Israël, dépositaire de la Révélation divine

Il est une vérité trop souvent oubliée dans notre siècle d’orgueil et d’indépendance : c’est que Dieu a parlé. Il a parlé dans l’histoire, il a parlé dans la chair, et il a parlé par l’écriture. Et ce qu’Il a dit, Il l’a confié à un peuple, l’Israël de l’Alliance.

Les écrits saints, que nous appelons aujourd’hui Bible, furent tous donnés pendant que l’ancienne alliance était encore debout. Depuis Moïse jusqu’aux apôtres, c’est dans le cadre de cette alliance que Dieu révéla ses conseils éternels. Même les écrits du Nouveau Testament, bien qu’ils annoncent et déploient la Nouvelle Alliance scellée dans le sang de Jésus-Christ, furent rédigés dans ces années singulières où les deux économies — l’ancienne et la nouvelle — se chevauchaient encore. Car si la Croix marqua l’inauguration du Royaume, Jérusalem et son Temple n’étaient pas encore tombés, et le souffle dernier de l’ancienne alliance n’avait pas encore été exhalé.

Ainsi, toute l’Écriture, depuis la Genèse jusqu’à l’Apocalypse, fut donnée alors que l’ancienne alliance était encore visible sur la scène du monde. Et lorsque celle-ci fut abolie par le jugement de Dieu en l’an 70, lorsque la ville rebelle fut livrée aux flammes et que le sanctuaire fut renversé pierre par pierre, la Révélation, elle, était close. Il ne restait plus rien à ajouter à la Parole parfaite. Tout avait été dit ; tout avait été accompli ; et tout avait été écrit.

C’est pourquoi nous affirmons avec force que depuis ce jour, Dieu n’a plus donné de révélation nouvelle. Il n’a point laissé son peuple orphelin, mais Il a clos le Livre de la Révélation comme on scelle un testament parfait. Et ce Livre, c’est Israël qui l’a reçu, qui l’a conservé, et qui l’a transmis.

Quel mystère glorieux ! Ce peuple, souvent rebelle, fut cependant choisi pour être le canal de la lumière divine. À lui furent confiés les oracles de Dieu, selon le témoignage de l’apôtre Paul. De lui sont issus la Loi, les Prophètes, les Écrits, les apôtres et jusqu’au Messie lui-même, selon la chair. Et c’est dans le sein de cette nation, en son sein et non ailleurs, que le Saint-Esprit inspira chaque mot de la Sainte Écriture.

Nous devons donc à Israël non seulement notre Sauveur, mais aussi notre Bible. Et si l’Église des nations a hérité de ces trésors, c’est qu’elle a été greffée sur l’olivier franc. Malheur à elle si elle se glorifie contre les racines ! Car sans Israël, il n’y a ni promesse, ni alliance, ni salut, ni Écriture.

Oh ! qu’on ne sépare donc point ce que Dieu a uni : la Révélation et l’Histoire ; la Parole et l’Alliance ; Israël et l’Église. Car ce n’est qu’en reconnaissant cette unité, cette continuité providentielle, que nous saisirons la beauté du dessein de Dieu, et que nous comprendrons que toute la Révélation divine — des premiers versets de la Genèse jusqu’aux visions de l’Apocalypse — est une seule et même symphonie, donnée à l’ancienne alliance, mais destinée à resplendir dans la nouvelle, jusqu’à ce que paraisse dans la gloire Celui qui fut le centre de toutes les Écritures : Jésus-Christ, le Verbe éternel.