Au sein des siècles, Dieu agit non seulement par des événements, mais aussi par des paroles ; et lorsqu’il agit puissamment dans l’histoire, il grave son œuvre dans des Écritures, afin que la mémoire des hommes soit sanctifiée et que les générations soient enseignées. Tel fut le cas aux jours de Moïse, lorsque l’Éternel fit sortir son peuple d’Égypte et lui donna sa Loi au Sinaï : alors commença la rédaction du Livre, que les enfants d’Israël appelèrent le Tanakh.
Mais voici que, dans la plénitude des temps, Dieu envoya son Fils, né d’une femme, né sous la Loi. Une nouvelle ère s’ouvrit. Les promesses anciennes s’accomplirent. Le Verbe s’était fait chair, et il avait habité parmi nous, plein de grâce et de vérité. L’Ancien Testament annonçait ; le Nouveau Testament accomplit et explique. C’est dans cette période unique, entre la venue du Christ et la ruine du Temple de Jérusalem, que s’opère une seconde grande œuvre d’écriture.
Oui, tandis que le Temple allait bientôt s’écrouler sous les coups des légions romaines, le Seigneur bâtissait un Temple spirituel dont les fondements seraient posés par les apôtres et les prophètes, et dont la clef de voûte serait lui-même, Jésus-Christ. Et pour ce Temple nouveau, il préparait des écrits nouveaux. Ces écrits, dictés sous l’onction de l’Esprit, formèrent plus tard ce que l’Église appela le Nouveau Testament.
Comme l’Ancien, il ne naquit point en un jour. Ce ne fut ni par décret impérial ni par décision humaine que cette collection se forma. Elle naquit du témoignage vivant de ceux qui avaient vu et entendu, de ceux qui avaient mangé avec le Ressuscité. Elle naquit du feu de l’Esprit, descendu à la Pentecôte, qui mit sur les lèvres des témoins la vérité de Dieu, et dans leurs mains la plume de l’Écriture.
Ce nouveau recueil fut plus court que le premier, mais il portait en lui une lumière plus vive, car il ne montrait plus seulement l’ombre des choses à venir, mais la réalité elle-même. Il fut rédigé en grec, langue des nations, afin que la parole de Dieu s’élançât de Jérusalem jusqu’aux extrémités de la terre. Mais si ses lettres étaient grecques, son âme demeurait hébraïque. Car il n’était pas une nouveauté radicale, mais l’accomplissement d’un dessein ancien. Il venait non abolir, mais accomplir.
Et chose admirable : le grec, langue façonnée par la sagesse humaine, fut, sous la conduite divine, mise au service de la théologie. Là où l’hébreu avait excellé à nommer, à raconter, à invoquer, le grec pouvait analyser, structurer, raisonner. Ainsi, les Évangiles racontèrent l’œuvre de Christ ; les Épîtres en tirèrent la doctrine ; et l’Apocalypse, en écho aux prophètes antiques, projeta dans l’avenir la victoire finale de l’Agneau.
En ces pages, la Révélation atteignait son sommet. Le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob se révélait être le Père de notre Seigneur Jésus-Christ. L’Alliance nouvelle s’inscrivait non plus seulement sur des tables de pierre, mais dans des lettres de feu, dans des paroles de grâce, dans des doctrines saintes que les Églises, sous la conduite de l’Esprit, reçurent, compilèrent, transmirent.
Ainsi fut donné à l’Église un second Livre, non pour abolir le premier, mais pour en dévoiler le sens. Et ce Livre, avec le premier, forma la Bible – Parole de Dieu une, par laquelle l’histoire humaine est éclairée, jugée, et sauvée.
