La Langue de la Révélation : un Fil Sacré de l’Éden à Israël

Il est des vérités que l’histoire profane ne saurait atteindre, des mystères que seule la lumière de la Révélation peut dévoiler. L’origine de la langue humaine en est un. Dans le tumulte des hypothèses des philologues, dans la confusion des systèmes comparatistes, la Bible s’élève, sûre et paisible, comme la voix du Très-Haut qui descend jusqu’à nous.

Car l’Écriture sainte enseigne ceci : « Toute la terre avait une seule langue et les mêmes mots » (Genèse 11.1). L’humanité, issue d’un seul homme, formait un peuple, uni non seulement par le sang, mais par le verbe. Et c’est dans cette langue unique, dans cette langue première, que Dieu, dans sa bonté, daigna s’adresser à ses créatures. C’est en elle qu’il appela Adam dans le jardin : « Où es-tu ? » ; c’est en elle qu’il instruisit Noé du déluge à venir ; c’est en elle qu’il annonça à l’humanité déchue l’espérance d’un Rédempteur.

Cette langue, sanctifiée par la Parole divine, portait en elle les premiers feuillets du livre de la Révélation. Non point gravée sur des tablettes d’argile ou sur des stèles oubliées, mais déposée dans la mémoire vivante des patriarches, transmise de bouche en bouche, comme une flamme précieuse que l’Esprit entretenait à travers les siècles.

Puis vint Babel. L’homme, rassemblé en orgueilleuse unanimité, osa élever une tour dont le sommet toucherait les cieux. Dieu descendit — non pour frapper la terre d’un fléau, mais pour troubler la langue de l’homme, briser l’uniformité rebelle, et disperser les peuples. Les idiomes se multiplièrent, les nations s’éloignèrent, et le fil linguistique fut rompu — sauf pour un groupe.

Car le Dieu fidèle, qui n’oublie ni ses promesses, ni les instruments par lesquels il les accomplit, conserva cette langue première, ce canal sacré de la révélation, dans la lignée de Sem. Cette langue, purifiée à travers les siècles, affinée par l’histoire, devint la langue d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, puis celle de Moïse et des prophètes : l’hébreu.

Oh ! combien elle est vénérable, cette langue sainte ! Non point vénérable à la manière des langues mortes que célèbrent les académies, mais vivante d’une vie spirituelle, habitée par la voix du Très-Haut. En elle furent prononcées les paroles du Sinaï ; en elle fut chantée la louange de David ; en elle fut annoncée la venue du Messie.

Et cette langue, issue peut-être en ligne directe du verbe d’Adam, fut écrite par l’Esprit de Dieu, conservée par la fidélité des scribes, et offerte au monde comme le socle même de la Vérité. À la Pentecôte, ce ne fut point pour l’abolir que Dieu multiplia les langues, mais pour répandre dans toutes les nations, par l’Esprit, la lumière qui brillait depuis longtemps au cœur de l’hébreu inspiré.

Ainsi, de l’Éden à Jérusalem, de l’innocence brisée à la promesse accomplie, la Parole divine n’a cessé de retentir. Et il est doux de penser que les accents sacrés qui ont franchi les lèvres d’Adam dans la fraîcheur du matin de la Création, résonnent encore dans les pages du Livre de Dieu, et que l’hébreu biblique, tel un ruisseau fidèle, a conservé l’écho de ces sources premières.

Oh ! que cette pensée émeuve nos cœurs, et qu’elle nous pousse à révérer l’Écriture non seulement comme un texte, mais comme une voix — la voix même du Dieu vivant, qui parle à l’homme dans une langue qu’il a choisie, sanctifiée, et transmise, jusqu’au jour où, dans la Cité céleste, toutes les langues, désormais unies, chanteront d’une seule bouche la gloire de l’Agneau.