Quand on ouvre la Bible, frères et sœurs, on ne feuillette point un simple recueil de sages pensées ni un livre d’humanité parmi d’autres. Non ! En brisant le sceau des Saintes Écritures, on entre dans le sanctuaire de la révélation divine, dans les archives sacrées du peuple de Dieu — archives non mortes, mais vivantes, car écrites par l’Esprit de vie.
Là se trouvent consignés les actes de l’Éternel, les hauts faits de sa grâce, les sentences de sa justice, les promesses de sa fidélité. Là sont les récits qui éclairent l’histoire des hommes, non tels que les voit la sagesse du monde, mais tels que les révèle le regard du Très-Haut. L’histoire des patriarches, des rois, des prophètes, n’est point un passé révolu ; elle est un miroir dans lequel chaque génération est appelée à contempler son propre cœur, son propre destin.
La Bible, en effet, n’est pas simplement l’histoire d’un peuple oriental de l’Antiquité : elle est l’histoire de l’Alliance, l’histoire de Dieu avec les siens. Et celui qui ouvre ses pages ouvre une chronique céleste où le temps se courbe devant l’éternité, où le visible cède la place à l’invisible, et où les voix d’Abraham, de Moïse, d’Ésaïe, de Jean et de Paul résonnent avec une autorité qui traverse les siècles.
Mais, mes bien-aimés, ce qui fait la sainteté de ces archives, ce n’est pas seulement qu’elles soient anciennes, ni qu’elles portent le témoignage d’un passé glorieux. Ce qui fait leur sainteté, c’est qu’elles ont Dieu pour auteur, Christ pour centre, et l’Esprit pour interprète. Elles ne se contentent pas de nous informer, elles nous forment. Elles ne nous parlent pas seulement de Dieu, elles nous parlent de nous — et elles nous parlent avec puissance, avec feu, avec amour.
Ouvrir la Bible, c’est se tenir comme Josias devant le Livre retrouvé (2 Rois 22), le cœur brisé, les yeux ouverts, l’âme saisie. C’est entendre à nouveau la voix du Père qui appelle, du Fils qui rachète, de l’Esprit qui vivifie. C’est être saisi par la majesté d’un Dieu qui parle encore, qui agit encore, qui sauve encore.
Oh ! Que ne tremblons-nous davantage lorsque nous soulevons ce volume sacré ! Que ne l’abordons-nous avec plus de crainte et de joie ! Car ici, ce ne sont pas seulement les archives du peuple de Dieu que nous ouvrons : c’est le témoignage du Dieu vivant, la charte du royaume, l’instrument de notre sanctification, la lumière de notre sentier, le glaive de notre combat, le pain de notre vie.
Heureux celui qui, chaque matin, ouvre ces pages comme on entrouvre les portes du ciel !
