Il est un événement que le monde ignore, que les sages de la terre méprisent, et que les enfants de Dieu contemplent avec des larmes de joie mêlées d’une crainte révérencielle : le retour glorieux de Jésus-Christ. Ce retour, annoncé par les prophètes, proclamé par les anges, scellé dans le Symbole des Apôtres – « Il reviendra de là pour juger les vivants et les morts » – est l’un des fondements les plus sublimes de la foi chrétienne.
Le Seigneur lui-même, à la veille de sa passion, dans cette douce chambre haute où il lava les pieds de ses disciples et versa son cœur dans un dernier discours d’amour, leur dit ces paroles : « Que votre cœur ne se trouble point. […] Je reviendrai, et je vous prendrai avec moi, afin que là où je suis, vous y soyez aussi » (Jean 14.1-3). Quelle promesse ! Mais à quelle réalité renvoie-t-elle ?
Les Écritures ne nous annoncent point un enlèvement invisible, un retrait furtif des croyants laissant le monde dans l’ombre et le trouble. Non ! Ce que nous attendons, ce que nous confessons dans le sein de l’Église une, sainte, universelle et apostolique, c’est l’apparition éclatante du Fils de Dieu en gloire, précédée de la résurrection des morts, suivie du jugement de tous les hommes et de l’établissement éternel de la justice.
L’apôtre Paul, dans cette page solennelle de sa lettre aux Thessaloniciens, ne dit pas que les croyants s’évanouiront dans le silence : « Le Seigneur lui-même, à un signal donné, à la voix d’un archange, et au son de la trompette de Dieu, descendra du ciel » (1 Thessaloniciens 4.16). Ce n’est point dans un secret obscur, mais dans la clarté du tonnerre divin, que Jésus reparaîtra. Il viendra non pour enlever les siens avant le mal, mais pour juger le monde dans la justice, pour mettre fin à l’histoire, pour essuyer toute larme et renouveler toutes choses (Apocalypse 21.5).
Oui, Il reviendra. Non comme un Maître pour un cercle restreint, mais comme le Juge des vivants et des morts, comme le Roi des rois venant régner sans partage, et rendre à chacun selon ses œuvres. L’espérance chrétienne n’est pas une fuite ; elle est un ancrage dans la certitude que l’histoire aura une fin, et que cette fin sera Christ glorifié, assis sur son trône, toutes nations à ses pieds.
En cette attente, le croyant marche en pèlerin. Il vit dans ce monde sans y appartenir, non parce qu’il dédaigne la création, mais parce qu’il aspire à la nouvelle Jérusalem, la cité préparée par Dieu pour ceux qui l’aiment. Et dans ce chemin, il n’attend pas passivement, mais il veille, il travaille, il annonce l’Évangile, car il sait que chaque jour est une grâce, chaque âme une moisson, et chaque instant un prélude possible au retour du Seigneur.
Chrétiens, n’ayez crainte. Le monde chancelle, les nations s’agitent, l’iniquité prolifère, et les moqueries contre la foi abondent. Mais « Celui qui doit venir viendra, et il ne tardera pas » (Hébreux 10.37). Que notre cœur soit ferme, non dans l’attente d’un enlèvement soudain, mais dans la contemplation du triomphe du Christ.
Et lorsqu’il viendra, que l’on puisse dire de nous ce que l’Écriture promet : « Voici, la demeure de Dieu est avec les hommes » (Apocalypse 21.3). Alors, la foi cèdera la place à la vue, l’espérance se changera en gloire, et l’Église, enfin réunie, chantera éternellement :
« Maranatha : Viens, Seigneur Jésus ! »
