L’architecture du Tanakh : Loi, Prophètes, Écrits

« Ce n’est point l’homme, c’est Dieu qui a donné à l’Écriture son ordre, sa structure et sa progression. Nul ne doit donc mépriser l’organisation sainte du livre de Dieu, car cette ordonnance même est une partie de la révélation.

Voyez le Tanakh, cette grande compilation sacrée que le Seigneur remit à son peuple, et que le peuple fidèle conserva sous l’œil de la Providence. Il ne s’agit point là d’un amas sans ordre ni dessein, mais d’un édifice majestueux, construit par la main du Très-Haut pour servir de demeure à sa Parole. Trois étages le composent : la Loi, les Prophètes, les Écrits ; trois degrés qui élèvent l’âme vers le Messie ; trois voix successives qui préparent, annoncent, puis soupirent après la venue de l’Oint du Seigneur.

La Loi d’abord — fondement solide et antique, rocher de Sinaï, feu de l’Alliance, charte du peuple élu. Là, le Dieu unique se révèle au milieu des éclairs, établit son alliance, et inscrit sur la pierre son témoignage. En Moïse, c’est le Père qui parle à son enfant, qui lui enseigne le bien et le mal, qui lui trace la voie étroite de la justice.

Puis viennent les Prophètes — ces hommes saisis par Dieu, que l’Esprit pousse à crier au cœur de l’histoire. Ils interprètent les événements, dénoncent l’iniquité, rappellent l’Alliance, et annoncent le jugement. Mais plus encore, ils contemplent de loin Celui qui doit venir : un Rameau issu d’Isaï, un Serviteur souffrant, un Roi juste monté sur un ânon. Ils préparent la crèche et la croix.

Enfin les Écrits — comme la lumière du soir après l’orage du jour. Le peuple dispersé s’assied pour chanter les psaumes, interroger la sagesse, relire l’histoire, méditer les voies de Dieu dans l’épreuve et dans l’exil. Le silence du prophète ne signifie pas l’absence de Dieu, mais une maturation de l’espérance. Dans la nuit, la foi veille et attend l’aurore.

Or, ce sanctuaire de la Parole, le Seigneur Jésus lui-même y est entré. Il a lu la Loi, il a enseigné les Prophètes, il a chanté les Psaumes. Et ressuscité d’entre les morts, il déclara à ses disciples : « Il fallait que s’accomplît tout ce qui est écrit de moi dans la Loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes. » (Luc 24.44)

Quel honneur fait-il ici à cette triple couronne des Écritures ! Et quelle lumière il jette sur leur unité ! Car dans la Loi, il est la Parole faite chair ; dans les Prophètes, il est l’espérance incarnée ; dans les Écrits, il est la sagesse d’en haut descendue parmi les hommes.

Frères, que nul ne sépare ce que Dieu a uni. L’organisation du Tanakh n’est pas une curiosité d’érudit, mais une clef d’interprétation. Elle révèle la progression du dessein divin, et nous conduit, par degré, vers Celui en qui toute l’Écriture trouve son oui et son amen.

Heureuse l’Église qui lit ainsi l’Ancien Testament, non comme un manuscrit désordonné, mais comme un chemin balisé par Dieu vers la lumière du Fils. Heureux ceux qui, entrant par Moïse, marchent avec les Prophètes, et s’asseyent avec les sages, pour contempler enfin le Christ, accomplissement et plénitude de toute la révélation. »