cherchait à réconcilier Moïse avec Platon, Paul annonçait que Moïse, les prophètes, et toute la Loi trouvent leur accomplissement en Jésus. Le voile qui obscurcissait la lecture de la Torah fut ôté : le Christ est la fin de la Loi, afin que quiconque croit ait la justice (Romains 10:4).
Ainsi Dieu a confondu la sagesse des sages.
Alors que les philosophes bâtissaient des systèmes, Dieu bâtissait un Royaume.
Alors que les docteurs commentaient les Écritures, le Verbe de Dieu les accomplissait.
Alors que Philon cherchait la lumière, la Lumière du monde marchait déjà parmi nous, pleine de grâce et de vérité.
📖 « Car Dieu a choisi les choses folles du monde pour confondre les sages. » (1 Corinthiens 1:27)
📖 « La Loi a été notre pédagogue pour nous conduire à Christ. » (Galates 3:24)
