Sortir du mensonge – Mon itinéraire vers la cosmologie biblique

Chapitre I – Le premier éveil : une révolte silencieuse

Il faut parfois des décennies pour que les écailles tombent des yeux, pour que les murailles de la pensée moderne s’effondrent pierre après pierre, et que l’âme enfin respire l’air pur de la vérité. Pour moi, cette délivrance a été lente, laborieuse, mais réelle. Elle fut œuvre de la Parole de Dieu, creusant son sillon au milieu des ruines d’un monde menteur.

Tout a commencé à la fin des années 90. J’étais alors lycéen, élevé au sein d’une culture saturée de science, bercée par l’illusion du progrès, nourrie par les dogmes de la biologie darwinienne. Mais déjà, une voix intérieure se levait. Silencieuse, mais ferme. Dans les manuels de SVT, on me racontait l’histoire de l’homme : une cellule, puis le poisson, le reptile, le singe, et enfin l’homme — fruit d’un lent hasard, d’une évolution aveugle. Mais mon âme ne pouvait s’y résoudre. Cette lignée ne disait rien à mon esprit ; elle insultait mon cœur. Elle foulait au pied la majesté de l’homme, et plus encore, elle effaçait son Créateur.

Je ne savais pas encore expliquer mon refus. Je ne possédais pas les arguments. Mais je ne pouvais croire que l’homme fût le fruit du hasard. Je ne pouvais croire que la conscience fût née du néant, que la raison fût le fruit d’un chaos, que l’amour eût pour origine la survie du plus apte. Il y avait là une obscurité que je ne pouvais avaler.

C’était la première faille. Le premier combat. La première lumière.

Chapitre II – Un livre, une délivrance : Origines, de John Whitcomb

Les années passèrent. Et vint le milieu des années 2000. Un jour, la Providence mit entre mes mains un livre : Origines, de John Whitcomb. Ce fut pour moi une lumière tombée du ciel. Ce livre ne me proposait pas un compromis entre la foi et la science ; il ne tentait pas de réconcilier le texte sacré avec les mythes de la modernité. Il me demandait de choisir. Et j’ai choisi.

J’ai rejeté le Big Bang. J’ai rejeté les milliards d’années. J’ai rejeté la lente construction d’un monde né d’une explosion. Et j’ai embrassé le récit des six jours. Non comme une image, mais comme un témoignage. Non comme un symbole, mais comme une déclaration divine. Dieu dit, et cela fut.

À ce moment-là, une joie profonde a commencé à m’habiter. Car le monde redevenait intelligible. Le ciel, la terre, la mer, les étoiles, les plantes, les animaux — tout était créé, ordonné, voulu, structuré. Et l’homme, au sommet, portait en lui le souffle du Très-Haut.

J’avais franchi une étape. Mais le combat n’était pas fini. Il me restait encore bien des murailles à renverser.

Chapitre III – La traversée intérieure : entre deux mondes

Après avoir rejeté l’évolution et abandonné le Big Bang, je me croyais arrivé. Je pensais avoir quitté la maison du mensonge. Mais j’étais encore dans ses cours extérieures. Car si j’avais accepté le témoignage biblique sur l’origine du monde, je continuais à porter, sans le voir, les habits de l’ancienne pensée. Des structures invisibles, profondément enracinées, me liaient encore à la cosmologie rationaliste.

Je confessais que Dieu avait créé le monde en six jours ; mais j’acceptais encore, sans les interroger, les récits modernes sur l’univers, les galaxies, les satellites, l’espace infini, les étoiles lointaines, la terre globe suspendue dans le vide. Je parlais de la Genèse ; mais je pensais en termes de système solaire, de gravité, d’orbites, de vitesse de rotation. Je lisais la Bible, mais avec les lunettes du monde.

Et cette contradiction me troublait. Car plus j’avançais dans la connaissance de Dieu, plus je découvrais la cohérence de sa Parole. Mais plus je regardais le monde décrit par la science contemporaine, plus je sentais le vide, l’abstraction, l’arrogance. Quelque chose ne collait pas. Je vivais dans une double vision. Une sorte de schisme intérieur. Comme deux cartes du monde superposées, mais qui ne se rejoignent jamais.

Je me souviens de ce sentiment d’exil. J’étais comme un homme qui croit avoir quitté Babylone, mais qui vit encore dans ses faubourgs. Comme un pèlerin qui connaît la bonne direction, mais qui marche encore sur les routes des anciens empires. Ma foi parlait comme un enfant de Dieu ; mais mes repères, mes réflexes, ma cosmologie étaient encore ceux d’un fils des Lumières.

Dans l’Église aussi, je rencontrais cette dissonance. On confessait le Dieu créateur, mais on s’inclinait devant les paradigmes scientifiques du siècle. On chantait que les cieux racontent la gloire de Dieu, mais on les décrivait comme un vide parcouru par des corps sans âme, selon des lois mécaniques impersonnelles. On parlait de la création, mais on en avait perdu la structure, la forme, l’intention.

Je gardais le silence. Car je ne savais pas encore nommer cette tension. Mais je priais. Je demandais à Dieu qu’il m’éclaire. Qu’il me donne une intelligence renouvelée. Qu’il me purifie non seulement de mes fautes, mais de mes pensées. Et le Seigneur a entendu.

Chapitre IV – Le choc géocentrique : la terre au centre de l’Alliance

Le Seigneur ne répond pas toujours dans l’instant, mais il n’abandonne jamais celui qui cherche la vérité avec droiture. Ma prière n’était pas restée vaine. Peu après 2015, la lumière m’est venue par un autre livre, comme souvent dans l’histoire de mes réveils. Ce livre portait la marque d’un homme que Dieu avait affermi dans le combat : Jean-Marc Berthoud.

Il parlait avec autorité. Non celle du monde, mais celle de l’Écriture. En lisant ses textes, je compris que mon trouble intérieur n’était pas une illusion : il y avait bien une contradiction radicale entre la cosmologie biblique et celle des modernes. Et cette contradiction se cristallisait dans un point que je n’avais jamais osé remettre en cause : l’héliocentrisme.

Depuis des siècles, on nous avait appris à regarder la terre comme une planète parmi d’autres, perdue dans une spirale galactique, tournoyant autour du soleil à une vitesse folle. Le soleil était devenu le centre, le cœur, la source. La terre, elle, n’était qu’un point, une poussière, une banalité. Mais ce que j’avais pris pour de la science était en réalité une révolution théologique : un déplacement du centre, une expulsion du sanctuaire.

En lisant Jean-Marc Berthoud, je découvrais que l’héliocentrisme n’était pas neutre. C’était une négation subtile de l’ordre voulu par Dieu. Car dans l’Écriture, la terre est le lieu choisi, le centre de l’Alliance, le théâtre de l’incarnation, le berceau de la rédemption. C’est ici, et non ailleurs, que le Verbe s’est fait chair. C’est sur cette terre que le sang a coulé. C’est dans cette histoire que Dieu s’est révélé.

Josué 10 disait vrai : le soleil s’arrêta dans sa course, non la terre. Le Psaume 104 disait vrai : Dieu a posé la terre sur ses fondements, et elle ne chancelle point. L’Ecclésiaste disait vrai : le soleil se lève et se couche, il revient à son point de départ. Les prophètes disaient vrai, les psaumes disaient vrai, la Genèse disait vrai.

Alors, que restait-il de l’héliocentrisme ? Un édifice sans fondement. Une construction imposée par ceux qui voulaient chasser Dieu du cosmos. Une ruse brillante pour détourner l’homme de sa vocation centrale. Une stratégie pour réduire la terre à un objet parmi d’autres, au lieu de la reconnaître comme le lieu de la révélation.

Ce jour-là, une pierre tomba de mon esprit. Et je vis plus clair. Je compris que la terre n’est pas seulement le lieu de l’homme, elle est le lieu choisi de Dieu. La création tout entière est ordonnée autour de l’Alliance. Et l’Alliance s’incarne dans l’espace, dans le temps, dans l’histoire, dans une géographie sainte.

J’avais franchi une étape. Désormais, je regardais le ciel avec d’autres yeux. Non comme un vide infini peuplé d’astres morts, mais comme la tente du Très-Haut, étendue sur le monde, gardée par sa main.

Chapitre V – Le franchissement ultime : la terre plane

Il y a des forteresses de pensée que l’on renverse en un instant, et d’autres qui tombent lentement, pierre après pierre, au fil des années. Mais il en est une, la dernière sans doute, qui ne tombe que dans la solitude, dans la prière, dans un dépouillement total : celle de la terre globe.

Je ne l’ai pas abandonnée par goût de l’extraordinaire, ni par défi envers le consensus. Je l’ai abandonnée parce que la lumière de la Parole de Dieu m’y a contraint. Parce que, pas à pas, le Seigneur m’avait déjà ôté l’évolution, le Big Bang, l’héliocentrisme — il ne restait plus que ce bastion, ce dernier pilier d’une cosmologie construite sans Dieu.

C’est en 2022 que ce basculement s’est produit. Je suis tombé sur des sites web, souvent méprisés, moqués, ignorés. Et pourtant, j’y ai trouvé des arguments — non des fantasmes, mais des observations, des raisonnements, des remises en question lucides. Des voix isolées, souvent ridiculisées, mais qui avaient un point commun : elles osaient croire ce que la Bible dit.

Et j’ai lu à nouveau. J’ai rouvert la Genèse. J’ai médité les psaumes. J’ai relu Job, les prophètes, l’Apocalypse. Et j’ai vu. J’ai vu que la terre est décrite comme fixe, immobile, posée sur des fondements. J’ai vu que Dieu a placé une voûte au-dessus d’elle, qu’Il a séparé les eaux d’en haut et les eaux d’en bas. J’ai vu que le ciel est une tente, une étendue, une barrière. J’ai vu que les extrémités de la terre existent, que les cieux ont des portes, que Dieu ouvre les écluses du ciel et qu’Il descend parfois sur la terre.

Et j’ai compris que tout cela ne s’accorde pas avec un globe suspendu dans un vide infini.

Alors j’ai fait ce pas. Un pas difficile. Un pas sans retour. J’ai rejeté le globe, et j’ai embrassé la terre telle que Dieu la décrit : plane, fixe, centrée, limitée, abritée sous un ciel réel.

Ce jour-là, ce n’est pas seulement ma vision du monde qui a changé — c’est mon cœur qui s’est prosterné. Car pour croire cela, il faut renoncer à tout orgueil. Il faut accepter d’être traité de fou. Il faut croire Dieu plus que les hommes. Il faut se tenir seul, parfois, mais en vérité. Il faut être prêt à tout perdre — sauf la Parole.

Et quelle paix cela m’a donné ! Quelle lumière ! Quelle unité retrouvée ! Le monde redevenait un sanctuaire. Le ciel redevenait un voile. La terre redevenait l’autel. Et moi, créature d’en bas, je me savais vu, connu, aimé, placé ici — non au hasard, mais par choix, pour glorifier Dieu.

Depuis ce jour, je ne regarde plus l’horizon de la même manière. Je n’attends plus les nouvelles de l’espace. J’écoute la voix d’en haut. Car désormais, je vis dans un monde biblique, et non dans une fiction cosmique.

Chapitre VI – Une intelligence renouvelée

Le monde ne change pas lorsque l’on adopte une nouvelle opinion, mais lorsque l’intelligence est renouvelée. Et cette œuvre, seule la Parole de Dieu peut l’accomplir. Depuis que j’ai abandonné les fables de la cosmologie moderne pour embrasser la vérité biblique, ce n’est pas seulement ma pensée qui a été transformée : c’est tout mon rapport au réel qui a été refait à neuf.

Je ne vis plus dans un univers vide, livré à des forces aveugles. Je vis dans un monde ordonné par la Parole, structuré par la volonté de Dieu, habité par son regard. Je ne vois plus la terre comme une sphère tournoyant dans le néant, mais comme un lieu voulu, stable, planté là par le Créateur pour être le théâtre de son alliance.

Je ne considère plus le ciel comme un espace infini, inhospitalier, impénétrable, mais comme le tabernacle du Très-Haut, voilé à nos yeux, mais réel, proche, porteur de promesses. Les étoiles ne sont plus pour moi des soleils lointains, mais des luminaires fixés dans le firmament, signes donnés par Dieu pour marquer les temps, les saisons, les jours et les années.

Le monde n’est plus un système mécanique. Il est un sanctuaire.

Le temps n’est plus une ligne abstraite. Il est rythmé par les jours créés par Dieu, par le sabbat qu’Il a béni, par les saisons qu’Il ordonne.

L’espace n’est plus neutre. Il est dirigé vers Jérusalem, lieu où la gloire a habité, où le sang a coulé, où le Christ reviendra.

La lumière elle-même, je la vois autrement. Elle n’est pas qu’onde ou particule ; elle est la première théophanie : Dieu dit : “Que la lumière soit !” Et la lumière fut. Avant même que le soleil n’existe, la lumière brillait, car la Parole l’avait fait paraître.

Tout est redevenu vivant, habité, sacré.

Et cette intelligence renouvelée m’a conduit à relire toute l’Écriture avec des yeux nouveaux. Non pas avec les instruments du soupçon moderne, mais avec la confiance de l’enfant. Je n’ai plus besoin de réconcilier la Bible avec la science : la Bible est la clef, et la science doit s’y soumettre.

Je lis Genèse comme l’acte inaugural du monde, Job comme un traité de cosmologie révélée, les psaumes comme une louange au Dieu qui fonde la terre et tient les eaux dans le creux de sa main. Je lis les évangiles comme l’irruption du Ciel au centre du monde, et l’Apocalypse comme la restauration visible de l’ordre créé.

Et dans cette lumière, le Christ m’apparaît comme la clef du cosmos. Tout a été créé par lui et pour lui (Colossiens 1.16). Le monde n’est pas neutre : il est christocentrique. Et ce Christ, le monde moderne a voulu le chasser en effaçant la structure même du monde créé. Voilà pourquoi le combat cosmologique est aussi un combat christologique.

Et cette intelligence renouvelée m’a conduit à relire toute l’Écriture avec des yeux nouveaux.

Mais il me faut ici témoigner d’un fruit encore plus doux, plus caché, plus glorieux que tous les autres. Car si ce renouvellement de ma pensée a changé ma manière de voir le monde, il a surtout changé ma manière de lire la Bible. Et cela, je le dis avec tremblement et avec reconnaissance : mes pensées ont été amenées captives à l’obéissance du Christ (2 Corinthiens 10.5), et c’est ainsi que la Parole a commencé à me parler comme jamais auparavant.

Des versets autrefois obscurs me sont devenus clairs. Des passages que je croyais symboliques m’ont frappé par leur précision. Des images que je reléguais au domaine du poétique sont devenues pour moi des révélations cosmiques. Le ciel dont parlent les psaumes, je le vois ; la voûte dont parle Ézéchiel, je la contemple ; la lumière du premier jour, je l’accueille comme la première manifestation de la gloire divine.

Tout est devenu plus profond. La Bible est redevenue le livre du réel. Non un livre spirituel parmi d’autres, mais la clef du visible et de l’invisible. Je la lis, non pour y trouver une consolation morale, mais pour y découvrir la structure même du monde dans lequel je vis.

Et dans cette lumière, la méditation de l’Écriture a pris une profondeur nouvelle. Lorsque je lis Genèse, je ne pense plus aux débats académiques : je me tiens comme un disciple aux pieds du Créateur. Lorsque je lis les prophètes, je ne cherche plus des allégories : je perçois des réalités cosmiques cachées. Lorsque je lis les évangiles, je vois le ciel s’ouvrir au-dessus de Bethléhem, de Capernaüm, de Gethsémané, et enfin du tombeau vide. Et lorsque je lis l’Apocalypse, je ne vois plus une vision obscure, mais une révélation de la restauration de la structure cosmique de l’Alliance.

Oui, la soumission de ma pensée au Christ m’a ouvert l’Écriture. Et l’Écriture m’a révélé le monde. Et le monde m’a ramené à Christ.

Postface – La vérité qui rend libre

En repensant à mon parcours, je comprends aujourd’hui quelque chose que je n’avais pas su formuler autrefois : j’ai toujours voulu croire à la cosmologie biblique. Ce n’est pas une idée qui m’a été imposée ; c’était une vérité vers laquelle mon âme tendait, même sans le savoir. Mon cœur était disposé à recevoir le témoignage de la Parole ; mais mon intelligence était prisonnière.

Car on m’avait appris que la cosmologie moderne reposait sur des faits purs, neutres, indiscutables. On me l’avait présentée comme une lecture évidente du réel, fondée sur l’observation, la mesure, l’expérience. Comment aurais-je osé douter ? La Parole de Dieu disait une chose, mais le monde prétendait avoir les preuves. Et dans ce conflit silencieux, c’est ma confiance qui vacillait.

Mais peu à peu, au fil des années, le voile est tombé. J’ai vu que la cosmologie rationaliste ne repose pas sur des faits purs, mais sur des interprétations : des présupposés philosophiques, des hypothèses jamais démontrées, des reconstructions imaginaires imposées comme des certitudes. J’ai compris que derrière la prétendue objectivité scientifique se cache un refus obstiné de Dieu.

Et plus j’ai réalisé cela, plus je me suis senti libre. Libre de croire ce que dit la Genèse, sans devoir en demander la permission aux astronomes. Libre de lire les psaumes, non comme des poèmes religieux, mais comme des chants de cosmologie réelle. Libre d’embrasser la structure du monde révélée par l’Écriture, sans crainte d’être ridicule aux yeux des hommes.

Cette liberté ne vient pas de l’audace, ni de l’érudition. Elle vient de la vérité. Et la vérité, lorsqu’elle est crue, rend libre. Elle rend libre non seulement des erreurs du monde, mais de la peur de les contredire. Elle rend libre d’aimer ce que Dieu dit, même si cela renverse l’enseignement des siècles.

Aujourd’hui, je ne crois pas à la cosmologie biblique par esprit de système, mais par amour pour Celui qui parle. Si Dieu dit que la terre est posée sur des fondements, c’est assez. Si Dieu dit que le soleil se lève, c’est assez. Si Dieu dit qu’Il a étendu les cieux comme une tente, c’est assez.

Car le vrai combat n’est pas entre science et foi, ni entre globe et terre plane. Le vrai combat est entre la voix de Dieu et la voix du serpent. Et c’est chaque jour, dans les petits détails comme dans les grandes visions, que l’homme choisit qui il écoute.

Moi, j’ai choisi d’écouter mon Créateur.