Depuis la Révolution française, l’Europe a poursuivi son chemin sans retour vers l’autonomie. Ce qui avait commencé comme une fissure est devenu une brèche, puis un effondrement. La modernité a pris racine, et avec elle une nouvelle foi — foi en l’homme, en la science, en le progrès, en la démocratie, en la liberté individuelle, foi sans Dieu, foi contre Dieu.
Le XIXᵉ siècle, enfant de la Révolution, fut l’époque des illusions vertueuses : on parla de droits de l’homme, d’éducation universelle, de progrès social. Les peuples espéraient que, délivrés du joug de la religion, ils marcheraient vers la lumière. Mais à mesure que l’homme montait sur le trône, la Croix s’effaçait des cœurs, et l’orgueil remplissait les autels vides.
L’industrialisation accéléra encore le divorce entre Dieu et l’ordre du monde. L’homme façonna des machines, puis des empires. Le travail cessa d’être vocation pour devenir production. La ville remplaça le village, l’usine remplaça l’église, le journal remplaça la Bible. Le bruit du monde étouffa la voix du Seigneur.
Puis vint le XXᵉ siècle, et avec lui les fruits amers du monde sans Dieu. Deux guerres mondiales, des massacres à une échelle inconnue, des totalitarismes qui se disputèrent le trône vide : fascisme, nazisme, communisme. Tous, à leur manière, promirent le salut sans Christ, la justice sans grâce, le paradis sur terre. Et tous conduisirent aux ténèbres.
Mais même après ces échecs sanglants, l’Occident ne se repentit point. Il préféra oublier. Il rebâtit, non sur la Parole, mais sur le confort. Ce fut le temps de la société de consommation, des loisirs, de la télévision, de l’individualisme hédoniste. La mémoire du christianisme se fit discrète, puis honteuse, puis haïssable.
Et désormais, au XXIᵉ siècle, nous voyons le triomphe apparent de l’homme sans Dieu.
La vérité est relative. Le bien est subjectif. La création est niée. L’homme lui-même ne sait plus ce qu’il est. Il prétend changer de sexe, abolir la différence, fusionner avec la machine. Il parle de transhumanisme, d’intelligence artificielle, de conscience cosmique. Le péché n’est plus confessé : il est célébré. Le culte du moi est partout. L’enfant est sacrifié dans le sein de sa mère ; la vieillesse est euthanasiée ; la vie est une marchandise.
La science elle-même, jadis quête du réel, devient idéologie. Elle ne cherche plus la vérité, mais le pouvoir. Le langage est falsifié, la pensée contrôlée. La politique n’est plus gouvernement de la cité selon la justice divine, mais gestion des masses au service d’intérêts occultes. L’économie ne connaît plus de repos : Mammon règne, et les peuples courbent l’échine devant lui.
Les Églises aussi, hélas, ont été touchées. Le sel a perdu sa saveur. Trop de pasteurs ont pactisé avec le siècle. La Parole est diluée, l’Évangile est édulcoré, la croix est évacuée. Le culte devient spectacle. L’Église, appelée à être lumière du monde, se cache sous le boisseau.
Et pourtant…
Le Règne du Christ : Espérance des Nations
Au-dessus de cette terre troublée, le Christ règne. Il n’a pas cédé son trône. Il n’a pas abdiqué sa royauté. Les puissances se déchaînent, mais Lui tient le sceptre d’une main sûre. Le tumulte des nations n’est que le prélude à son intervention.
Nous vivons les jours de Babylone, cette Babylone moderne, bâtie non avec du sang et du feu, mais avec du béton, du silicium et des idéologies. Mais viendra le jour où la voix du ciel proclamera :
« Elle est tombée, elle est tombée, Babylone la grande ! » (Apocalypse 18.2)
Car Dieu n’abandonnera pas le monde qu’il a créé. Il ne laissera pas son Église s’éteindre. Il purifie, il secoue, il réveille. Il prépare un peuple fidèle. Dans le silence, dans les marges, dans les déserts spirituels, il suscite des témoins, des hommes de foi, des femmes de courage, des enfants de lumière.
Et lorsque l’orgueil de l’homme aura atteint son comble, lorsque le trône de l’homme sera élevé au plus haut, alors le Seigneur se lèvera. Sa Parole renversera les idoles. Sa justice foudroiera le mensonge. Son Évangile remplira la terre comme les eaux couvrent le fond des mers.
Car Christ ne reviendra pas dans un monde qu’il aurait abandonné. Il reviendra pour révéler ce qu’il a bâti dans l’ombre, par son Esprit et par sa Parole. La France, l’Europe, le monde, ne lui échapperont pas. L’histoire ne s’achèvera pas dans le néant ou dans l’absurde, mais dans la gloire du Fils de Dieu, Seigneur des seigneurs, Roi des rois, Juge des vivants et des morts.
Veillons, discernons, confessons
Il nous faut donc veiller. Lire les temps. Comprendre les mouvements. Voir l’histoire non comme une succession de révolutions, mais comme un combat entre deux semences. La semence du serpent, qui bâtit Babylone. Et la semence de la femme, qui annonce Christ.
Il nous faut discerner. Ne pas croire aux récits des hommes, mais sonder les Écritures. Ne pas s’endormir dans le confort, mais se réveiller à la mission. Ne pas se conformer à ce siècle, mais renouveler notre intelligence dans la lumière de Dieu.
Il nous faut confesser. Proclamer que Jésus-Christ est Seigneur. Élever la voix, même dans le désert. Préparer le chemin du Roi. Résister à l’esprit du monde. Et marcher humblement avec notre Dieu.
Car l’histoire appartient à Jésus-Christ.
Et c’est à Lui que revient, aujourd’hui comme hier et demain, la gloire, la puissance et le règne.
