La Parole de Dieu fixée pour l’éternité

Dans les siècles passés, quand l’homme se trouvait courbé sous le joug de ténèbres épaisses, Dieu parla. Il parla à Abraham au pays d’Ur, à Moïse dans le feu du buisson, à Élie sur l’Horeb, et à tant d’autres encore. À travers des visions, des songes, des prodiges, des jugements et des délivrances, il se révéla. Mais toutes ces lumières, aussi diverses qu’éclatantes, n’étaient que les premiers rayons de l’aurore. Il fallait un jour, un jour plein, un jour durable. Ce jour, ce fut l’Écriture.

Oui, Dieu, qui parle, a aussi écrit. Il a inspiré ses serviteurs, il a conduit leurs mains comme il avait conduit leur vie, et les paroles qu’il leur donna, il les fixa par écrit. Ce n’est point l’homme qui a rassemblé quelques textes pour y chercher Dieu : c’est Dieu lui-même qui, dans sa miséricorde, a rassemblé ses paroles pour les transmettre à l’homme.

Ainsi naquit ce livre unique entre tous — la Bible. Non point un livre dicté d’un seul souffle, tombé du ciel en lettres d’or, mais une œuvre divine se déployant dans l’histoire, embrassant les siècles, traversant les royaumes, et s’élevant toujours plus haut jusqu’à atteindre la plénitude en Jésus-Christ, la Parole faite chair.

Et que contient donc cette Bible ? Elle contient les actes de Dieu, ses promesses, ses jugements, ses appels, ses alliances. Elle contient le combat des prophètes et les chants des psalmistes ; elle contient la sagesse des justes et les douleurs des pécheurs ; elle contient surtout la lumière du Messie, annoncée, attendue, révélée, glorifiée. De la Genèse à l’Apocalypse, c’est un seul dessein, une seule voix, une seule espérance qui s’y font entendre : Dieu veut se faire connaître et sauver les siens.

Mais cette connaissance ne nous parvient pas par quelque rêve flottant dans l’imagination des hommes. Non ! Elle nous parvient par l’Écriture. Elle est là, dans des mots, dans des phrases, dans des chapitres. Elle est là, comme une alliance signée, comme un testament scellé, comme une épée prête à trancher. La révélation s’est cristallisée — oui, ce mot n’est point trop fort — dans une série d’écrits, ordonnés par l’Esprit, et reçus par l’Église.

La Bible, dira-t-on, n’est-elle pas une compilation ? Oui, elle l’est, mais quelle compilation ! Une mosaïque dont Dieu lui-même est l’artiste, un chœur où chaque voix chante à l’unisson, un édifice dont Christ est la clef de voûte. Elle est diverse et une, humaine et divine, temporelle et éternelle.

Et maintenant, que l’on songe à cela : la révélation de Dieu, si grande, si glorieuse, si haute, si céleste, a été rendue accessible à l’homme. Non seulement par la chair du Christ, mais par l’écriture des prophètes et des apôtres. Elle peut être lue, méditée, enseignée. Elle peut entrer dans une maison, dans une école, dans une prison, dans une chaumière comme dans un palais. Et partout, elle porte la vie.

Heureuse est l’âme qui se soumet à cette Parole ! Heureuse est la nation qui la reçoit comme fondement ! Car là où la Bible est rejetée, Dieu est oublié ; mais là où elle est reçue, Dieu règne.

Que les peuples donc, que les rois, que les enfants des hommes, se tournent vers ce livre ! Car il ne nous vient pas d’en bas, mais d’en haut. Il n’est pas l’œuvre du génie, mais celle de l’Esprit. Il ne vieillit point, il ne ment jamais. Il est le roc sur lequel les siècles peuvent bâtir ; il est la lampe qui ne s’éteindra point avant la fin des temps.

Et toi, âme qui cherches la vérité, ne l’attends pas dans les spéculations de la philosophie ou les rêves de la science. Elle est là, dans ce livre saint. Lis-le avec foi. Prie avant d’ouvrir ses pages. Pleure si besoin est, mais surtout, écoute : car Dieu parle encore, et sa voix, toujours, se fait entendre dans les Écritures.