Frères bien-aimés, lorsque notre Seigneur Jésus-Christ déclare : « Je viendrai comme un voleur », ce n’est point pour nous présenter son retour comme une ombre furtive, mais bien pour réveiller nos cœurs à la vigilance sainte, en face d’un événement souverain qui ne s’inscrit pas dans les calculs de l’homme, mais dans les décrets éternels de Dieu.
Ah ! Que de fois l’homme moderne, pris dans l’enchevêtrement de ses révolutions, de ses progrès et de ses philosophies, s’imagine que l’histoire portera d’elle-même son propre salut ! Il regarde l’avancement des idées comme un escalier qui mène au ciel ; il espère que le royaume viendra comme une conséquence logique de son génie. Mais qu’il se détrompe ! Le Royaume de Dieu ne surgit point de la terre : il descend du ciel. Ce n’est pas le fruit d’une civilisation mûrie, mais l’intervention libre et glorieuse du Christ vivant.
« Je viendrai comme un voleur » : en ces mots, il n’y a ni trahison de sa promesse, ni ruse nocturne, mais un avertissement solennel. Car si les puissants de ce monde veillent sur leurs palais, s’ils construisent des empires, s’ils manipulent les peuples dans l’oubli du Très-Haut, ils ne verront pas venir Celui qui, dans l’éclat de sa gloire, paraîtra soudain comme l’éclair qui jaillit d’un bout du ciel à l’autre.
Et pourtant, ce retour soudain n’est pas étranger à l’histoire ; il en est l’accomplissement. Le Royaume avance, mes frères, oui, il avance ! Dans le silence des cœurs transformés, dans la semence cachée de l’Évangile, dans les douleurs du témoignage fidèle et dans la prière des saints, le Christ règne dès maintenant. Son sceptre est invisible, mais réel. Sa couronne est moquée, mais glorieuse. Il conduit l’histoire non selon le rythme des puissances terrestres, mais selon le plan éternel du Père.
Voyez ! La terre gémit, l’Église lutte, les âmes soupirent, et l’Évangile chemine, porté souvent par les faibles, les persécutés, les oubliés du siècle. Et lorsque l’heure fixée par Dieu sonnera — non dans les journaux, non dans les oracles du monde, mais dans les cieux — alors, oui, alors, le Christ paraîtra, et tout œil le verra.
Ce n’est donc ni dans l’attente passive, ni dans l’illusion d’une victoire humaine, que le croyant doit se tenir. Non ! C’est dans l’action vigilante, dans la fidélité à l’œuvre présente et dans l’espérance du monde à venir. Le serviteur du Christ est comme le guetteur sur les remparts : il veille, il avertit, il travaille, et son cœur soupire : Viens, Seigneur Jésus !
Ne nous trompons point, mes frères : le retour du Seigneur ne sera pas le fruit de nos efforts, mais la réponse souveraine à la fidélité de son Église, la révélation de ce qui a été préparé dès avant la fondation du monde. Il viendra. Non pas quand les hommes l’auront prévu, mais quand le Père l’aura ordonné. Il viendra. Non pas comme un développement logique de l’histoire, mais comme l’aboutissement surnaturel de la Providence. Il viendra. Non pour s’ajouter à ce monde, mais pour le juger, le purifier, le renouveler.
Et nous, enfants de la lumière, ne soyons pas surpris comme ceux de la nuit. Que nos lampes soient allumées, que notre foi soit vive, que notre amour soit ardent. Car il viendra, comme un voleur pour le monde, mais comme l’Époux attendu pour son Église.
Amen. Viens, Seigneur Jésus.
