
1517 – Les thèses de Luther
Nous commençons notre parcours dans l’actuelle Allemagne, qui au 16ème siècle constituait le Saint-Empire romain germanique. Dans la suite, on parlera simplement de Saint-Empire ou d’empire germanique.
Ci-dessus on reconnait la fameuse scène de l’affichage des 95 thèses de Martin Luther en 1517 ; et nous allons considérer les circonstances qui ont mené à cette scène.
Une campagne de vente d’indulgences avait démarré en 1516, menée par le moine Johann Tetzel pour lever des fonds notamment dans le but de financer la basilique Saint-Pierre à Rome ; et cette campagne se déroulait notamment en Saxe. Elle attirait de nombreux fidèles, y compris des habitants de Wittenberg, où vivait Martin Luther.
Luther était alors prêtre et confesseur. Et ce rôle lui permit de constater l’influence néfaste des indulgences sur la piété et la vie spirituelle des chrétiens. Beaucoup de pénitents se présentaient au confessionnal avec une indulgence, croyant que cela leur suffisait pour être pardonnés.
Luther comprit donc que les indulgences n’étaient pas seulement un problème théologique, mais aussi une menace pastorale pour le salut des âmes. Ce fut l’occasion première de la Réforme. Un pasteur qui voit les brebis de son troupeau dans un chemin de perdition, et qui cherche à les en tirer.
Luther monta donc en chaire pour avertir ses paroissiens contre le danger des indulgences et insister sur la nécessité d’une véritable repentance. Plus tard, Luther fit un sermon plus direct et incisif dirigé contre le commerce des indulgences.
Mais après avoir exhorté les âmes dans le confessionnal et averti l’assemblée des fidèles du haut de la chaire, Luther sentit qu’il devait aller plus loin. Il lui fallait parler comme théologien.
La fête de la Toussaint était un jour très important à Wittenberg, et surtout pour l’église qui était remplie de reliques. Quiconque visitait ce jour-là cette église et s’y confessait obtenait une riche indulgence. Aussi, dans ce grand jour, les pèlerins arrivaient-ils en foule à Wittenberg.
La veille de la fête, le 31 octobre 1517, Luther, s’acheminant vers l’église où se portait la foule superstitieuse des pèlerins, afficha à la porte de ce temple une série de 95 thèses.
Il s’agit d’une série de propositions théologiques et pastorales, destinées à ouvrir un débat académique. Elles suivent une progression logique : elles réaffirment la vraie repentance ; dénoncent les abus des indulgences ; réfutent les arguments des prédicateurs ; critiquent le pape et l’Église, et enfin appellent à un retour à l’Évangile.
Ces thèses n’étaient pas un manifeste révolutionnaire. Il s’agissait d’une pratique tout à fait courante à l’époque, dans les universités médiévales ; c’était un appel au débat théologique.
Grâce à l’imprimerie, les thèses de Luther se sont rapidement diffusées et furent le point de départ de la Réforme.
1517 – Martin Luther, bien plus qu’un moine
On ne peut réduire Martin Luther à l’image simpliste d’un moine en révolte.
Ses études à l’Université, où il obtint une maîtrise en arts libéraux, témoignent de son intelligence et de sa discipline. Luther s’est plongé dans les grandes œuvres de la philosophie, de la logique et de la rhétorique, des disciplines qui formaient les esprits les plus aiguisés de son temps.
Conformément au souhait de son père, Luther se destinait à une carrière de juriste. Cependant sa décision d’entrer au monastère marqua un tournant décisif. Mais son entrée dans la vie monastique ne fut pas un retrait du monde intellectuel, ce fut au contraire une plongée plus profonde dans l’étude des Écritures, des Pères de l’Église et des grands théologiens médiévaux. Luther était un étudiant infatigable, en quête de la vérité divine.
Il fut ordonné prêtre ; et Luther prit très au sérieux les responsabilités pastorales qui lui étaient confiées. Il prêchait régulièrement, administrait les sacrements et veillait avec diligence sur le troupeau qui lui était confié.
Ses méditations sur le péché, la grâce et la justification trouvent leur origine dans cette expérience pastorale : il voyait les âmes tourmentées, qui cherchaient désespérément la paix avec Dieu, et il souffrait lui-même de ne pas trouver cette paix dans les enseignements de l’Église de son temps.
Car Luther, comme ses contemporains, n’avait pas une image très heureuse de Dieu et de l’Évangile. On craignait la mort, non parce qu’elle signifie le néant ou l’inconnu mais parce qu’elle représentait quelque chose de trop connu, mais de négatif. Dieu était un objet d’épouvante et de colère.
En parallèle de son ministère pastoral, Luther fut appelé par le prince Frédéric de Saxe à enseigner à l’Université de Wittenberg. Cette double vocation de pasteur et de professeur montre l’étendue de ses capacités. Il reçut son doctorat en théologie et occupa une chaire d’enseignement où il se consacra à l’explication des Écritures. Son commentaire de l’épître aux Romains est particulièrement remarquable. C’est dans cette lettre de Paul que Luther trouva la clé de l’Évangile. La justice de Dieu, qui le terrifiait autrefois, lui apparut désormais comme un don gracieux reçu par la foi. Cette « illumination » transforma non seulement son âme, mais aussi sa théologie. Luther posa ainsi les bases de la Réforme à venir.

1518 – Luther doit se taire
Après avoir publié ses 95 thèses, Luther écrivit à son archevêque pour l’interpeller. Luther espérait sincèrement qu’il examinerait la question des indulgences et interviendrait pour mettre un terme aux excès de leur pratique.
Cependant, les attentes de Luther furent rapidement déçues. L’archevêque, qui bénéficiait financièrement de la vente des indulgences ne se montra pas réceptif à l’appel de Luther.
Rome perçut les thèses de Luther comme une attaque contre son autorité et ses pratiques établies ; et Luther fut rapidement accusé d’hérésie.
En 1518, Luther est convoqué à Rome ; mais le prince Frédéric de Saxe obtint que l’interrogatoire ait lieu à Augsbourg, sous l’autorité du cardinal et théologien Thomas Cajetan.
Le prélat exigea de Luther qu’il se rétracte sans discussion, ce que Luther refusa par fidélité à la Parole de Dieu. Luther comprit que Rome ne voulait pas discuter sur le fond, mais simplement imposer son autorité.
Plus tard, Jean Eck, célèbre théologien et fervent défenseur de la papauté, propose à Luther un débat officiel ; débat au cours duquel Luther fut amené à affirmer ouvertement la supériorité de l’Écriture sur le pape et les conciles.

1520 – Les écrits de Luther et leur influence
En 1520, Luther, désormais pleinement conscient de sa mission, produisit plusieurs traités majeurs, comme l’Appel à la Noblesse Chrétienne de la Nation Allemande et la Captivité Babylonienne de l’Église. Ces œuvres, empreintes d’une puissance prophétique, firent éclater la lumière de l’Évangile sur toute l’Europe.
En plus de sa critique des indulgences, Luther y dénonce plusieurs autres pratiques, jugées abusives, comme la messe en tant que sacrifice ; la transsubstantiation de l’Eucharistie (c’est-à-dire la transformation des éléments de la Sainte Cène) ; le célibat des prêtres ; le culte des saints.
Sa maîtrise des langues anciennes permit à Luther de revenir aux sources mêmes des Écritures ; il put ainsi s’opposer aux abus de l’Église avec une autorité fondée sur la Parole de Dieu. Dès 1520, les écrits de Martin Luther circulaient déjà dans une grande partie de l’Europe.

1520 – Luther, excommunié par le pape
L’histoire continue avec la fameuse scène où Luther brûle la bulle du pape.
En effet, le pape finit par publier une bulle (une communication officielle) qui condamne les enseignements de Luther. La bulle menaçait de l’excommunier s’il refusait de se rétracter. Pour Luther, cette bulle ne représentait pas seulement une attaque personnelle. Elle incarnait ce qu’il considérait comme une opposition frontale à l’Évangile.
En réponse, Luther organisa une cérémonie publique à Wittenberg. Mais avant de poser le geste qui allait résonner dans toute l’Europe, il prit soin d’en exposer la signification. Luther expliqua que son acte n’était pas une rébellion irréfléchie contre l’Église, mais une protestation nécessaire contre une autorité qui avait trahi sa mission spirituelle.
Luther jeta dans les flammes la bulle du pape. Par cet acte, il signifiait sa rupture avec un système religieux qu’il considérait comme captif des traditions humaines. Peu après, le pape prononça son excommunication définitive.

1521 – Luther mis au ban de l’Empire
Luther finit par être convoqué par l’empereur Charles Quint pour comparaître devant le tribunal impérial.
Refuser de se soumettre signifierait l’ostracisme politique, et potentiellement, la mort. Cependant lorsque Luther arriva, une foule immense l’accueillit, témoignage de sa grande popularité.
Lors de la première audience, les écrits de Luther furent disposés devant lui, et on lui demanda s’il était prêt à renier ce qu’il avait enseigné dans ses livres. Luther, surpris par la concision de la demande et conscient de la gravité de la situation, demanda un délai pour réfléchir. Cette requête, loin d’être un signe de faiblesse, montrait sa volonté de répondre avec sérieux et avec une pleine conscience des conséquences.
On lui accorda 24 heures. Durant la nuit, Luther se prépara spirituellement et intellectuellement. Il pria intensément, cherchant la direction de Dieu, et il affermit sa résolution de défendre la vérité de l’Évangile, quelles qu’en soient les conséquences.
Le lendemain, Luther comparut à nouveau devant Charles Quint et les dignitaires impériaux. Cette fois, il était prêt. Son discours, prononcé en latin puis en allemand, témoigne d’une profondeur théologique. Il ne se contenta pas d’un refus simple, mais expliqua longuement pourquoi il ne pouvait se rétracter ; et il conclut en disant :
« À moins que l’on me convainque par les témoignages de l’Écriture ou par des raisons évidentes – car je ne crois ni au pape ni aux conciles seuls, puisqu’il est clair qu’ils se sont souvent trompés et contredits –, je suis lié par les Écritures que j’ai citées, et ma conscience est captive de la Parole de Dieu. »
Et c’est à ce moment qu’il prononça ces paroles devenues célèbres : « Je ne puis ni ne veux me rétracter, car il n’est ni sûr ni honnête d’agir contre sa conscience. Que Dieu me garde. Amen. ». En réponse à la fermeté de Luther, Charles Quint, fervent défenseur de l’Eglise romaine, le déclara hors-la-loi. Mais le prince Frédéric de Saxe, protecteur de Luther, anticipant les dangers, organisa son enlèvement pour le mettre en sécurité dans un château.

1529 – Le grand catéchisme de Luther
Mais l’histoire ne s’arrête pas là.
Bénéficiant de la protection du prince de Saxe, Luther s’investit activement dans l’organisation des Églises luthériennes naissantes et dans l’enseignement. Il comprenait que la solidité de la Réforme reposait sur une compréhension claire des doctrines chrétiennes et sur une foi bien enracinée dans l’Écriture. C’est dans ce but qu’en 1529, Luther rédigea ses deux catéchismes : le Petit Catéchisme, destiné aux familles et aux enfants, et le Grand Catéchisme, conçu pour les pasteurs et les enseignants.
Il s’agit d’un exposé doctrinal pédagogique, organisé autour de cinq éléments essentiels de la foi chrétienne :
Les Dix Commandements ;
Le Symbole des Apôtres ;
Le Notre Père ;
Le Baptême ;
La Sainte Cène ;
Ce catéchisme devint rapidement une référence incontournable dans les paroisses ; et il influença aussi d’autres catéchismes issus de la Réforme. Car nous allons voir que Luther ne fut pas le seul réformateur ; la Réforme ne fut pas l’œuvre que d’un seul homme.

1529 – Les protestants
En 1526, l’empereur Charles Quint, étant confronté à plusieurs défis politiques, notamment son conflit avec la France et la menace des Turcs ottomans, est contraint de ménager les princes germaniques, dont plusieurs sont déjà acquis à la Réforme.
En effet, l’empereur n’était pas un monarque absolu ; le Saint-Empire était une mosaïque d’États gouvernés par des princes qui jouissaient d’une certaine autonomie sur leur territoire. Nous avons, par exemple, plusieurs fois mentionné le prince de Saxe où vivait Luther.
L’empereur devait donc composer avec le bon vouloir de ces princes.
En 1526, il fut décidé que chaque prince du Saint-Empire pourrait appliquer la politique religieuse de son choix sur son territoire. Les princes luthériens purent ainsi continuer à établir la Réforme dans leurs territoires.
Mais après avoir rétabli une certaine stabilité politique en Europe, Charles Quint chercha à reprendre le contrôle de la situation religieuse. En 1529, une assemblée générale de l’Empire, appelée diète impériale, est convoquée. Et lors de cette diète, la tolérance religieuse accordée plus tôt est révoquée.
Mais les princes et les villes favorables à la Réforme réagirent vigoureusement à cette décision. Ils rédigèrent un document, connu sous le nom de protestation de Spire (du nom de la ville où la diète s’était réunie), dans lequel ils exprimaient leur opposition à la révocation de la liberté religieuse.
La protestation de Spire donna naissance au terme protestant, utilisé pour désigner initialement les princes et les villes qui s’opposaient à la décision de la Diète. Par extension, ce terme fut appliqué à tous les partisans de la Réforme. Le terme protestant ne se limitait pas à une simple opposition ; il exprimait également une affirmation de foi. On ne protestait pas seulement contre les abus de l’Église romaine, mais surtout pour la primauté de l’Écriture et une Église purifiée des traditions non bibliques.

1530 – La confession d’Augsbourg
Charles Quint convoqua à nouveau une Diète impériale en 1530. Au-delà de l’objectif officiel, qui était de renforcer la coopération contre la menace des Ottomans, Charles Quint souhaitait réaffirmer son autorité impériale et maintenir la primauté de l’Église romaine.
Mais les protestants virent dans cette réunion une occasion de défendre leur foi et de démontrer que leurs doctrines étaient fondées sur l’Écriture et non sur des hérésies. On chargea Philippe Melanchthon, théologien de Wittenberg et proche collaborateur de Luther, de rédiger une confession de foi pour exprimer clairement les doctrines protestantes.
Luther, absent pour des raisons de sécurité, suivait les événements à distance et apportait son soutien moral.
La confession fut rédigée en latin et en allemand. Elle est connue sous le nom de Confession d’Augsbourg (du nom de la ville où la diète s’était réunie).
La Confession réaffirme les fondements de la foi chrétienne et rejette les abus qui avaient défiguré l’Église. Elle était un appel solennel, non à la division, mais à un retour au Christ, source de vie et de vérité.
Ce document fut solennellement lu devant l’Empereur.
Pendant ce temps, Luther portait ses compagnons dans la prière. Isolé, mais non inactif, il composa le chant, devenu célèbre : « C’est un rempart que notre Dieu ».
Mais l’Empereur, fidèle à sa vision d’une Église indivisible sous l’autorité de Rome, rejeta la Confession et demanda aux princes de renoncer à leur foi. Mais les princes protestants demeurèrent fermes.
La Diète n’aboutit donc pas à l’unité espérée. Elle scella au contraire la division entre catholiques et protestants.
(précision : le mot catholique est ici à prendre, non pas dans son sens originel, mais dans le sens de partisan du pape et de l’Église de Rome)
Les princes luthériens, conscients du danger, formèrent une alliance militaire pour défendre leurs territoires et leur foi.
L’extension de la Réforme luthérienne
Cependant les nombreux signataires de la Confession d’Augsbourg témoignent de l’ampleur géographique de la Réforme dans le Saint-Empire.
Comme l’Empire romain avait été le cadre providentiel pour la diffusion du christianisme au 1ᵉʳ siècle, son héritier occidental, le Saint-Empire, est devenu le premier théâtre de la Réforme.
Grâce à la continuité de l’Église institutionnelle, l’héritage chrétien a été maintenu dans le Saint-Empire. Ainsi la Réforme n’a pas inventé un nouveau christianisme ; mais s’est inscrite dans la continuité de la foi chrétienne.
Cependant, la Réforme ne se limita pas aux frontières du Saint-Empire ; elle atteignit rapidement les royaumes scandinaves, Danemark, Norvège, Suède, Finlande, où les monarques jouèrent un rôle décisif.
Arrêtons-nous un instant sur le sens théologique de la confession d’Augsbourg.
Une progression théologique
La Confession d’Augsbourg est l’un des textes fondamentaux de la Réforme. Elle a posé les bases doctrinales de la Réforme luthérienne, mais ces principes fondamentaux furent partagés par d’autres traditions issues de la Réforme, confirmant une certaine unité théologique entre les diverses branches de la Réforme.
La théologie des Réformateurs, loin d’être une rupture avec la tradition chrétienne, s’inscrit dans une continuité historique, tout en répondant aux besoins de leur temps.
Concernant la doctrine de Dieu, en particulier la Trinité, les Réformateurs se sont appuyés sur les Conciles de Nicée (325) et de Constantinople (381) ; et qui établissent la compréhension chrétienne orthodoxe de Dieu comme un en essence et trois en personnes : le Père, le Fils et le Saint-Esprit.
De la même manière, les Réformateurs ont hérité de la christologie développée par les Pères, notamment au Concile de Chalcédoine (451), qui a affirmé que Jésus-Christ est pleinement Dieu et pleinement homme, deux natures unies dans une seule personne.
Les Pères de l’Église avaient aussi bien affirmé la valeur normative des Écritures ; cependant les Réformateurs ont systématisé l’idée que l’Écriture seule est la règle ultime de foi et de pratique. Ils ont insisté sur le fait que tout développement théologique doit être conforme à l’enseignement biblique, recentrant ainsi toute la théologie chrétienne sur les Écritures. En cela, ils ont rappelé avec force ce qui était parfois négligé dans la théologie médiévale, où la tradition ecclésiastique avait pris un poids excessif.
En s’appuyant ainsi sur les fondements bibliques, apostoliques et patristiques, les Réformateurs ont approfondi et systématisé la théologie chrétienne dans les domaines qui étaient moins bien développés, à savoir le salut et l’Église.
Sur la question du salut, ils ont développé une théologie centrée sur la grâce divine, et synthétisée dans les cinq solas de la Réforme :
Sola Scriptura affirme l’autorité suprême des Saintes Écritures comme la Parole divine, par laquelle nous discernons la voie du salut.
Sola Fide et Sola Gratia proclament que le salut est un don de Dieu, reçu non par nos mérites, mais par la foi seule (Sola Fide) et par la grâce seule (Sola Gratia).
Solus Christus, proclame que le Christ est le seul pont entre Dieu et l’homme.
Enfin, Soli Deo Gloria déclare que toute gloire revient à Dieu seul.
Après avoir clarifié la doctrine du salut, les Réformateurs se sont penchés sur la nature de l’Église.
Les Pères de l’Église avaient bien posé les bases de l’ecclésiologie, en affirmant que l’Église est une, sainte, universelle et apostolique. Mais les Réformateurs ont insisté sur :
La centralité de la prédication de la Parole ; une compréhension renouvelée des sacrements ; sur la distinction entre l’Église visible et l’Église invisible ; et sur la souveraineté de Christ sur son Église.
Ainsi le travail des réformateurs montre comment la théologie chrétienne, portée par l’Esprit, se développe de manière organique en approfondissant les vérités déjà révélées.
Après cette pause théologique, nous pouvons reprendre notre parcours historique qui nous conduit en Suisse.
