De la Chrétienté à Mammon : l’assaut spirituel contre la Parole de Dieu

Introduction

Dans les siècles de la Chrétienté, l’Occident fut tissé de la Parole de Dieu. Elle était au cœur du culte, au fondement des lois, dans la bouche des prêcheurs, des rois, des paysans. La Bible, véritable arche de l’alliance entre Dieu et les nations, orientait les vies, structurait les sociétés, ordonnait les temps. L’homme n’était pas souverain ; Dieu l’était. Mais, comme aux jours d’Israël, l’homme voulut rompre les liens de la Loi sainte et régner par lui-même. Il voulut être libre de la Parole. Et ce fut le commencement d’une nouvelle servitude : celle de Mammon.

Ce texte a pour dessein de retracer cette chute. Non point selon la sagesse du siècle, mais selon la lumière des Écritures. Car le monde d’aujourd’hui n’est pas le fruit d’un progrès providentiel, mais le témoignage d’une apostasie progressive. Et cette apostasie a un nom, un visage, un prince : Mammon, dieu de l’argent, maître des marchands, tyran des âmes.


I. L’émancipation de la pensée humaine vis-à-vis de la Parole de Dieu

Il fut un temps où les universités naissantes portaient encore la tunique du Verbe, où les querelles des scolastiques se référaient au Dieu de la révélation. Mais bientôt la raison humaine, enflée de son propre souffle, voulut marcher seule. Elle brisa le joug de l’autorité biblique. L’œuvre fut lente, souterraine, patiente.

La Parole, jadis mesure de toute chose, fut reléguée à la sacristie. Ockham, ce moine qui délia la raison de la foi, creusa un fossé entre Dieu et le monde. Puis Descartes, héraut de la modernité, fonda la vérité sur le « je pense » plutôt que sur le « Dieu a dit ». L’homme devint mesure de l’homme. Colossiens 2.8 nous avait pourtant avertis : « Prenez garde que personne ne fasse de vous sa proie par la philosophie et par une vaine tromperie. »

Cette émancipation n’était pas neutre. Elle était une révolte. Comme au jardin d’Eden, l’homme dit : « Je connaîtrai par moi-même le bien et le mal. »


II. L’asservissement à Mammon : de l’émancipation à l’idolâtrie

Mais celui qui refuse Dieu ne devient pas libre. Il devient serviteur d’autre chose. Et l’Occident, refusant l’autorité du Christ, est devenu l’esclave de Mammon.

Jésus-Christ l’avait dit : « Nul ne peut servir deux maîtres : car ou il haïra l’un et aimera l’autre, ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon. » (Matthieu 6.24). L’avertissement n’était pas voilé. Et pourtant, l’Occident se livra à l’argent, et l’argent le lia.

Au XVe siècle, les banquiers florentins détiennent plus de pouvoir que les conciles. Les rois, naguère sacrés devant Dieu, se font emprunteurs et débiteurs. La dette devient la chaîne invisible de l’Europe. L’économie, jadis subordonnée à la justice, devient puissance souveraine.

Mammon entra dans les cœurs, puis dans les lois, puis dans les temples. Le travail se détourna de l’appel, pour devenir marchandise. Le temps ne fut plus sanctifié par le sabbat, mais réduit à l’horloge de l’usine. Le gain remplaça la grâce. L’argent devint l’étalon du vrai, du bon, du beau.


III. Un assaut spirituel contre la Parole de Dieu

Ce renversement n’a rien d’accidentel. Il est un siège spirituel. Comme au temps de l’Exil, les murailles de la ville sainte ont été minées, non par des béliers, mais par le doute, le désir, la moquerie.

La Parole fut attaquée par la critique rationaliste, traitée comme un mythe, une construction humaine, un témoignage incertain. La chaire fut troquée contre le podium, le sermon contre le discours moral, le culte contre le concert.

Et Mammon ne vint pas seul. Il fut annoncé, préparé, servi par d’autres idoles : la raison sans foi, la liberté sans loi, la science sans crainte, la nation sans Rédemption. Toutes mirent à bas l’ordre ancien, et, comme au temps des Juges, chacun fit ce qui lui semblait bon.


IV. L’aveuglement des chétiens et le piège de l’histoire sécularisée

Le plus tragique n’est pas que le monde soit tombé sous l’emprise de Mammon. C’est que l’Église elle-même ait oublié son histoire.

On enseigne dans les écoles que la sécularisation fut un progrès, une libération, une nécessité historique. Mais on oublie que la véritable histoire est celle du conflit entre la semence de la femme et celle du serpent (Genèse 3.15). Ce n’est pas la France qui a changé : c’est l’esprit qui la gouverne.

L’Église, ayant accepté le récit du monde, ne comprend plus sa vocation. Elle parle la langue de Mammon, court après ses ressources, craint ses menaces. Elle oublie que son arme est la Parole, son modèle le Christ crucifié, son trône une croix.


Conclusion : Revenir à la Parole pour renverser Mammon

Frères, la guerre n’est pas finie. L’assaut continue, mais Dieu préserve un reste. Le Royaume de Dieu est comme la semence jetée dans le champ : il pousse, même dans la nuit.

La réponse à Mammon ne viendra pas d’une réforme monétaire, mais d’un renouvellement de l’intelligence (Romains 12.2). Elle viendra par un peuple qui craint Dieu, qui lit sa Parole, qui vit selon ses commandements, qui dénonce les idoles, et qui espère contre toute espérance.

Le Dieu de Josué, d’Elie, de Luther, n’a pas changé. Il renversera Babylone. Il jugera Mammon. Et son Royaume viendra.

Solus Christus. Sola Scriptura. Soli Deo Gloria.