Il est dans l’histoire des hommes des périodes où le ciel s’abaisse sur la terre, où l’éternité touche le temps, où les siècles portent un poids de révélation que nulle époque ne peut égaler. Tel est le cas de cette sainte et redoutable période qui s’étend depuis la sortie d’Égypte jusqu’à la destruction du Temple de Jérusalem en l’an soixante-dix de notre ère. Là, Dieu s’est manifesté, non point seulement dans les hauteurs de la doctrine ou dans les profondeurs du cœur, mais dans les faits de l’histoire, dans les événements publics, dans les bouleversements des empires.
C’est à la faveur de cette séquence que le peuple d’Israël est devenu, aux yeux des nations, le témoin du Dieu vivant ; que les oracles ont été prononcés ; que la loi a été donnée ; que les prophètes ont élevé leur voix ; que le Messie a été manifesté ; que le royaume éternel a été inauguré. C’est dans cette période que la révélation divine, d’abord promesse, ensuite préfiguration, puis accomplissement, a déployé toute sa gloire.
I. L’Exode : Dieu fait naître un peuple nouveau
Lorsque l’Éternel étendit son bras puissant pour faire sortir Israël du pays de servitude, ce ne fut point seulement un peuple qui sortait de l’Égypte, mais un témoignage qui éclatait devant les puissances du monde. L’Éternel manifestait qu’il est Dieu, non seulement dans les cieux, mais dans l’histoire. Ce peuple libéré par des jugements terribles et conduit par la nuée était appelé à recevoir l’alliance du Sinaï, à entendre la voix du Très-Haut, à vivre sous la Loi, dans la perspective d’un royaume de justice et de sainteté.
II. Le royaume et l’exil : gloire passagère, jugement annoncé
Vint le temps des rois. David, l’homme selon le cœur de Dieu, établit Jérusalem comme trône du royaume. Salomon éleva le Temple, image terrestre de la demeure céleste. Mais les cœurs s’endurcirent, les idoles furent introduites, et la justice abandonnée. Le prophète avertit, le peuple résiste, Dieu juge. L’exil à Babylone brisa l’orgueil d’Israël, et la ruine du Temple révéla que le culte ne suffisait pas sans la foi. Pourtant, même dans la nuit de la captivité, brillait l’espérance d’un retour, d’un Messie, d’une alliance nouvelle.
III. Le retour de l’exil : une restauration inachevée
Le peuple revient. Jérusalem est rebâtie. Le Temple est relevé. Mais la gloire n’y habite plus. Les prophètes l’avaient annoncé : une voix criera dans le désert ; une vierge enfantera ; un serviteur souffrira pour les péchés du peuple. Israël attend. Les siècles passent. L’empire romain étend son joug. Le Temple fonctionne, mais le cœur du peuple est malade. Pourtant, tout est prêt. L’heure vient.
IV. Jésus-Christ : accomplissement des promesses
Alors, au sein d’un humble village, le Verbe s’est fait chair. Le Fils promis vint, non pour réformer un royaume terrestre, mais pour établir un royaume céleste, non pour restaurer un temple de pierre, mais pour être lui-même le Temple vivant. Il accomplit la loi, enseigne avec autorité, guérit les malades, annonce le salut, subit l’injustice, meurt sur la croix, ressuscite le troisième jour, monte aux cieux. En Lui, l’Exode trouve son sens, l’Alliance son accomplissement, le Royaume sa réalité.
Mais Jérusalem, ô ville bien-aimée, ne connut pas le jour de sa visitation. Elle rejeta son Roi. Et comme les prophètes l’avaient annoncé, sa maison lui fut laissée déserte. En l’an soixante-dix, les armées romaines, comme des instruments de la colère divine, renversèrent le sanctuaire, et le monde ancien passa.
V. L’Église : le Temple spirituel et universel
Mais Dieu ne s’arrête pas à la ruine. De la cendre jaillit une semence. L’Église, formée de Juifs et de païens, devient le nouveau peuple de Dieu, temple vivant, colonne de la vérité. Le feu de l’Esprit brûle au sein des nations. L’Évangile se répand aux extrémités de la terre. L’Alliance est proclamée. Et l’histoire, loin d’être abandonnée à elle-même, suit encore les desseins du Seigneur.
Conclusion
Ainsi, de l’Exode à la Croix, du Sinaï à la Pentecôte, de Jérusalem terrestre à la Jérusalem céleste, une ligne d’or traverse l’histoire : c’est la fidélité de Dieu à ses promesses, c’est la révélation progressive de son Fils, c’est la formation de l’Épouse pour le grand jour des noces éternelles.
Lecteur, contemple ces œuvres du Dieu vivant. Car ce n’est point un passé révolu, mais une histoire qui continue, et dont l’achèvement approche.
