L’Alliance nouvelle et le peuple de Dieu

Il y a dans les voies de Dieu une grandeur majestueuse et une sagesse profonde, qui apparaissent d’âge en âge avec une clarté toujours plus pure, à mesure que l’Esprit de Dieu éclaire les pages de l’histoire et du Livre.

Le peuple de Dieu, dans l’ancienne alliance, était Israël. C’était une nation née du sein d’Abraham, formée dans la fournaise de l’Égypte, et tirée par la main forte de l’Éternel, pour recevoir la Loi au désert, habiter le pays promis, et porter parmi les nations le nom du Dieu unique. Ce peuple fut circoncis selon la chair, mis à part par des rites, régi par des lois saintes, appelé à être une lumière pour les nations, et pourtant enveloppé d’une ombre, car l’accomplissement n’était pas encore venu.

Mais lorsque les temps furent accomplis, Dieu envoya son Fils, né d’une femme, né sous la loi, pour racheter ceux qui étaient sous la loi, afin que nous recevions l’adoption. Et voici que tout fut changé. Le voile se déchira, le Temple fut ébranlé, l’agneau pascal fut immolé une fois pour toutes. Et l’Alliance, scellée désormais non par le sang des boucs, mais par celui de l’Agneau éternel, s’élargit aux extrémités de la terre.

Ce n’est plus dans la circoncision que l’on entre dans l’Alliance, mais dans le baptême du Christ ; ce n’est plus dans la descendance charnelle d’Abraham que l’on est déclaré enfant de Dieu, mais dans la foi en Celui qui est l’accomplissement des promesses. Le peuple de Dieu a changé de forme sans changer de fond : il est toujours le peuple de l’Alliance, mais il est devenu l’Église, l’assemblée des rachetés, née à Jérusalem, répandue dans toutes les nations.

Israël était une nation. L’Église est une communauté. Israël était rassemblé dans un territoire ; l’Église est semée dans le monde entier. Israël avait un trône à Jérusalem ; l’Église a un trône dans les cieux. Israël combattait avec des armes charnelles ; l’Église combat avec les armes de l’Esprit. Israël attendait la venue du Messie ; l’Église vit de son avènement et annonce son retour.

Il y a continuité, et pourtant transformation. Comme le gland devient chêne, comme le matin devient plein midi, ainsi le dessein de Dieu progresse, glorieux et irrésistible. L’Église n’est point une invention humaine, elle est la continuation transfigurée du peuple de Dieu : elle est Israël selon l’Esprit, elle est la postérité d’Abraham, elle est la colonne et l’appui de la vérité.

Et ce mystère glorieux nous instruit. Car nous ne devons point mépriser les temps anciens, ni glorifier les modernes au détriment du passé. L’unité du peuple de Dieu, à travers les âges, proclame la fidélité du Seigneur. Et celui qui voit l’Église dispersée aujourd’hui doit se souvenir qu’elle fut jadis concentrée ; celui qui lit Moïse doit se souvenir de Paul ; celui qui chante les psaumes doit entendre la voix du Christ. Car tout, dans l’Ancienne Alliance, annonçait la Nouvelle ; et tout, dans la Nouvelle, accomplit et éclaire l’Ancienne.

Ô peuple de Dieu ! Tu n’es pas lié à une race, ni à une langue, ni à une terre ; tu es lié à un Sauveur. Ton identité ne vient pas de ton sang, mais de son sang. Ta gloire n’est pas dans ton passé, mais dans ta Tête vivante, le Christ, qui siège à la droite de Dieu et règne jusqu’à ce que tous ses ennemis soient mis sous ses pieds.

Oui, le peuple de Dieu a changé de vêtement, mais il n’a pas changé de cœur. C’est toujours le troupeau de l’Éternel, c’est toujours la vigne du Seigneur, c’est toujours la lumière du monde. Et comme jadis le Seigneur conduisait son peuple par la nuée et la colonne de feu, aujourd’hui encore il le guide par son Esprit et sa Parole.

L’Israël de Dieu s’appelle désormais l’Église de Jésus-Christ. C’est en elle que le monde verra, jusqu’à la fin, le témoignage vivant de l’Alliance de Dieu. Et lorsque viendra le jour glorieux où l’Époux paraîtra, elle se tiendra devant lui, sans tache ni ride, unie, sanctifiée, ressuscitée, glorifiée : le peuple racheté de l’Agneau, l’épouse éternelle du Fils.