Il est un fait que nul ne saurait contester sans renier toute lumière dans son esprit : la Bible n’est pas un livre mort. Elle est une histoire vivante, une révélation divine, un fleuve de grâce qui a sa source dans l’éternité et qui coule encore dans les plaines du temps. Ce fleuve n’a point tari ; il coule toujours. Ce Dieu qui parla à Abraham, ce Dieu qui conduisit Moïse, ce Dieu qui se fit chair en Jésus-Christ, ce Dieu qui souffla sur les apôtres au jour de la Pentecôte, n’a point cessé d’agir, de parler, de régner. L’Écriture n’est point close sur elle-même comme un tombeau fermé ; elle est une porte ouverte sur l’histoire de Dieu avec les hommes.
Oui, mes frères, la Bible raconte l’histoire de Dieu avec son peuple, et cette histoire est encore en cours aujourd’hui.
Il y a là une vérité profonde, trop oubliée par une génération qui pense que le passé est poussière, et que le présent se suffit à lui-même. Mais si l’homme moderne croit pouvoir s’émanciper du récit biblique, il s’égare dans les ténèbres de son propre cœur. Car l’histoire de Dieu avec son peuple n’est pas une chronique ancienne ; elle est le théâtre de la vérité éternelle. Elle n’est pas reléguée dans les siècles révolus : elle nous entoure, elle nous presse, elle nous juge, elle nous appelle.
L’histoire sainte, commencée aux premiers jours du monde, se poursuit aujourd’hui encore. Elle s’est développée comme un grand arbre dont les racines plongent dans la Genèse, dont le tronc s’élève dans les Prophètes, dont la fleur resplendit à la crèche de Bethléhem, dont le fruit mûrit sur le bois de la croix. Et ce fruit — gloire à Dieu ! — nourrit encore les peuples, éclaire encore les nations, transforme encore les cœurs.
Car ce peuple que Dieu s’est choisi, ce peuple qu’il a formé, qu’il a châtié, qu’il a sauvé, ce peuple ne s’est point éteint. Ce peuple, c’est l’Église vivante, c’est la communion des saints, c’est la multitude des rachetés de toutes langues, de toutes tribus, de tous temps. Nous sommes ce peuple, si toutefois nous avons été greffés par la foi sur l’olivier franc d’Israël.
Mais ne nous y trompons pas : cette histoire est sainte. Elle est gouvernée par la main du Très-Haut ; elle est jalonnée par les appels de sa Parole ; elle est sanctifiée par l’œuvre de son Esprit. L’histoire biblique ne nous appartient pas comme un héritage culturel qu’on exhibe dans un musée ; elle nous possède, elle nous traverse, elle nous englobe, elle nous appelle à la repentance et à la foi. Car l’histoire sainte est jugement. Elle est miséricorde, certes, mais elle est aussi tribunal. Elle fait tomber les idoles. Elle révèle les cœurs. Elle renverse les trônes bâtis sur le mensonge et élève ceux qui s’humilient sous la main de Dieu.
Et cette histoire n’est pas achevée. L’Église n’est point arrivée au terme de son pèlerinage. Le Livre de l’Apocalypse ne nous enferme pas dans un futur lointain et abstrait : il nous montre que l’Agneau règne dès maintenant, que le dragon poursuit encore la femme, que Babylone se gonfle de son impiété, que les martyrs crient encore sous l’autel. Mais le Roi revient. L’Époux s’avance. Le Royaume s’approche.
Ô peuple de Dieu, reconnais les temps où tu vis ! Ne te laisse pas endormir par les voix du siècle ! Tu vis au cœur d’une histoire plus grande que toi, une histoire que Dieu a écrite de sa propre main, une histoire dont Christ est le centre, dont l’Église est le témoin, dont le monde est le théâtre, dont le ciel est l’horizon.
Ne méprise pas cette histoire. N’ose pas t’en extraire. Ne crois pas qu’elle soit chose du passé. Car aujourd’hui, le Seigneur écrit encore. Il écrit avec la vie des hommes. Il écrit avec la fidélité des témoins. Il écrit avec le sang des martyrs. Il écrit avec les larmes des saints. Et ce qu’il écrit demeure.
Et toi, ô lecteur, où te tiens-tu dans cette histoire ? Es-tu du côté de ceux qui marchent avec l’Agneau, ou de ceux qui s’en moquent ? Entres-tu dans l’histoire de Dieu par la porte étroite de la foi ? Entends-tu encore l’appel : « Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs » ?
L’histoire de Dieu avec son peuple continue. Elle est taillée dans le roc de l’alliance. Elle est scellée dans le sang du Fils. Elle est conduite par le sceptre du Roi des rois. Et un jour — glorieux et terrible — elle s’achèvera par le jugement et la gloire. Heureux ceux qui auront marché avec Dieu. Malheur à ceux qui auront vécu comme si Dieu ne faisait plus l’histoire.
