Il y a dans l’histoire des saints desseins de Dieu que le monde ignore et que seule l’Église, conduite par le Saint-Esprit, peut discerner. Parmi ces desseins, l’un des plus merveilleux est celui par lequel le Livre de Dieu, rassemblé, reconnu, gardé par l’Église, a reçu le nom par lequel il résonne encore aujourd’hui sur toute la terre : la Bible.
Ce nom simple et majestueux, qui signifie « le Livre », est né au sein du peuple de Dieu. Il n’a point été forgé par un philosophe, ni décrété par un roi, ni tracé par un scribe solitaire. Il est le fruit d’un long travail de l’Esprit dans l’assemblée de ceux qui ont reçu la Parole avec foi. Car ce n’est point l’homme qui déclare la Parole de Dieu, mais la Parole qui se fait entendre, et l’Église qui la reconnaît. Ce nom – la Bible – proclame au monde qu’il n’existe pas plusieurs livres sacrés, mais un seul Livre véritable, un seul témoignage, une seule voix qui traverse les siècles et les royaumes.
Mais ce n’est pas tout. Ce même Esprit, qui a conduit l’Église à reconnaître les saintes Écritures, l’a aussi éclairée pour les nommer selon la vérité de leur contenu. Ainsi, les deux grandes parties de la Bible ont été désignées par ces titres augustes et redoutables : Ancien Testament, Nouveau Testament.
Ce mot de Testament, qui vient du mot grec « diathéké » et de l’hébreu « berith », signifie Alliance. Ce n’est pas un simple synonyme de contrat ou de testament humain : il parle de l’engagement solennel de Dieu envers son peuple, de la fidélité éternelle du Seigneur envers ceux qu’il a choisis, et de l’appel lancé à l’homme de répondre dans l’obéissance et la foi.
L’Église a compris, à la lumière du Christ et des Écritures, que tout le Livre n’est que le récit d’une seule histoire : celle de l’Alliance de Dieu avec l’humanité, d’abord esquissée dans les promesses faites à Adam, confirmée à Noé, scellée avec Abraham, promulguée par Moïse, et enfin accomplie en Jésus-Christ, Médiateur de la Nouvelle Alliance, Agneau immolé, Souverain Sacrificateur, Roi éternel.
En nommant les Écritures Ancien et Nouveau Testament, l’Église n’a point imposé un cadre arbitraire : elle a confessé une vérité révélée. Elle a témoigné que l’Écriture n’est pas une collection d’oracles sans lien, mais un tissu d’alliances, un fleuve d’histoire sainte, un chemin qui va d’un jardin fermé à une cité céleste, d’un peuple appelé à un Royaume accompli.
Par là même, l’Église invite tout lecteur à ne point aborder la Bible comme un recueil d’anecdotes ou de préceptes moraux, mais comme une Alliance vivante dans laquelle il est convoqué. Car le Dieu de la Bible ne parle pas seulement au passé : il appelle, il scelle, il adopte. Le nom que l’Église donne à l’Écriture contient déjà un appel : entre dans l’Alliance, toi aussi ! Prête l’oreille à Celui qui parle à ton cœur.
Tel est le mystère profond que la Providence a déposé dans ces titres. Et nous, enfants de la Réforme, nous reconnaissons dans cette œuvre de l’Esprit un témoignage de la fidélité de Dieu envers son peuple. Nous n’adorons pas l’Église – elle n’est point la source de la Parole – mais nous bénissons le Seigneur de l’avoir utilisée pour conserver, transmettre, et nommer ce trésor inestimable.
Que celui qui lit entende. Que celui qui entend entre dans l’Alliance. Que celui qui entre dans l’Alliance glorifie Celui qui a parlé.
