Il est des périodes dans l’histoire où la miséricorde de Dieu se penche sur les hommes avec une insistance solennelle, comme si le ciel lui-même retenait son souffle. Ainsi en fut-il, chers lecteurs, dans ces années qui s’écoulèrent entre la résurrection du Seigneur Jésus-Christ et la ruine de Jérusalem. Ce fut un temps de grâce, un temps où la patience divine, telle une lampe encore allumée dans la nuit, brillait sur les fils d’Israël, les invitant à reconnaître leur Messie, celui qu’ils avaient percé.
Cette période ne fut point un interstice anodin dans le grand récit de Dieu, mais une étape providentielle où l’ancienne alliance touchait à son terme, et où la nouvelle, scellée dans le sang de l’Agneau, étendait ses bénédictions. À Israël, le peuple élu selon la chair, Dieu adressa une dernière convocation : “Repentez-vous donc, et convertissez-vous, pour que vos péchés soient effacés,” proclamait Pierre au cœur de Jérusalem (Actes 3.19).
Mais ce temps eut une fin. Comme jadis le prophète Jérémie pleura sur la ville rebelle, ainsi le Fils de Dieu versa des larmes sur Jérusalem. Et quand vint l’an soixante-dix, la sentence tomba, et le Temple, ce symbole de l’ancienne économie, fut renversé pierre sur pierre. Ce fut là le sceau du jugement, mais aussi l’attestation du règne céleste du Christ glorifié.
Or, ce que Dieu fit envers Israël, il le fait aujourd’hui envers les nations. Le Seigneur des cieux et de la terre, ayant reçu tout pouvoir, appelle désormais tous les peuples à la repentance. Le même Evangile, qui avait d’abord retenti à Jérusalem, retentit maintenant jusqu’aux extrémités de la terre. Une nouvelle ère de patience divine s’est ouverte, où les royaumes de ce monde sont conviés à fléchir le genou devant le Roi ressuscité.
Mais, amis lecteurs, n’oublions point que cette patience a une borne. L’apôtre Paul, s’adressant aux sages d’Athènes, le déclarait avec force : “Dieu, sans tenir compte des temps d’ignorance, annonce maintenant à tous les hommes en tous lieux qu’ils aient à se repentir, parce qu’il a fixé un jour où il jugera le monde selon la justice, par l’homme qu’il a désigné, ce dont il a donné à tous une preuve certaine en le ressuscitant des morts” (Actes 17.30-31).
Oui, ce jour viendra. Ce même Jésus qui monta dans la gloire, reviendra dans la gloire. Il viendra, non plus dans l’abaissement de la crèche ni dans la souffrance du Golgotha, mais avec les nuées du ciel et la couronne royale sur le front. Il viendra juger les vivants et les morts, et établir la plénitude de son règne.
Alors s’ouvriront les portes de la cité éternelle. Alors les royaumes de ce monde deviendront le royaume de notre Dieu et de son Christ. Alors la création soupirante exultera de joie, car la rédemption promise sera consommée.
Frères bien-aimés, ne méprisons donc pas le temps de la grâce. Que chacun entende l’appel du Seigneur, car encore un peu de temps, et “celui qui doit venir viendra, et il ne tardera pas” (Hébreux 10.37). Heureux celui qui veille, heureux celui qui se tient prêt, car il verra la face du Roi dans sa beauté.
