Révélation et Alliance : le Dieu qui se fait connaître

« Dieu parla, et le monde fut. »

Cette sentence, empreinte de majesté, résume toute la puissance de la révélation divine. Car ce n’est point l’homme qui s’élève jusqu’aux cieux pour percer le secret de l’Éternel ; c’est le Dieu Très-Haut qui s’abaisse, dans sa grâce infinie, pour faire connaître son Nom, son dessein, et sa gloire.

La révélation divine est un acte souverain de Dieu, une condescendance ineffable par laquelle Celui qui demeure dans la lumière inaccessible se fait connaître aux créatures de poussière. Elle affirme, dans toute sa plénitude, que le Dieu de l’univers, tout en étant distinct du monde créé, n’en est point séparé. Il est au-dessus de tout, mais il ne se détourne point de l’œuvre de ses mains. Invisible, il se manifeste pourtant. Eternel, il parle dans le temps. Insondable, il se fait entendre dans la langue des hommes.

Il n’est pas dans la nature des choses créées de révéler leur Créateur : la nature seule ne saurait suffire à faire connaître le Dieu vivant. Mais Dieu, dans sa bonté, s’est plu à parler à l’homme par les œuvres qu’il a faites, par les lois qu’il a établies, par les alliances qu’il a conclues, et surtout, par la Parole qu’il a donnée. Il a fait du réel un langage, de l’histoire un théâtre, du monde une prédication. « Les cieux racontent la gloire de Dieu », disait David, et Paul ajoute : « ce que Dieu a de visible est manifeste à eux, car Dieu le leur a manifesté. »

Mais cette révélation naturelle, bien que réelle, fut voilée par la chute. L’homme, dans son orgueil, a préféré adorer la créature plutôt que le Créateur ; il a fermé l’oreille à la voix du ciel. Il fallait donc qu’une révélation plus haute, plus claire, plus directe soit donnée. Ce fut l’Écriture sainte. Ce fut la Loi, les Prophètes, les Psaumes. Ce fut la Parole inspirée, vivante, pénétrante, « plus tranchante qu’une épée à deux tranchants. » Ce fut, enfin, le Verbe fait chair.

Car toute révélation trouve son sommet dans le mystère de l’incarnation. Dieu parla jadis par les prophètes, mais en ces jours derniers, il a parlé par son Fils. Jésus-Christ est la Parole éternelle de Dieu, la lumière véritable, le reflet de sa gloire, l’image de sa personne. En lui, la révélation n’est pas seulement entendue, elle est vue ; elle n’est pas seulement enseignée, elle est vécue ; elle n’est pas seulement transmise, elle est incarnée.

La révélation divine n’est donc point un simple enseignement. Elle est alliance. Elle est relation. Elle est appel. Elle engage l’homme tout entier — son intelligence, sa volonté, son cœur. Et parce qu’elle est parole de Dieu, elle ne peut être reçue que dans la foi, l’humilité, et l’adoration.

Heureux celui qui écoute cette voix ! Heureux celui qui, ouvrant les Écritures, y découvre non un traité de spéculation, mais le Dieu vivant parlant à son âme. Heureux celui qui, entendant le Christ, le reconnaît, comme Pierre, non comme un sage parmi d’autres, mais comme « le Fils du Dieu vivant ».

C’est là le fondement de toute espérance. Là est la source de toute lumière. Là s’ouvre le chemin du salut.