« Les croyances ne peuvent jamais exiger le respect. Seuls les hommes y ont droit. Aucune croyance, aucune idée, aucune opinion ne peut exiger de ne pas être débattue, critiquée, caricaturée. »
— Richard Malka, Le Droit d’emmerder Dieu, 2021
I. Une voix du siècle, et non de l’éternité
Ce siècle parle avec assurance. Il proclame sa foi dans la Raison, sa fidélité à la liberté, et sa méfiance à l’égard de toute transcendance. Il veut faire taire les dogmes, mais il ignore qu’il en professe de nouveaux. L’auteur de la citation ci-dessus se veut le héraut de la liberté humaine, mais il élève au rang de loi universelle une opinion contingente, née dans les forges de l’individualisme moderne.
Et pourtant, qu’est-ce donc qu’une telle déclaration sinon une croyance ? Une doctrine profane, un article de foi laïque, énoncé avec l’absolutisme de celui qui croit porter la lumière ? Ainsi, l’homme moderne nie les dogmes religieux, mais il élève ses idées au rang de principes intangibles. Il rejette les prophètes, mais se fait apôtre de la critique absolue.
II. L’Évangile : lumière sur la vraie dignité
La Parole de Dieu, seule norme infaillible, nous apprend autre chose : ce n’est point en rejetant toute révérence que l’homme grandit, mais en reconnaissant sa dépendance à Dieu. Le Christ n’a point commandé la moquerie, mais la vérité dans la charité. Il n’a point raillé les croyances sincères, mais il a dénoncé l’hypocrisie et proclamé l’Évangile de la grâce avec autorité.
La dignité humaine, selon l’Écriture, ne repose ni sur sa liberté de tout critiquer, ni sur son droit de tout railler, mais sur sa création à l’image de Dieu. Et cette image appelle non seulement au respect des personnes, mais aussi à la reconnaissance que l’homme vit de plus que de pain et de rire : il vit de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.
III. La liberté vraie, et non la licence
Il faut le dire : la liberté d’expression est un bien précieux, mais elle devient tyrannie quand elle méprise la conscience d’autrui. Car il est écrit : « Ne faites pas de cette liberté un prétexte pour vivre selon la chair, mais, par la charité, soyez serviteurs les uns des autres. » (Galates 5.13)
L’homme qui croit pouvoir moquer toutes choses sans discernement est semblable à un enfant qui joue avec l’épée. Il ne connaît ni la portée de ses gestes, ni le cœur de celui qu’il blesse. Il se dit libre, mais il est esclave d’une parole vaine. Or la liberté que donne le Seigneur n’est pas une liberté de tout dire, mais de dire ce qui est vrai, ce qui édifie, ce qui glorifie Dieu.
IV. La critique des croyances ? Oui… mais selon Dieu
Oui, les croyances doivent être examinées, scrutées à la lumière de l’Écriture. L’apôtre Paul ne s’en est jamais abstenu. Il a confronté les idoles, les sophismes et les philosophies du monde. Mais jamais il ne les a tournées en dérision par pur plaisir. Il les a combattues non par la moquerie, mais par la lumière de la révélation, afin que ceux qui errent puissent croire et vivre.
La critique n’est donc pas bannie dans l’Église ; elle y est purifiée. Car le but n’est point d’écraser, mais de conduire à la repentance. La Parole du Seigneur est une épée, mais une épée au service de la vie, non de la destruction gratuite.
V. Conclusion : Ce n’est pas la croyance qu’il faut railler, mais l’orgueil du cœur
Frères et sœurs, que penser de cette parole du siècle ? Elle proclame une vérité partielle, mais elle la dresse comme une idole. Elle veut défendre l’homme, mais elle oublie que l’homme sans Dieu est un être sans fondement. En refusant le respect dû aux croyances, elle expose la société à une fragmentation toujours plus grande. Car là où il n’y a plus de sacré, il ne reste bientôt plus de paix.
C’est pourquoi, nous, enfants de la Réformation, affirmons ceci : le respect n’est pas dû à toutes les idées, mais la charité est due à tous les hommes. Et parmi les croyances, il en est une qui surpasse toutes les autres, non parce qu’elle l’exige de la société, mais parce qu’elle s’est révélée par l’humilité du Fils de Dieu, crucifié pour nos péchés et ressuscité pour notre justification.
« Car la folie de Dieu est plus sage que les hommes, et la faiblesse de Dieu est plus forte que les hommes. » (1 Corinthiens 1.25)
Souvenons-nous donc que la vraie lumière n’est pas celle de la critique pour elle-même, mais celle de l’Évangile, qui éclaire le cœur et le relève. Et prions pour que même ceux qui veulent ridiculiser la foi soient eux-mêmes visités par Celui qui ne rit point de leurs offenses, mais qui tend la main pour les sauver.
Solus Christus. Sola Scriptura. Sola Gratia.
