Résumé du livre des Actes des Apôtres

Introduction : la mission confiée aux Apôtres

Après que le Rédempteur eut souffert et fût ressuscité, la lumière divine ne tarda point à poindre sur ceux qu’il avait choisis pour porter Son nom jusqu’aux extrémités de la terre. L’Évangéliste, fidèle serviteur du Très-Haut, ouvre ici le second volume de son témoignage, consacré non plus à l’œuvre terrestre du Fils de l’Homme, mais aux glorieux commencements de Son Église militante.

Durant quarante jours après Sa résurrection, le Seigneur Jésus apparut à Ses disciples, leur confirmant par des preuves nombreuses la réalité de Sa vie triomphante sur la mort. Il leur parla du Royaume de Dieu, non comme d’un royaume de ce monde, mais comme d’un règne spirituel, dont les fondements reposeraient non sur les armes, mais sur la puissance du Saint-Esprit.

Avant de s’élever dans la gloire, Il leur donna une sainte promesse : celle de recevoir bientôt une force d’en-haut. « Vous recevrez une puissance », leur dit-Il, « et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. » Ainsi fut confiée à des hommes simples la plus haute mission jamais dévolue à des mortels.

Puis, sous leurs regards étonnés et émus, Il fut élevé, et une nuée Le déroba à leurs yeux. Deux messagers célestes, resplendissants de sainteté, leur annoncèrent que ce même Jésus reviendrait un jour, de la même manière qu’Il était monté.

Obéissant à leur Maître, les apôtres retournèrent à Jérusalem, où, dans une haute chambre, ils persévérèrent unanimement dans la prière, unis dans une fraternité spirituelle où les femmes, la mère du Seigneur, et Ses frères eux-mêmes, étaient présents. Ainsi, dans le silence et la supplication, l’Église naissante attendait la promesse du Père.

Pierre, dont la foi avait vacillé mais qui maintenant se relevait, se leva au milieu des frères pour rappeler l’Écriture et désigner un successeur à Judas, ce fils de perdition, pour que le nombre des témoins soit complet. Deux hommes furent présentés, et l’on s’en remit à la divine providence pour que le Seigneur Lui-même choisît. Le sort tomba sur Matthias, qui fut ainsi adjoint aux onze.

Ainsi s’acheva le prélude de la Pentecôte, et le monde, encore plongé dans les ténèbres de l’idolâtrie, ignorait que déjà, dans le secret de cette chambre haute, l’aurore d’une ère nouvelle se levait.

Partie I : L’Église de Jérusalem et la naissance de la communauté chrétienne

La scène s’ouvre sur une chambre haute, silencieuse mais habitée par l’espérance. Le jour de la Pentecôte, ce temps fixé par le conseil éternel, arriva comme un sceau céleste posé sur la promesse du Père. Alors, soudain, le ciel s’ouvrit. Un bruit, semblable à celui d’un vent impétueux, emplit la maison. Des langues comme de feu, signes visibles de l’Esprit de sainteté, se posèrent sur chacun d’eux. Ainsi l’Esprit descendit, non pour un seul, mais pour tous : le don de Dieu fut répandu en plénitude sur l’assemblée, accomplissant la parole du prophète Joël.

Les disciples, jusque-là timides et craintifs, furent soudain remplis d’une puissance divine. Ils se mirent à parler en diverses langues, signe que l’Évangile était destiné à toutes les nations, et que désormais aucune barrière ne séparerait les peuples devant la croix.

À Jérusalem, les Juifs pieux venus de toutes les régions du monde furent saisis d’étonnement. Chaque homme entendait les merveilles de Dieu dans sa propre langue. Certains, confondus, interrogeaient ; d’autres, moqueurs, disaient : « Ils sont pleins de vin doux. » Alors Pierre, le pêcheur devenu apôtre, se leva, et avec une sainte assurance, proclama le Christ crucifié et ressuscité. Il démontra, par les Écritures, que Jésus de Nazareth est le Messie attendu, et que Dieu L’a fait Seigneur et Christ.

Ce discours, inspiré du ciel, transperça les cœurs. Trois mille âmes furent touchées, et ce jour-là, l’Église visible prit naissance. Elle ne fut point fondée par l’épée, mais par la Parole et par l’Esprit ; non dans la puissance du monde, mais dans la faiblesse sanctifiée des témoins.

Les croyants persévéraient dans l’enseignement des apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain et dans les prières. Une sainte simplicité animait leur vie : ils avaient tout en commun, et la grâce abondait sur chacun. Le Seigneur Lui-même ajoutait chaque jour à l’Église ceux qu’Il sauvait.

Mais déjà l’adversité se levait. Pierre et Jean, montant au temple, guérirent un boiteux au nom de Jésus-Christ. L’homme, guéri dans son corps et dans son âme, louait Dieu à la vue de tous. Cette œuvre de miséricorde devint un témoignage vivant, attirant les foules et provoquant l’ire des chefs religieux. Ces derniers firent arrêter les apôtres, mais ne purent contester l’évidence du miracle. La parole du salut avait déjà retenti trop fort.

Devant le sanhédrin, Pierre, rempli du Saint-Esprit, proclama que Jésus est la pierre rejetée par les bâtisseurs, devenue la principale de l’angle, et qu’il n’y a de salut en aucun autre. L’autorité terrestre fut confondue, et les apôtres furent relâchés, non sans avoir été menacés. Mais loin d’être intimidés, ils élevèrent la voix à Dieu, implorant hardiesse pour annoncer l’Évangile. Une fois encore, le lieu où ils étaient réunis trembla, et tous furent remplis de l’Esprit.

La communauté croissait, mais non sans que l’épreuve révélât la nécessité de la pureté. Un couple, Ananias et Saphira, tenta de mentir à Dieu sous une apparence de piété. Leur châtiment, soudain et solennel, frappa toute l’Église de sainte crainte. Ainsi le Seigneur veillait jalousement sur la sainteté de Son peuple.

Les signes et les prodiges continuaient par les mains des apôtres, et les malades étaient guéris, les démoniaques délivrés. L’hostilité des autorités s’accrut, et les apôtres furent de nouveau arrêtés. Mais un ange du Seigneur ouvrit les portes de la prison, et les envoya prêcher à nouveau dans le temple. Conduits de force devant le sanhédrin, ils affirmèrent : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. » Gamaliel, docteur respecté, intervint avec sagesse, préservant les apôtres d’une condamnation immédiate.

La parole de Dieu croissait, malgré les résistances du monde. Lorsque les murmures surgirent au sein de l’Église, les apôtres, discernant les besoins croissants, instituèrent les diacres, hommes pleins de foi et d’Esprit-Saint, pour veiller aux nécessités matérielles. Ainsi, le ministère de la Parole n’en fut point détourné. Et le texte sacré conclut avec majesté : « La parole de Dieu se répandait, le nombre des disciples augmentait beaucoup à Jérusalem, et une grande foule de sacrificateurs obéissait à la foi. »

Ainsi, au milieu des dangers extérieurs et des défis intérieurs, l’Église naissante avançait sous la conduite souveraine du Seigneur ressuscité. Le Royaume de Dieu, déjà présent dans le cœur des croyants, commençait à s’étendre — non par force humaine, mais par la Parole vivante et efficace, et par l’action de l’Esprit éternel.

Partie II : L’extension du message hors de Jérusalem

Tandis que la Parole de Dieu croissait et que l’Église s’organisait dans l’unité et la sainteté, le Seigneur permit que se levât un premier témoin appelé à sceller sa foi du sceau du sang. Étienne, diacre plein de foi et de puissance, manifestait par des signes éclatants l’œuvre de l’Esprit. Sa sagesse céleste confondait les docteurs de la Loi. Ne pouvant résister à la vérité, ses adversaires recoururent à la violence du mensonge : ils suscitèrent de faux témoins, comme on l’avait fait contre le Maître, et l’accusèrent de blasphémer contre la Loi et le Temple.

Conduit devant le sanhédrin, Étienne ne se défendit point en cherchant sa propre justice. Son visage, resplendissant comme celui d’un ange, trahissait la présence de Dieu. Il s’éleva dans un discours d’une majesté toute biblique, retraçant l’histoire sainte, montrant comment, de génération en génération, le peuple avait résisté au Saint-Esprit. D’Abraham à Moïse, des patriarches aux prophètes, il démontra que leur cœur était incirconcis, et qu’ils avaient livré le Juste, le Messie, comme leurs pères avaient persécuté les envoyés de Dieu.

À cette parole vivante, les cœurs s’endurcirent. Le sanhédrin gronda de rage. Mais Étienne, rempli du Saint-Esprit, leva les yeux au ciel, et vit la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite du Père. À cette vision, les chefs religieux, saisis d’une fureur insensée, l’entraînèrent hors de la ville et le lapidèrent. Étienne, tombant à genoux, pria pour ses bourreaux : « Seigneur, ne leur impute point ce péché. » Ainsi mourut le premier martyr de l’Église, image vivante de Christ en sa passion, et prémices d’une longue lignée de témoins fidèles.

Un jeune homme, nommé Saul, approuva cette mise à mort. Et dès lors, une grande persécution s’abattit sur l’Église de Jérusalem. Mais Dieu, dans sa sagesse souveraine, transforma cette épreuve en semence de vie. Les disciples dispersés portèrent l’Évangile dans les campagnes de Judée et en Samarie, accomplissant ainsi la parole du Seigneur : « Vous serez mes témoins… jusqu’aux extrémités de la terre. »

Philippe, un autre des sept diacres, descendit en Samarie. Là, il prêcha le Christ avec puissance. Des multitudes crurent et furent baptisées, et les démons, confondus, furent chassés. La joie inonda la cité. Mais Dieu veillait aussi à purifier cette œuvre naissante : un homme nommé Simon, qui exerçait la magie, voulut acheter le don de l’Esprit. Pierre, accouru de Jérusalem avec Jean, le reprit avec une autorité redoutable : « Que ton argent périsse avec toi ! » Car le don de Dieu ne s’achète point, et l’amertume cachée dans le cœur de Simon fut dévoilée par l’Esprit.

Et tandis que les apôtres retournaient à Jérusalem, annonçant la bonne nouvelle dans les villages des Samaritains, l’ange du Seigneur parla à Philippe et l’envoya sur le chemin désert qui va de Jérusalem à Gaza. Là, dans le silence brûlant du midi, un haut fonctionnaire éthiopien, serviteur de la reine Candace, lisait le prophète Ésaïe sans comprendre. Philippe, conduit par l’Esprit, s’approcha et, à partir de ce passage annonçant le Serviteur souffrant, lui annonça Jésus.

Le cœur de l’eunuque fut touché. Ils trouvèrent de l’eau, et il demanda le baptême. Une fois plongé dans l’eau, il remonta, rempli de joie, tandis que Philippe fut enlevé par l’Esprit pour se retrouver à Azot. Il poursuivit sa course évangélique, annonçant la Parole dans toutes les villes jusqu’à Césarée.

Ainsi, sous la persécution, l’Église ne faiblit point, mais elle s’étendit, par la puissance du Saint-Esprit, et selon le dessein éternel de Dieu. Le sang du témoin devint semence de foi, et l’Évangile, qui avait été prêché à Jérusalem, gagnait désormais les peuples lointains, prémices d’une conquête qui embrasserait les nations.

Partie III : La conversion de Paul et l’universalisation de la mission

Saül, cet homme au zèle ardent, croyant servir Dieu en combattant les disciples du Nazaréen, poursuivait avec acharnement l’œuvre de destruction. Muni de lettres d’autorisation des grands prêtres, il se rendait à Damas, le cœur animé par une justice charnelle, ignorant qu’il marchait à la rencontre de Celui qu’il persécutait. Mais il est un moment où la grâce arrête l’homme dans sa course, où le Seigneur se révèle non dans la douceur d’un enseignement progressif, mais dans l’éclat d’une lumière irrésistible.

Sur le chemin, une lumière éclatante enveloppa Saül. Il tomba à terre, frappé d’aveuglement, et une voix céleste lui parla : « Saül, Saül, pourquoi me persécutes-tu ? » — « Qui es-tu, Seigneur ? » — « Je suis Jésus que tu persécutes. » En un instant, toute son assurance pharisaïque s’écroula, et l’ennemi devint un vase d’élection. Mené à Damas, aveugle, il jeûna et pria. Et dans ce silence intérieur, Dieu parlait.

Ananias, disciple pieux et craintif, fut envoyé par le Seigneur. Par son obéissance tremblante, Saül recouvra la vue, reçut le baptême, et fut rempli du Saint-Esprit. Aussitôt, il prêcha Jésus dans les synagogues, confondant ceux qui l’avaient vu persécuteur. Mais ce changement, qui confondait l’homme, ne confondait pas Dieu. Car le chemin de la foi passe par la souffrance. On conspira contre lui. Il dut fuir Damas dans une corbeille, la nuit, image de cette faiblesse que Dieu utilise pour triompher du monde.

À Jérusalem, les disciples craignaient encore cet homme qu’ils avaient connu comme oppresseur. Mais Barnabas, homme de paix et d’encouragement, l’introduisit auprès des apôtres, attestant de sa conversion. Cependant, les querelles renaissaient, et les autorités religieuses conspiraient de nouveau. Ainsi fut-il conduit à Tarse, sa ville natale, pour un temps de préparation.

Pendant ce temps, l’Église croissait. Pierre, apôtre des apôtres, visita les saints. À Lydde, il guérit un paralytique nommé Énée ; à Joppé, il ressuscita Tabitha, appelée aussi Dorcas, femme pleine de bonnes œuvres. Ces miracles ne furent point des fins en soi, mais des signes confirmant la parole de Dieu, et beaucoup crurent.

C’est alors que le Seigneur voulut briser les murs de séparation entre Juifs et Gentils. À Césarée, vivait un centenier romain, Corneille, homme pieux et craignant Dieu. Un ange lui apparut, et lui commanda d’envoyer chercher Pierre. Ce même Pierre, à Joppé, reçut une vision : une nappe descendait du ciel, remplie d’animaux impurs. Trois fois la voix divine lui dit : « Ce que Dieu a purifié, ne le regarde pas comme souillé. » Ainsi fut préparé le cœur de l’apôtre à la nouvelle étape du dessein de Dieu.

Chez Corneille, Pierre prêcha le Christ. Et voici que, avant même le baptême, l’Esprit-Saint descendit sur les païens assemblés, comme à la Pentecôte. Étonné mais obéissant, Pierre les fit baptiser. Il comprit que Dieu ne fait point acception de personnes, mais qu’en toute nation, celui qui Le craint Lui est agréable.

De retour à Jérusalem, il dut s’expliquer. Mais en entendant son récit, les fidèles glorifièrent Dieu, disant : « Dieu a donc accordé la repentance aussi aux païens ! » Ainsi la muraille était tombée : l’Évangile s’élargissait vers les nations.

À Antioche, des disciples de Chypre et de Cyrène annoncèrent la parole aux Grecs, et une grande multitude crut. Barnabas fut envoyé par l’Église de Jérusalem ; voyant la grâce de Dieu, il se réjouit, puis alla chercher Saul à Tarse. Pendant un an, ils enseignèrent ensemble. Ce fut à Antioche que, pour la première fois, les disciples furent appelés chrétiens, nom glorieux qui marquait leur identité nouvelle en Christ.

Mais la foi devait encore être éprouvée. En ces jours-là, un prophète nommé Agabus annonça une grande famine. L’Église d’Antioche, animée d’un amour pratique, décida d’envoyer un secours aux frères de Judée, manifestant ainsi la solidarité du corps du Christ.

Une nouvelle tempête se leva. Hérode Agrippa, pour plaire aux Juifs, fit mourir Jacques, frère de Jean, d’un coup d’épée. Il fit aussi arrêter Pierre. Mais l’Église priait avec ferveur. Et dans la nuit, un ange du Seigneur entra dans la prison, et brisa les chaînes. Pierre, délivré, se rendit à la maison de Marie, où les fidèles étaient en prière. Ils n’en crurent d’abord pas leurs oreilles, mais Dieu avait de nouveau manifesté Sa fidélité.

Quant à Hérode, revêtu de son manteau royal, il reçut l’adoration du peuple, qui disait : « C’est la voix d’un dieu, et non d’un homme ! » Aussitôt, un ange du Seigneur le frappa : rongé de vers, il expira. Car Dieu ne partage point Sa gloire.

Et la Parole de Dieu croissait et se répandait. Barnabas et Saul, ayant accompli leur ministère de secours, retournèrent d’Antioche à Jérusalem, emmenant avec eux Jean surnommé Marc.


L’Église, bien qu’opprimée par les rois de la terre et les chefs religieux, avançait invincible, portée par l’Esprit-Saint et par le sang des martyrs. Le Royaume de Dieu s’édifiait non dans la puissance humaine, mais dans l’humilité, la prière, et la fidélité.

Partie IV : Les voyages missionnaires de Paul

Premier voyage missionnaire

Tandis que l’Église d’Antioche, rassemblée dans la prière et le jeûne, attendait de Dieu la direction pour l’œuvre du Royaume, le Saint-Esprit parla avec clarté et autorité : « Mettez-moi à part Barnabas et Saul pour l’œuvre à laquelle je les ai appelés. » Ce n’était point là une initiative humaine, ni un plan de conquête terrestre : c’était le dessein du Dieu vivant, appelant Ses serviteurs à porter la lumière là où règne encore l’ombre de la mort.

Ainsi, après l’imposition des mains, les deux apôtres partirent, accompagnés de Jean surnommé Marc, et descendirent à Séleucie, puis s’embarquèrent pour Chypre. À Salamine, ils proclamèrent la Parole de Dieu dans les synagogues, selon l’ordre établi, car le salut vient des Juifs, et c’est à eux que le message devait d’abord être adressé.

À Paphos, ils rencontrèrent Élymas le magicien, faux prophète et homme corrompu, qui cherchait à détourner le proconsul Sergius Paulus de la foi. Alors Saul, désormais appelé Paul — nom nouveau pour une mission nouvelle —, rempli du Saint-Esprit, le dénonça avec une autorité prophétique : « Homme plein de toute fraude… ne cesseras-tu point de pervertir les voies droites du Seigneur ? » Élymas fut frappé de cécité, image extérieure de sa nuit intérieure. Le proconsul, voyant ce prodige et entendant la doctrine, crut, frappé non par la puissance seule, mais par l’enseignement du Seigneur.

De là, ils s’embarquèrent pour Perge en Pamphylie. Jean-Marc, ne pouvant porter le poids du labeur apostolique, se retira à Jérusalem. Mais Paul et Barnabas, inébranlables, montèrent à Antioche de Pisidie. Dans la synagogue, après la lecture de la Loi et des Prophètes, Paul se leva, et, dans un discours vibrant, retraça l’histoire du peuple élu, depuis l’Égypte jusqu’à David, puis annonça Jésus comme le Fils promis, mort et ressuscité, rejeté par ceux qui habitaient Jérusalem, mais exalté par Dieu.

Ce message frappa les cœurs. Les Gentils, assoiffés de vérité, demandèrent à l’entendre encore. Le sabbat suivant, presque toute la ville se rassembla. Mais les Juifs, jaloux, blasphémèrent. Alors Paul, dans une parole solennelle, déclara : « Puisque vous rejetez la Parole… nous nous tournons vers les païens. » Et il cita Ésaïe : « Je t’ai établi pour être la lumière des nations. »

Les païens se réjouissaient, et beaucoup crurent. Mais les chefs juifs excitèrent la ville, et les apôtres furent chassés. Secouant la poussière de leurs pieds, ils partirent pour Icone, remplis de joie et du Saint-Esprit.

À Icone, la Parole fut proclamée avec puissance, et de nombreux Juifs et Grecs crurent. Mais une division surgit, et la persécution s’intensifia. Fuyant la violence, ils gagnèrent Lystre et Derbé. Là, à Lystre, un homme impotent de naissance fut guéri par la foi, et le peuple païen, ignorant, crut voir des dieux descendus parmi eux. Ils appelèrent Barnabas « Jupiter », et Paul « Mercure », voulant leur offrir des sacrifices. Les apôtres déchirèrent leurs vêtements et crièrent : « Nous sommes aussi des hommes, sujets aux mêmes infirmités. » Ils appelèrent les foules à se détourner des idoles pour se tourner vers le Dieu vivant, créateur du ciel et de la terre.

Mais bientôt, des Juifs venus d’Antioche et d’Icone retournèrent la foule contre eux. Paul fut lapidé, traîné hors de la ville, laissé pour mort. Mais Dieu, fidèle à son serviteur, le releva. Le lendemain, ils continuèrent leur course vers Derbé.

Là encore, ils annoncèrent l’Évangile, et firent de nombreux disciples. Puis, avec un courage que seule la grâce peut inspirer, ils retournèrent dans les villes mêmes où ils avaient été persécutés : Lystre, Icone, Antioche. Là, ils affermirent les disciples, les exhortant à persévérer dans la foi, disant : « Il nous faut passer par beaucoup de tribulations pour entrer dans le Royaume de Dieu. » Ils établirent des anciens dans chaque Église, avec prières et jeûnes, les remettant au Seigneur.

Puis, traversant la Pisidie et la Pamphylie, ils annoncèrent encore la Parole à Perge, descendirent à Attalie, et de là, reprirent la mer vers Antioche, leur point de départ.

Arrivés, ils convoquèrent l’Église, et racontèrent tout ce que Dieu avait fait avec eux, et comment Il avait ouvert aux nations la porte de la foi. Ainsi s’acheva ce premier grand voyage missionnaire, non dans la gloire humaine, mais dans le témoignage rendu à l’œuvre divine.


Le Royaume de Dieu avançait, non par la sagesse des philosophes ni la force des empires, mais par la folie de la prédication et le sang des témoins. L’Église, encore fragile à vue humaine, était portée par une main invisible et souveraine. La Parole, semée dans les larmes, portait déjà les prémices d’une moisson universelle.

Concile de Jérusalem : la question de la Loi

À mesure que l’Évangile franchissait les frontières d’Israël pour pénétrer les contrées païennes, une question cruciale se fit jour dans l’Église primitive : l’homme est-il sauvé par la grâce seule, ou faut-il encore l’assujettir au joug de la Loi mosaïque ? À Antioche, où s’était ouvertement manifestée la grâce souveraine de Dieu envers les nations, certains, venus de Judée sans mandat apostolique, enseignaient que nul ne pouvait être sauvé sans la circoncision selon l’institution de Moïse.

Ce ne fut pas une légère dissension, mais une controverse profonde. Car il ne s’agissait point d’un détail rituel, mais du cœur même de l’Évangile. Paul et Barnabas, qui avaient vu la foi fleurir chez les Gentils sans les œuvres de la Loi, résistèrent avec fermeté. Toutefois, afin que l’unité de l’Église fût conservée et que la vérité fût confirmée non dans l’esprit de révolte, mais dans la paix apostolique, on résolut d’envoyer à Jérusalem une délégation.

Ce fut le premier grand concile de l’Église, non convoqué par un pouvoir terrestre, mais suscité par la divine sagesse pour défendre l’intégrité de la foi. À Jérusalem, les apôtres et les anciens se réunirent. Il y eut beaucoup de débats, car les croyants issus du pharisaïsme voulaient imposer la circoncision. Mais l’Esprit de Dieu présida cette sainte assemblée.

Pierre, se levant, rappela ce que Dieu avait fait par lui-même chez Corneille : que le Saint-Esprit était descendu sur les païens, comme sur les Juifs, sans autre condition que la foi. « Pourquoi tenter Dieu », dit-il, « en imposant un joug que ni nos pères ni nous n’avons pu porter ? Mais c’est par la grâce du Seigneur Jésus que nous croyons être sauvés, de la même manière qu’eux. » Ainsi l’apôtre des circoncis reconnaissait, dans l’œuvre de Dieu chez les Gentils, la confirmation de l’unique salut en Christ.

Puis Paul et Barnabas prirent la parole, relatant les miracles et les merveilles que Dieu avait opérés parmi les nations. Non pas pour s’en glorifier, mais pour attester que l’œuvre du salut était à l’œuvre là aussi, sans le secours de la Loi.

Alors Jacques, frère du Seigneur, pasteur de Jérusalem, prit la parole avec sagesse. Il montra, par les Écritures, que Dieu avait promis d’appeler les nations à Son nom. Il proposa que l’on ne trouble pas ceux des nations qui se tournent vers Dieu, mais qu’on leur prescrive seulement de s’abstenir des souillures des idoles, de l’impudicité, des viandes étouffées et du sang. Ainsi, l’on n’imposait pas la Loi, mais l’on conservait les principes de sainteté et de communion dans l’amour.

Cette décision, née d’un débat mais affermie par l’Esprit, fut consignée par écrit. Judas, surnommé Barsabbas, et Silas furent envoyés avec Paul et Barnabas porter cette lettre aux frères d’Antioche. Et la lettre, loin de provoquer le trouble, répandit la consolation. Les croyants s’en réjouirent. Judas et Silas, prophètes eux-mêmes, fortifièrent les disciples par plusieurs paroles. Puis, après avoir passé un temps auprès d’eux, ils retournèrent à Jérusalem en paix.

Ainsi, une grande controverse, qui aurait pu diviser l’Église en deux peuples, fut résolue dans la communion et sous la direction de l’Esprit-Saint. Le salut par la grâce seule fut confirmé, et l’Évangile pur, affranchi des œuvres de la Loi, put continuer sa course dans le monde païen.


Ce concile apostolique ne fut point une victoire d’hommes habiles, mais le témoignage de la fidélité de Dieu, qui veille sur Sa vérité et sur l’unité de Ses enfants. L’Évangile en sortit purifié et affermi, et les nations purent désormais, sans crainte ni fardeau, entrer dans l’héritage de la foi.

Deuxième voyage missionnaire

Après avoir vu la paix affermie à Antioche par la sagesse de l’Esprit et le jugement apostolique, Paul sentit en lui l’appel du Seigneur à retourner vers les Églises qu’il avait fondées au prix de tant de labeurs. « Retournons », dit-il à Barnabas, « et visitons les frères… » Mais une dissension, douloureuse quoique permise de Dieu, surgit entre les deux compagnons d’armes : Barnabas voulait reprendre Jean surnommé Marc, que Paul jugeait trop faible, ayant abandonné l’œuvre en Pamphylie. Ce différend les sépara. Barnabas partit avec Marc pour Chypre ; Paul, choisi de Dieu pour les nations, s’attacha à Silas, et commença ainsi son second voyage missionnaire.

Par la Lycaonie et la Phrygie, Paul repassa, fortifiant les disciples. À Lystre, il trouva un jeune homme d’un cœur pur : Timothée, fils d’une femme juive croyante et d’un père grec. Il l’adjoignit à son œuvre, comme un fils spirituel.

Mais l’Esprit de Dieu, maître absolu de la mission, les empêcha d’annoncer la Parole en Asie et en Bithynie. Ce n’était point l’homme qui conduisait l’Évangile, mais Dieu Lui-même. À Troas, Paul eut une vision : un homme de Macédoine lui apparut, disant : « Viens en Macédoine, secours-nous. » Ainsi l’Évangile, né en Orient, passa en Europe. Une étape providentielle venait d’être franchie dans l’histoire du salut.

À Philippes, première ville de Macédoine, le sabbat les mena vers une rivière où des femmes se rassemblaient. Là, Dieu ouvrit le cœur d’une marchande nommée Lydie. Elle fut baptisée, elle et sa maison. Mais bientôt, une servante possédée d’un esprit de divination, source de gain pour ses maîtres, suivit les apôtres en criant. Paul, après plusieurs jours, se retourna, et, au nom de Jésus-Christ, ordonna à l’esprit impur de sortir. Ce fut le commencement d’une tempête.

Les maîtres de la servante, voyant s’évanouir leur espoir de profit, livrèrent Paul et Silas aux magistrats. Ils furent battus de verges et jetés dans la prison intérieure. Mais à minuit, au lieu de murmurer, ils chantaient des hymnes à Dieu. Alors la terre trembla, les chaînes tombèrent, les portes s’ouvrirent. Le geôlier, réveillé par le tumulte, voulut se donner la mort. Paul s’écria : « Ne te fais point de mal ! » Saisi de crainte, le geôlier s’écria : « Que faut-il que je fasse pour être sauvé ? » — « Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé, toi et ta famille. » Ce fut là une moisson soudaine et glorieuse. Le lendemain, les magistrats voulurent les relâcher secrètement. Mais Paul, citoyen romain, réclama justice : ils durent les libérer publiquement.

De Philippes, ils passèrent à Thessalonique, où, durant trois sabbats, Paul démontra que le Christ devait souffrir et ressusciter, et que Jésus est ce Christ. Quelques Juifs crurent, ainsi qu’une grande multitude de Grecs. Mais les chefs religieux, jaloux, ameutèrent la populace. La maison de Jason fut prise d’assaut. Paul dut fuir vers Bérée.

À Bérée, les Juifs étaient plus nobles : ils examinaient les Écritures chaque jour. Beaucoup crurent. Mais les persécuteurs de Thessalonique les poursuivirent même là. Paul fut alors conduit jusqu’à Athènes, cité des sages et des idoles. Là, son esprit s’irrita en voyant une ville pleine d’idoles. Il disputa avec les Juifs, et avec les philosophes épicuriens et stoïciens. Invité à l’Aréopage, il prononça un discours solennel, partant de l’autel au « dieu inconnu » pour annoncer le Dieu vivant, Créateur du ciel et de la terre, appelant tous les hommes à la repentance, car Il a fixé un jour où Il jugera le monde par l’homme qu’Il a ressuscité.

Certains se moquèrent. D’autres dirent : « Nous t’entendrons une autre fois. » Quelques-uns, toutefois, crurent, parmi eux Denys l’Aréopagite et une femme nommée Damaris.

Paul quitta Athènes pour Corinthe, cité corrompue mais choisie de Dieu. Là, il demeura chez Aquilas et Priscille, juifs récemment venus d’Italie. Il prêchait chaque sabbat dans la synagogue. Mais les Juifs s’opposèrent avec violence. Paul secoua ses vêtements : « Que votre sang soit sur vos têtes ! Je vais vers les païens. » Et à Corinthe, Dieu lui dit en vision : « Ne crains point… J’ai un peuple nombreux dans cette ville. » Il y demeura un an et six mois, enseignant la Parole. Même l’hostilité du proconsul Gallion ne put arrêter l’œuvre.

Après cela, il prit congé des frères, se fit couper les cheveux à Cenchrées à cause d’un vœu, et s’embarqua pour la Syrie, accompagné de Priscille et Aquilas. À Éphèse, il disputa dans la synagogue ; les Juifs le retinrent, mais il partit, promettant de revenir, si Dieu le permettait. De là, il arriva à Césarée, salua l’Église, et descendit à Antioche, là où tout avait commencé.


Ce voyage fut non seulement un parcours géographique, mais une conquête spirituelle. L’Évangile avançait de ville en ville, dans les larmes, les chaînes, les controverses, mais aussi dans les conversions et les miracles. Ce n’était point l’œuvre des hommes, mais celle du Dieu vivant qui, dans l’obéissance des faibles, manifestait la puissance de Son règne.

Troisième voyage missionnaire

Après un court séjour à Antioche, cette Église-mère des missions, Paul, le vaillant apôtre des nations, repartit pour un troisième voyage, mû par l’Esprit du Christ et le zèle pour les âmes. Il traversa de nouveau la Galatie et la Phrygie, fortifiant tous les disciples, semant la Parole comme un laboureur infatigable, et affermissant la foi des Églises plantées dans l’épreuve.

Or, en ces jours-là, à Éphèse, Dieu préparait un autre instrument. Un Juif nommé Apollos, originaire d’Alexandrie, homme éloquent et puissant dans les Écritures, prêchait avec ferveur, connaissant seulement le baptême de Jean. Priscille et Aquilas, humbles artisans mais docteurs dans la vérité, le prirent à part, et lui exposèrent plus exactement la voie de Dieu. Ainsi, dans la communion des saints, la lumière se fit plus complète. Apollos partit pour Achaïe, et fut grandement utile aux croyants, réfutant publiquement les Juifs par les Écritures, et démontrant que Jésus est le Christ.

Paul, pendant ce temps, arriva à Éphèse, et trouva là douze disciples qui n’avaient reçu que le baptême de Jean. Il leur dit : « Avez-vous reçu le Saint-Esprit ? » Ils répondirent : « Nous n’avons même pas entendu dire qu’il y ait un Saint-Esprit. » Alors Paul leur annonça Jésus, et après leur baptême au nom du Seigneur, il leur imposa les mains : ils reçurent l’Esprit et prophétisèrent. Ainsi, la pleine lumière du salut descendait sur ceux qui marchaient encore dans l’ombre de l’Ancienne Alliance.

Paul demeura à Éphèse deux années entières, disputant chaque jour dans l’école de Tyrannus. Et la Parole se répandit dans toute l’Asie. Dieu confirmait son message par des miracles extraordinaires : même les linges qu’il touchait guérissaient les malades. Mais certains exorcistes juifs, voulant imiter cette puissance, invoquèrent le nom de Jésus sans le connaître. L’esprit mauvais répondit : « Jésus, je le connais, et Paul, je sais qui c’est ; mais vous, qui êtes-vous ? » L’homme possédé se jeta sur eux et les vainquit. Ainsi, la crainte de Dieu se répandit, et beaucoup confessèrent leurs péchés. Les magiciens brûlèrent publiquement leurs livres, d’un prix considérable. La Parole croissait, victorieuse.

Mais là où Dieu agit, l’adversaire s’éveille. À Éphèse, un orfèvre nommé Démétrius, voyant son commerce d’idoles menacé par l’Évangile, souleva les artisans : « Ce Paul affirme que les dieux faits de main d’homme ne sont pas des dieux. » Une émeute éclata. Le théâtre se remplit de confusion. Les foules crièrent : « Grande est l’Artémis des Éphésiens ! » Paul voulut intervenir, mais les frères l’en empêchèrent. Ce fut un officier païen, le secrétaire de la ville, qui ramena le calme, confessant involontairement la vacuité de l’idolâtrie.

Paul quitta alors Éphèse, traversa la Macédoine, exhortant les Églises avec une tendresse paternelle, puis revint en Grèce. Là, il demeura trois mois. Un complot des Juifs le força à changer d’itinéraire. Il passa par la Macédoine, suivi de compagnons fidèles, venus de divers horizons : Sopater, Aristarchus, Timothée, Tychique… L’œuvre du Seigneur se montrait déjà multinationale, unissant en un seul corps des hommes de toutes langues et de toutes contrées.

À Troas, les disciples se réunirent pour rompre le pain. Paul, prêt à partir, prolongea son discours jusqu’à minuit. Un jeune homme nommé Eutyche, assis sur la fenêtre, s’endormit et tomba du troisième étage. On le releva mort. Mais Paul, l’entourant de ses bras, dit : « Ne vous troublez pas, car son âme est en lui. » Et le jeune homme fut rendu à la vie. Ce miracle confirmait que la Parole prêchée était bien celle du Dieu vivant.

Paul poursuivit jusqu’à Milet, où il convoqua les anciens d’Éphèse. Dans un discours pathétique, il leur rappela son ministère : humilité, larmes, fidélité à l’Évangile de la grâce. Il les avertit : des loups viendront, même du milieu d’eux. Il les confia à Dieu et à la parole de Sa grâce, puis se sépara d’eux dans des pleurs : ils ne devaient plus revoir son visage. Ce fut une scène de sainteté et de douleur, où l’amour chrétien triomphait dans la séparation.

Puis il reprit la route vers Jérusalem, malgré les avertissements prophétiques. À Tyr, les disciples le supplièrent, par l’Esprit, de ne pas monter. À Césarée, le prophète Agabus lia ses mains avec la ceinture de Paul : « Ainsi sera lié l’homme à qui elle appartient. » Les frères supplièrent encore. Mais Paul répondit avec calme et grandeur : « Je suis prêt, non seulement à être lié, mais encore à mourir à Jérusalem pour le nom du Seigneur Jésus. » Et comme il ne se laissait point persuader, ils se turent, disant : « Que la volonté du Seigneur soit faite. »


Ainsi se poursuit le pèlerinage de l’apôtre, qui, dans l’abandon le plus complet à la volonté divine, marche vers la croix qu’il pressent. Ce n’est point par la victoire terrestre, mais par la fidélité au témoignage que le Royaume avance. Les chaînes, les larmes, les divisions, les miracles : tout, dans ces pages inspirées, proclame que Dieu règne, et que Sa vérité, quoique persécutée, ne peut être liée.

Partie V : Arrestation de Paul et témoignage à Rome

Après tant de travaux dans les contrées des nations, l’apôtre Paul, mû par un zèle brûlant et une obéissance sans réserve, se rendit à Jérusalem, sachant que des chaînes et des tribulations l’y attendaient. Mais son cœur, entièrement livré au Christ, ne craignait ni la prison ni la mort. Il portait en lui ce feu intérieur qui anime les vrais réformateurs : « Je suis prêt, disait-il, non seulement à être lié, mais encore à mourir pour le nom du Seigneur Jésus. »

À Jérusalem, il fut reçu par les frères avec joie. Il exposa devant Jacques et les anciens ce que Dieu avait accompli parmi les païens par son ministère. Tous glorifièrent Dieu. Toutefois, l’hostilité des Juifs légalistes demeurait vivace. Pour apaiser les suspicions, Paul accepta de se purifier selon les usages et d’accompagner des hommes accomplissant un vœu. Mais cette concession ne désarma point la haine religieuse.

Dans le temple, certains Juifs d’Asie, l’ayant vu, soulevèrent le peuple, l’accusant d’avoir profané le lieu saint. La foule se précipita sur lui, et déjà ils le frappaient pour le tuer lorsque le tribun romain intervint. Paul fut saisi, enchaîné, mais même là, dans la confusion, il demanda à parler. Du haut des marches, il adressa au peuple une défense solennelle, en langue hébraïque, retraçant son passé pharisien, sa rencontre avec le Christ ressuscité, et son envoi vers les païens. Mais ce mot — « païens » — souleva de nouveau la fureur. Ils crièrent : « Ôte de la terre un tel homme ! »

Le tribun, ne comprenant pas les causes religieuses de cette agitation, voulut le faire flageller pour l’interroger. Mais Paul déclara qu’il était citoyen romain, et ainsi échappa à la torture. Le lendemain, il fut conduit devant le sanhédrin. Là encore, la division éclata entre Pharisiens et Sadducéens. La Providence se servait même des dissensions humaines pour préserver Son serviteur.

Dans la nuit suivante, alors que le cœur humain aurait pu faiblir, le Seigneur Lui-même se tint près de Paul et dit : « Prends courage ! De même que tu as rendu témoignage de moi à Jérusalem, il faut aussi que tu rendes témoignage à Rome. » Ainsi, dans la prison, brilla l’espérance : les chaînes ne pouvaient l’empêcher de poursuivre sa mission apostolique.

Un complot de plus de quarante hommes jura de ne ni manger ni boire avant d’avoir tué Paul. Mais Dieu, qui veille sur les siens, permit que le neveu de Paul apprît ce dessein. Le tribun, informé, fit conduire Paul, escorté de deux cents soldats, jusqu’à Césarée, auprès du gouverneur Félix. Là, l’apôtre dut encore se défendre, accusé de sectarisme et de profanation, mais Paul parla avec droiture : « Je crois tout ce qui est écrit dans la Loi et les Prophètes, et j’ai en Dieu l’espérance… »

Félix, homme politique et superstitieux, fut ébranlé. Mais, espérant un pot-de-vin, il laissa Paul en prison pendant deux ans. À l’arrivée de Festus, nouveau gouverneur, les Juifs renouvelèrent leurs accusations, demandant qu’il soit transféré à Jérusalem, pour le faire périr en chemin. Paul, discernant ce piège, fit appel à César. Festus, ne pouvant le refuser, confirma cette décision.

Peu après, le roi Agrippa et sa sœur Bérénice vinrent saluer Festus. Ce dernier, perplexe devant le cas de Paul, leur demanda d’entendre sa défense. Paul, debout devant le roi, parla non pour plaire, mais pour convaincre. Il retraça une fois de plus son chemin vers Damas, sa vision du Christ glorifié, sa mission auprès des nations, son appel à la repentance. Il parla avec tant de puissance que Festus, troublé, s’écria : « Tu es fou, Paul ! » — « Je ne suis pas fou, très excellent Festus, mais je prononce des paroles de vérité et de bon sens. »

Agrippa dit alors : « Tu vas bientôt me persuader de devenir chrétien ! » Paul répondit : « Que ce soit bientôt ou tard, je voudrais que non seulement toi, mais aussi tous ceux qui m’écoutent, devinssent comme moi — à l’exception de ces liens. » Ainsi, même enchaîné, Paul parlait avec une liberté royale. Agrippa reconnut qu’il n’avait rien fait qui mérite la mort ou la prison.

Sur cette parole, Paul fut remis aux soins de centurions et embarqué, avec d’autres prisonniers, pour l’Italie. Le voyage débuta sous des auspices favorables. Mais l’hiver approchait. Arrivés à Myre en Lycie, puis à Cnide, ils longèrent la Crète avec difficulté. Déjà, les vents devenaient contraires. Paul, inspiré, avertit : « Le voyage se fera avec péril et grand dommage, non seulement pour la cargaison, mais aussi pour nos vies. » Mais le centurion écouta davantage le pilote que l’homme de Dieu. On chercha à atteindre Phénix pour y passer l’hiver.


Ainsi commence l’ultime et périlleux voyage, non point simplement celui d’un prisonnier, mais celui d’un apôtre que la main de Dieu conduit vers Rome. Loin de signifier un échec, cette traversée dans la tempête annoncera le triomphe du témoignage de l’Évangile jusqu’aux sommets de l’empire. Dans les chaînes de Paul, la liberté du Christ se manifeste. L’histoire ne suit point le cap des volontés humaines, mais celui que trace la divine Providence.

Partie VI : Le voyage vers Rome et l’annonce de l’Évangile au cœur de l’Empire

Lorsque le vent du midi souffla doucement, les hommes du navire, croyant saisir une heureuse occasion, levèrent l’ancre, insensibles à l’avertissement du serviteur de Dieu. Mais bientôt, une tempête redoutable — l’Euraquilon — s’abattit sur eux, et le navire, emporté, ne pouvait résister aux éléments déchaînés. Ainsi l’homme suit sa propre sagesse, jusqu’à ce que Dieu brise sa confiance en lui-même pour le livrer à Sa miséricorde seule.

Des jours durant, ni soleil ni étoile n’apparurent. La mer hurlait. La faim rongeait les corps. L’espérance de salut semblait perdue. Mais c’est alors, dans la nuit, que Paul, le prisonnier devenu pasteur du navire, se leva et parla avec l’autorité de celui qui a vu le Christ. Il annonça que nul ne périrait, mais que le navire serait perdu. « Un ange de Dieu, à qui j’appartiens et que je sers, m’est apparu cette nuit, disant : Paul, il faut que tu comparaisses devant César… »

Ce fut alors que l’autorité spirituelle de l’apôtre, fondée non sur une position terrestre, mais sur la foi, s’imposa au cœur même de la tempête. Il encouragea, exhorta, pria, rompit le pain et donna grâce, au sein du naufrage annoncé. Le navire, après quatorze jours de dérive, aborda enfin une île : Malte.

Là, dans un climat rude mais hospitalier, Dieu manifesta encore sa puissance par les mains de Son serviteur. Une vipère, sortie du feu, s’attacha à la main de Paul. Les insulaires, superstitieux, crurent voir en lui un criminel. Mais Paul, secouant la bête dans le feu, ne souffrit aucun mal. Alors, changeant d’avis, ils le dirent dieu. Le père de Publius, gouverneur de l’île, était malade. Paul pria, lui imposa les mains, et il fut guéri. Beaucoup d’autres malades vinrent, et tous furent guéris. Ainsi, le navire brisé devint un autel, et la captivité fut un canal de bénédictions.

Après trois mois, Paul s’embarqua de nouveau, et arriva enfin à Rome, port suprême de l’histoire humaine et spirituelle. Là, il fut remis en semi-liberté, surveillé par un soldat, mais libre de proclamer la Parole. Comme toujours, il appela d’abord les Juifs. Certains crurent, d’autres résistèrent. Alors, citant Ésaïe, Paul déclara : « Ce salut de Dieu a été envoyé aux païens ; eux, ils écouteront. »

Et l’histoire s’achève non par une mort, mais par une proclamation : « Paul demeura deux ans entiers dans la maison qu’il avait louée ; il recevait tous ceux qui venaient à lui, prêchant le Royaume de Dieu et enseignant ce qui concerne le Seigneur Jésus-Christ, avec toute liberté et sans empêchement. »


Ainsi se termine le livre des Actes, non par une conclusion humaine, mais par une ouverture divine. L’Évangile, parti d’un cénacle à Jérusalem, est maintenant proclamé au cœur même de Rome, centre de l’empire et de la puissance terrestre. Paul, enchaîné, parle librement : car les chaînes des hommes ne sauraient lier la Parole de Dieu.

Ce récit n’est point l’histoire close d’un homme, mais celle, inachevée, de l’Église, portée par l’Esprit jusqu’aux extrémités de la terre. L’œuvre de Dieu, commencée dans l’humilité et le sang, se poursuit dans la foi, la persécution et la gloire. Comme l’aurait écrit Merle d’Aubigné : ce n’est point Rome qui triomphe, mais le Crucifié ressuscité.