L’Alliance, clef de l’histoire d’Israël et du monde

Il est des vérités simples et lumineuses, des faits divins qui, bien que répétés cent fois, conservent une force de vie à chaque génération. De telles vérités, si elles pénètrent une âme, la transforment pour toujours. Tel est le fait glorieux, humble et redoutable, que Dieu, le Très-Haut, le Créateur des cieux et de la terre, est entré en relation d’alliance avec un peuple : Israël.

Ce n’est point l’homme qui s’élève vers Dieu ; c’est Dieu qui s’abaisse vers l’homme. Ce n’est point l’homme qui choisit Dieu, mais Dieu qui choisit un homme, Abraham, au milieu d’une humanité errante et idolâtre, pour en faire la racine d’un peuple nouveau, appelé à porter la lumière au milieu des nations.

« Je suis le Dieu tout-puissant. Marche devant ma face et sois intègre. J’établirai mon alliance entre moi et toi. » (Genèse 17.1-2). Là s’origine le destin d’Israël. Ce peuple n’est pas né d’un génie politique, ni forgé par un accident de l’histoire ; il est enfanté par la parole d’un Dieu qui promet, qui appelle, et qui lie son nom à une lignée. L’alliance est l’acte souverain par lequel Dieu se donne et engage son nom à un peuple qu’il a choisi selon son bon plaisir.

Mais cette alliance n’est pas une abstraction figée dans le marbre. Elle est vivante, car Dieu est vivant. Elle se déploie dans le temps, dans les saisons de l’histoire, dans les souffrances comme dans les délivrances, dans les fidélités comme dans les chutes. L’histoire d’Israël n’est autre que le théâtre sacré où se révèle le cœur de Dieu.

C’est en conduisant ce peuple hors d’Égypte, au désert, vers la Terre promise, que Dieu se fait connaître comme Sauveur, comme législateur, comme juge, comme Père. Les juges, les rois, les prophètes ne sont point d’abord des héros humains, mais les instruments d’une révélation plus haute : celle d’un Dieu qui parle, qui agit, et qui lie son nom à l’histoire.

Car l’histoire sainte n’est pas la simple chronique d’un peuple. Elle est la scène choisie par Dieu pour faire connaître son nom à toute la terre. L’histoire d’Israël est le livre vivant de la Révélation. Le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob y grave ses paroles dans les événements mêmes. Il fait alliance non dans les idées, mais dans les faits.

Et toute l’histoire d’Israël — depuis la sortie d’Ur jusqu’à la dispersion, depuis Moïse jusqu’aux temps de silence — se meut dans le cadre indestructible de cette alliance. Même dans les jours d’exil et de ruine, l’alliance subsiste ; car Dieu ne renie point ce qu’il a promis. Son alliance est un serment éternel. Si Israël chancelle, Dieu demeure ferme. Et s’il châtie, c’est comme un Père.

C’est en vertu de cette alliance que Dieu annonce une alliance nouvelle, plus grande encore, non plus écrite sur des tables de pierre, mais gravée dans les cœurs. Cette alliance, accomplie en Jésus-Christ, ne détruit point la première ; elle en est le couronnement. Le Christ est la semence d’Abraham, le roi promis à David, le serviteur souffrant annoncé par Ésaïe. En lui, l’histoire d’Israël atteint son sommet, et l’alliance s’ouvre aux nations.

Ainsi, frères bien-aimés, il ne faut point lire la Bible comme une suite de récits disparates, ni Israël comme un peuple ancien sans lien avec nous. L’alliance qui fut leur gloire est devenue notre héritage. Nous sommes, par la foi, les enfants de la promesse. L’histoire d’Israël est notre histoire, car le Dieu d’Israël est notre Dieu.

À ceux qui s’égarent dans les spéculations humaines, à ceux qui méprisent les promesses de l’Ancien Testament ou les relèguent aux marges de leur foi, redisons avec force : tout le dessein de Dieu, toute la lumière du salut, tout l’Évangile même, reposent sur l’histoire de cette alliance. C’est là que Dieu s’est révélé, c’est là qu’il s’est engagé, c’est là qu’il a planté la croix. Et c’est de là que partent les fleuves de grâce qui inondent la terre jusqu’à ce que l’alliance soit pleinement accomplie et que toute langue confesse que Jésus-Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père.