La Parole m’a saisi : confession d’une soumission paisible et totale à l’Écriture

Il est des heures où la vérité ne s’argumente pas ; elle s’impose. Non par violence, non par contrainte, mais par une lumière si pure, si limpide, si éclatante, qu’aucune autre ne peut subsister devant elle. Ainsi en fut-il pour moi avec la Bible. Je ne l’ai pas choisie ; elle m’a saisi. Je ne l’ai pas analysée pour en vérifier les limites ; je me suis trouvé pénétré par sa voix. Ce livre ancien, souvent malmené, parfois méprisé, s’est imposé à moi non comme une option spirituelle parmi d’autres, mais comme la révélation du Dieu vivant, adressée à l’homme et portée par l’Esprit jusqu’à moi.

Et ce qui m’a frappé d’emblée, ce ne fut pas tant ce que cette Parole pouvait m’apporter — bien qu’elle m’ait donné la paix, la consolation, la lumière, le pardon —, mais ce qu’elle révélait de Dieu. Il n’était plus un objet d’opinion religieuse, ni une hypothèse pour esprits pieux : Il était. Il est. Il parle. Il règne. La Bible ne m’a pas invité à un parcours intérieur ; elle m’a arraché à moi-même pour me faire voir le Seigneur de l’univers.

Dès lors, il ne m’était plus possible de faire comme si d’autres sources pouvaient rivaliser avec elle. Je n’ai pas adhéré à la Bible comme on adhère à une école de pensée : j’ai reconnu sa voix. Et cette voix ne ment pas. Ce qu’elle proclame sur l’homme, sur le péché, sur le salut, sur le temps, sur la création, sur les cieux et la terre, sur la fin des choses et le commencement des mondes — tout cela est vérité. Non pas vérité symbolique, ni inspirante seulement, mais vérité réelle, vérité cosmique, vérité divine.

Ainsi, ma fidélité à la Parole de Dieu ne s’arrête pas à mon salut personnel. Car cette Parole ne m’appartient pas : elle m’enveloppe. Elle ne parle pas seulement à l’âme ; elle parle à la terre, aux étoiles, aux puissances, aux nations. Elle dit ce que fut le commencement et ce que sera la fin. Elle déclare ce qu’est le monde, ce que vaut l’homme, ce que Dieu a fait et ce qu’Il fera. Elle fonde le réel.

Et dès lors, je ne puis — en conscience, en cohérence, en fidélité — accorder créance aux théories qui contredisent ce témoignage. Ni les récits d’un univers surgissant de rien, ni les modèles d’un monde évoluant sans dessein, ni les cosmologies qui relèguent Dieu à la périphérie, ne peuvent être tenus pour neutres. Ce sont des visions du monde. Et je les rejette, non par esprit polémique, mais par soumission tranquille à Celui qui a parlé.

Je ne suis pas contre la science. Mais je sais qu’il est deux types de savoir : celui qui s’incline devant Dieu et celui qui s’en affranchit. Et je choisis le premier. Car la vraie connaissance commence par la crainte de l’Éternel.

La Bible est, pour moi, source ultime de vérité, non parce qu’elle me flatte, mais parce qu’elle me juge, me façonne, me révèle Celui devant qui je me tiens. Elle n’est pas la réponse à mes besoins ; elle est la réponse de Dieu à un monde qui se ment à lui-même.

Et c’est pourquoi je l’embrasse, tout entière, dans ce qu’elle dit de mon âme et dans ce qu’elle dit du cosmos. Elle est, dans la nuit de ce monde, la lumière qui ne s’éteint pas.